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  • Emmanuel Grégoire l’emporte haut la main : le Paris raté de Rachida Dati

La gauche conserve la capitale avec la nette victoire du socialiste Emmanuel Grégoire, qui devance largement Rachida Dati malgré le retrait de la candidate Reconquête ! Sarah Knafo, tandis que LFI n’améliore pas son score du premier tour.

Nathalie Chifflet - Hier à 23:08 | mis à jour hier à 23:09 - Temps de lecture :

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Les sondages prédisaient un duel serré, mais les électeurs parisiens ont tranché avec un vote clair, sans appel, donnant au successeur d’Anne Hidalgo une légitimité forte. « Les Parisiens ont clairement dit non aux affaires, à l’invective, à la brutalité, aux mensonges et aux menaces, s’est félicitée la maire sortante. Le 29 mars je remettrai avec sérénité et fierté à Emmanuel Grégoire les clés de la ville ». La gauche hors LFI dirige Paris depuis 25 ans.

Son ancien adjoint Emmanuel Grégoire, qui était arrivé assez largement en tête au premier tour, gagne haut la main. Avec une majorité très nette, un score supérieur à 50 %. Sa conquête de Paris est d’autant politiquement remarquable qu’elle s’est faite sans les voix de la France insoumise à qui il a refusé de s’allier. Sophia Chikirou a fait du surplace, donnant au parti mélenchoniste peu ou prou le même score qu’au premier tour.

« Paris n’est pas et ne sera jamais une ville d’extrême droite »

Dans le nord de Paris, à la Rotonde de la place Stalingrad, sous les acclamations des militants et de ses colistiers hurlant leur joie, et peut-être aussi leur soulagement, le gagnant socialiste a décrit sa victoire comme celle « d’une certaine idée de Paris : ce soir les Parisiennes et les Parisiens ont dit Paris n’est pas et ne sera jamais une ville d’extrême droite ». Un dernier tacle à son adversaire Rachida Dati, battue de plus de 10 points, qui avait bénéficié pour le second tour non seulement du ralliement de Pierre-Yves Bournazel (Horizons-Renaissance), mais aussi du retrait de Sarah Knafo (Reconquête !), qui s’est désistée en appelant à « chasser la gauche ». Le Rassemblement national de son côté avait apporté son soutien à la candidate LR.

Pour Rachida Dati, le score sans appel d’Emmanuel Grégoire est une gifle. À 20 h, c’est enfermée dans son bureau de la mairie du 7e arrondissement, rue de Grenelle, dans son fief regagné dimanche dernier au premier tour des municipales avec 58,77 % des voix, que l’ancienne ministre de la Culture a attendu les résultats, entourée de ses équipes.

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Où sont ses soutiens ? Les militants n‘étaient qu’une poignée à son QG de la rue Baudelaire, dans le 12e arrondissement, près de la gare de Lyon, que la présence de très nombreux journalistes a fait ressembler à une salle de presse plutôt qu’un local de campagne. Un calme plat presque prémonitoire y a régné ; pour l’ambiance des grandes soirées électorales, ce n‘était pas ça.

Rachida Dati n'a pas « réussi à convaincre suffisamment »

Tout au fond de la salle, un podium, un pupitre, un poster géant de Paris dans le flou, barré du slogan « Changer. » en lettres capitales, avec point à la fin. Un point final, finalement, après l’échec de la candidate LR qui comptait sur l’union des droites pour reprendre Paris à la gauche. À 21 h 25, Rachida Dati défaite est arrivée sous des huées, couvrant de timides applaudissements. Prenant brièvement la parole, moins de 3 minutes, butant inhabituellement sur ses mots, moins pugnace que d’ordinaire, elle a concédé ne pas avoir « réussi à convaincre suffisamment de la nécessité du changement », avant de dénoncer « des attaques inacceptables ».

Rachida Dati est repartie en voiture dans la nuit. A l’autre bout de Paris, Emmanuel Grégoire, lui, quittait presque au même moment la place Stalingrad à vélo, direction l’Hôtel de Ville. «C’est quand même plus agréable de faire ça à vélo qu’en voiture. J’ai l’habitude de me déplacer en métro et à vélo et j’ai bien l’intention de continuer ».

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