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Municipales 2026 : le mercredi noir d’Édouard Philippe, mis en difficulté du Havre à Paris

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Politique 26/02/2026 13:25 Actualisé le 26/02/2026 15:16

L’ancien chef du gouvernement est donné perdant face au communiste Jean-Paul Lecoq dans le premier sondage rendu public au Havre.

Du Havre à Paris, le mercredi noir d’Édouard Philippe.

LOU BENOIST / AFP

Du Havre à Paris, le mercredi noir d’Édouard Philippe.

EN BREF Édouard Philippe a traversé un mercredi noir à 20 jours des municipales.
À Paris, il a dû recadrer son candidat Pierre-Yves Bournazel en disant qu’il fera « tout » pour une alternance avec un rassemblement droite-centre à l’entre-deux-tours.
Au Havre, un sondage OpinionWay le donne perdant au second tour face au communiste Jean-Paul Lecoq.

Le bourbier commence à avoir un goût d’eau salée. Double candidat, aux municipales 2026 et à la présidentielle 2027, Édouard Philippe traverse une période particulièrement complexe à 20 jours du premier tour de ce marathon électoral. Ce mercredi 25 février en est une bonne illustration avec deux coups rudes, l’un venu de Paris, l’autre du Havre.

Dans la capitale, l’ancien Premier ministre a été contraint de sortir du silence médiatique auquel il s’astreint pour recadrer son candidat Pierre-Yves Bournazel et sa tentative d’embardée solitaire le matin même sur France Inter. À 7 h 50, celui-ci assurait fermement qu’il ne ferait pas d’alliance au second tour avec Rachida Dati, en égratignant ses « valeurs », sa « brutalisation » ou son projet de « régressions ».

Un discours très offensif propre à rendre toujours plus difficile le rabibochage avec la candidate LR, pourtant dans l’air quelques heures plus tôt. En réaction à la sortie de son candidat, Édouard Philippe indiquait donc à l’AFP à 13 heures qu’il fera « tout » pour assurer l’alternance à Paris, « avec un grand rassemblement de la droite et du centre » dans l’entre-deux-tours.

Donné perdant dans un sondage

Après cet orage parisien, la houle a rapidement gagné Le Havre en fin d’après-midi. Elle a pris la forme d’un sondage réalisé par OpinionWay, le premier rendu public dans la ville d’Édouard Philippe pour ces municipales. Résultat de cette étude très attendue : le maire sortant, réélu facilement en 2020 alors qu’il était le chef du gouvernement, est donné en tête au premier tour, mais perdant au second.

La gauche (hors-LFI) rassemblée derrière le communiste Jean-Paul Lecoq emporterait la mise (42 % contre 40 %) dans une triangulaire marquée par la présence de l’extrême droite (18 %). Bien que commandée par l’observatoire Hexagone, structure financée par le milliardaire conservateur Pierre-Édouard Stérin, cette première photographie à l’instant T a de quoi sonner l’état d’alerte maximale du côté de l’ancien locataire de Matignon.

Pour cause, une défaite dans son fief pourrait signer aussi la fin de ses ambitions présidentielles. « Si j’échoue à convaincre les Havrais alors que je suis maire depuis 2010, qu’ils me connaissent depuis longtemps (...) je ne serai pas dans une bonne position pour espérer convaincre les Français », avait-il lui-même expliqué en décembre sur LCI. Un pari pour asseoir sa légitimité et mettre en orbite sa candidature élyséenne, qui se transforme en défi périlleux.

« Il a le mauvais "en même temps" chevillé au corps »

D’autant plus que ces péripéties de campagne semblent traduire une fébrilité plus large. Édouard Philippe, dont le positionnement varie vis-à-vis d’Emmanuel Macron ou des contours qu’il entend donner à son rassemblement pour 2027, a déjà vu sa popularité décrocher lentement dans les sondages. Alors qu’il caracolait en tête dans les palmarès d’opinion pendant des années, et écrasait le match dans le bloc central pour la présidentielle, il est désormais concurrencé par Gabriel Attal.

Au niveau local, plusieurs de ses proches et figures identifiées de son parti Horizons suivent la même tendance, Pierre-Yves Bournazel à Paris ou Christian Estrosi à Nice. Certes, l’étiquette macroniste coûte cher un peu partout à travers le territoire. Mais elle n’est pas l’unique responsable, pointent les contempteurs de l’ancien Premier ministre.

« Il a le mauvais “en même temps” chevillé au corps, estime, grinçant, un interlocuteur du président de la République. Il comprend un peu tardivement qu’on ne peut pas appeler à la démission de Macron et en même temps passer pour un candidat sérieux. Tout comme il ne peut pas vouloir être le candidat de la droite et du centre en 2027 et en même temps faire gagner la gauche à Paris en 2026. » Il reste maintenant deux semaines, tout au plus, à Édouard Philippe pour sortir de cette mauvaise passe et éviter un échec lourd de conséquences au Havre.

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