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Mort de Jean-Eudes Doiron : aucun guetteur ne surveillait les camions lourds

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L’enquête publique du coroner dans la mort de deux travailleurs liés au ministère des Transports et de l’Infrastructure du Nouveau-Brunswick s’est poursuivie mardi au palais de justice de Campbellton. Les témoins ont discuté des événements entourant la mort de Jean-Eudes Doiron dans la Péninsule acadienne, et de l’absence d’un guetteur pour la signalisation des camions lourds.

Jean-Eudes Doiron est mort le 10 octobre 2024 alors qu’il était employé du ministère des Transports et de l’Infrastructure du Nouveau-Brunswick. L’accident est survenu sur un chantier situé dans le secteur de Rang-St-Georges, dans la municipalité des Hautes-Terres.

Lundi, au premier jour de l’enquête, il a surtout été question de Marcel Gagnon, qui a péri le 23 juillet 2024 après un accident dans une carrière près de Saint-Joseph-de-Madawaska. Il travaillait à ce moment-là pour une compagnie dont les services avaient été retenus par le ministère des Transports.

D’après le coroner régional, Danny Mallet, ces deux hommes sont morts après avoir été happés par des camions-bennes qui tentaient de reculer.

Le cas de Jean-Eudes Doiron

Une dizaine de témoins ont été présentés mardi devant le jury.

Parmi eux, l’enquêteur chez Travail Sécuritaire NB, Robert Landry, qui s’est rendu sur place, dans le secteur de Rang-St-Georges, en octobre 2024.

Selon l’enquêteur, le 10 octobre 2024, Jean-Eudes Doiron travaillait sur un chantier routier. Il avait comme responsabilité de dégager les fossés sur le bord du chemin.

M. Doiron, qui était âgé de 62 ans lors de l’événement, a entrepris de déplacer des cônes qui servaient à diriger le trafic.

Selon l'ingénieur au ministère des Transports, Marc Landry, qui supervisait le chantier en 2024 et qui a témoigné mardi, le déplacement des cônes ne devait pas faire partie des tâches de Jean-Eudes Doiron ce jour-là.

Un cône orange dans un nid de poule, photographié à Campbellton.

D'après des images présentées par certains témoins clés à l'enquête du coroner, les cônes de types chandelles, qui ont été déplacés par Jean-Eudes Doiron, ressemblaient à celui-ci.

Photo : Radio-Canada / Charles-Étienne Drouin

Au moment de l’incident, Jean-Eudes Doiron se déplaçait en direction du fossé, après avoir déplacé un cône de signalisation. C'est alors que l’un des camions-bennes qui reculaient l'a happé.

Toujours selon l’enquêteur Robert Landry, la distance entre le camion et Jean-Eudes Doiron était petite.

Ce n’est qu’à une distance de 52,4 mètres, derrière le camion-benne positionné au centre, qu’une personne devient visible dans les rétroviseurs gauche et droit du conducteur, a indiqué Robert Landry.

D’après l’enquêteur et d’autres témoins, les employés du chantier avaient tout leur équipement de sécurité, incluant une veste fluorescente.

Absence de guetteur

Robert Landry note qu’il n’y avait pas de guetteur sur le chantier, qui aurait pu surveiller, notamment, l’arrière du véhicule et donner des signaux à l’opérateur du camion lourd.

Après l’accident, Robert Landry a préparé un rapport, dans lequel il insiste sur l'importance pour les employés des chantiers de provinciaux de bien connaître les mesures de sécurité en place, y compris le rôle du guetteur.

Des mesures prises par le Nouveau-Brunswick

Le directeur régional du ministère des Transports, Eric Caron, a également témoigné mardi après-midi.

Il a expliqué qu’avant les événements d’octobre 2024, il n'était généralement pas question de la nécessité d'avoir un guetteur lors des réunions matinales, avant de se rendre sur les chantiers.

Or, depuis les événements, il affirme que la politique est plus claire, et qu'il y a un guetteur pour les camions lourds.

S’il n'y a pas de guetteur [lorsqu’un camion lourd doit reculer], les employés ont le droit de refuser de travailler. C’est leur droit. Je suis satisfait des mesures prises [par le Nouveau-Brunswick depuis les événements d’octobre 2024].

Le Nouveau-Brunswick a plaidé coupable

Un autre enquêteur chez Travail Sécuritaire NB, Patrick Gould, a aussi témoigné mardi.

Toutefois, il a expliqué que, le 14 janvier 2026, le ministère des Transports a plaidé coupable en lien avec la mort de Jean-Eudes Doiron.

Le ministère a plaidé coupable de ne pas avoir assuré une supervision compétente et de ne pas avoir désigné un employé pour donner des signaux à l'opérateur du camion, a déclaré Patrick Gould.

En raison de ces infractions, le Nouveau-Brunswick s’est vu imposer deux peines.

D'une part, la province doit verser 75 000 $ à l’Université de Moncton pour financer une étude sur des systèmes de caméras arrière assistées par l’intelligence artificielle pour les camions lourds.

La province doit aussi verser 75 000 $ à l’Université du Nouveau-Brunswick afin de mener une étude permettant de répondre à la question suivante : pourquoi les mesures de sécurité sont-elles insuffisantes pour prévenir les blessures liées à l'utilisation de véhicules lourds sur les chantiers de construction, et quels sont les facteurs qui contribuent à l’ignorance des signaux d’avertissement?

L’enquête du coroner se poursuit

Pour rappel, l’enquête du coroner a pour but de formuler des recommandations afin d’éviter d’autres décès dans des circonstances similaires. Cette enquête n'attribue aucune responsabilité juridique.

L’enquête se poursuit à Campbellton, jusqu’à vendredi.

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