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Après la sportive Manx R, Norton continue d’installer sa gamme avec l’Atlas mais ces deux machines ne partagent quasiment rien. Catégorie, motorisation, équipement, etc. elles ne partagent rien pour la bonne raison que l’Atlas est un trail de moyenne cylindrée avec un équipement pléthorique dans la catégorie.
Jean-Michel Lainé - 07 août 2026 à 17:00 - Temps de lecture :
La Manx R est animée par un moteur V4 de 1200 cm3, c’est très loin du bicylindre parallèle de 585 cm3 qui est au coeur de cette Atlas mais cette dernière n’est pas là pour affoler les chronos. Son rôle est de nous emmener promener sur les routes et les pistes au guidon d’une moto à l’équipement pléthorique. Il faut reconnaitre que Norton n’a pas lésiné sur l’accastillage du premier trail de la gamme.
La liste est infinie et même si la finition Apex qu’on a pu tester sur cet essai l’est davantage, le premier niveau de finition n’est pas déplumé pour autant. Forcément, prendre en mains la Norton Atlas éveille la curiosité parce qu’on assiste au retour d’une marque de légende ainsi qu’à l’arrivée d’un petit trail bien mieux équipé que les concurrents déjà en place. Mais ceux-ci sont pour la plupart animés par des moteurs un peu plus petits ou un peu plus gros. Le positionnement de l’Atlas est étonnant.
Un vaillant petit bicylindre
Avec ses presque 600 cm3, le bicylindre parallèle de la Norton Atlas affiche une cylindrée qu’on ne trouve quasiment pas ailleurs. Mais cette architecture est largement répandue comme le calage à 270 degrés, sur ce plan là c’est commun. Il affiche 70 chevaux assez haut à 9300 tr/min et 57,5 Nm à 7300 tr/min. On a évidemment une commande des gaz électronique et des modes de conduite.
On remarque tout de suite des à-coups autour des 4000 tr/min même en mode Sport qui est censé être un peu moins tatillon sur l’anti patinage, à moins que ce soit l’absence de garde à la poignée, le ride-by-wire ou autre chose. En mode Enduro où beaucoup de choses sont déconnectées, c’est bien moins présent mais le moteur est moins réactif aussi. En dehors de cette contrariété qui se fait plus discrète dès qu’on a un peu de rythme, on a un moteur bien plein de 5000 à 9000 tr/min environ. Cela nous fait un belle plage d’utilisation et comme ce moteur n’est pas explosif, ce n’est pas le but, il est parfait pour soigner sa motricité sur les pistes non asphaltées par définition et rouler sans brutalité sur route.
On n’est pas en présence d’une machine taillée pour du tout-terrain engagé. D’ailleurs Norton en est tout à fait conscient. Sa roue avant de 19 pouces ou encore ses débattements de suspensions sont parfaits pour un usage mixte route et chemins roulants. De toutes les façons, les pneus ont un profil bien trop routier pour ça. Malgré tout, cette Atlas se tenait bien sur les pistes sans réaction surprenante. La maniabilité est au rendez-vous et la partie-cycle est cohérente avec les performances sur moteur. La prise du frein avant est franche mais ça manque un peu de mordant sur toute la course. Il faut s’y habituer mais c’est vrai que pour une machine Premium, une pince autre que ByBre aurait sans doute été un plus. Quoi qu’il en soit, c’est une machine qu’on prend aisément en mains qu’on roule assis ou debout sur les petites routes ou les chemins blancs. Le gabarit et le poids contenu de cette machine font qu’on ne force jamais, cette Atlas est facile et accessible.
Un équipement incroyable
Avec sa centrale inertielle (même sur celle de base), notre Atlas offre tout un tas de possibilités avec l’électronique dont les modes de pilotage, le contrôle de traction, de frein moteur, de dérive, d’anti wheeling/stopie, etc. L’Apex de cet essai a en plus le freinage combiné avant / arrière qui est pas mal pour limiter la bascule lorsqu’on roule à deux, ainsi que l’aide au démarrage en côte. Tout ceci se règle avec le commodo ou l’écran tactile de 8 pouces bien lisible.
Mais on a aussi l’éclairage en courbe et d’innombrables réglages d’éclairages pour le parking notamment, un pare-brise qui s’ajuste en hauteur mais à deux mains (il protège la tête tout en haut), le démarrage sans clé mais avec la télécommande en main quand même (étrange), les poignées chauffantes, la prise USB-C, etc. Il ne manque qu’un petit vide-poche ou un réglage de pare-brise d’une seule main, mais globalement c’est très complet.
Cette Atlas épate par son équipement et sa finition qui dissimule quasiment toutes les vis, câbles, etc. On avait déjà remarqué ça sur la Manx R. Le coup de crayon a le mérite de ne pas copier la production actuelle et donc de distinguer l’Atlas face à la concurrence. On regrette les à-coups constatés autour des 4000 tr/min, le réglage du pare-brise à deux mains ou l’orientation générale qui est tout de même bien plus route que TT (on va dire 80/20 voire 90/10) mais on ne peut pas reprocher à ce moteur placé entre les 450 et les 700 de ne pas être volontaire.
Il offre une belle plage d’utilisation et du répondant sans jamais être violent ce qui est idéal pour une bonne motricité. Le moteur comme la partie cycle et la prise en mains, montrent une machine facile et assez neutre, qu’on emmène naturellement sans crainte et sans jamais forcer pour se balader un peu partout, même si son terrain de jeu est surtout routier. Elle est disponible à 9250€ ou à 10525€ pour la finition Apex mieux équipée mais la version de base l’est déjà pas mal.


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