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Moratoire : Repensons Lévis demande une enquête externe

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L’un des partis d’opposition à l’hôtel de ville de Lévis, Repensons Lévis, demande une enquête externe au ministère des Affaires municipales et de l’Habitation pour faire la lumière sur l’avis juridique rendu public par Radio-Canada mardi. Cet avis démontre que la Ville savait bien avant l'imposition du moratoire sur les nouvelles constructions que la capacité de l'une de ses usines de traitement des eaux usées était atteinte.

Les faits sont troublants et difficiles à nier. Je demande d'avoir une intervention externe parce qu'on […] a de sérieuses questions à l'administration, a partagé son chef, Serge Bonin.

Il demande donc à la ministre des Affaires municipales et de l’Habitation, Geneviève Guilbault, et à son équipe de déclencher une enquête.

On a visiblement caché de l’information.

On ne peut plus nier ce qui a été rendu public et on doit aller au fond des choses, a déploré celui qui siégeait à titre de conseiller municipal du district Saint-Étienne jusqu’en octobre dernier.

Un quartier résidentiel en hiver avec une affiche promotionnelle indiquant son développement en cours.

Le Groupe CSB, derrière le projet de quartier résidentiel et commercial UMANO dans l'arrondissement Desjardins, poursuit la Ville de Lévis pour 19 millions de dollars.

Photo : Radio-Canada / Alexandre Bellemare

Si Serge Bonin demande une enquête externe, c’est qu’il se sent trahi et que sa confiance envers l’administration municipale est ébranlée.

Il me semble évident qu'il y a des choses qui sont compromettantes dans le cas de l'usine de Saint-Nicolas et on ne sait pas qui est imputable de ce côté-là. Si on dit à la Ville de régler ça [à l’interne], pour moi, il y a un problème, a-t-il précisé.

Il invite notamment le maire de Lévis, Steven Blaney, à faire la lumière sur ce dossier afin de rassurer la population et les élus.

La ministre a interpellé la CMQ

De son côté, le cabinet de la ministre des Affaires municipales a indiqué que les informations révélées par Radio-Canada sont préoccupantes. Elle a demandé à la Commission municipale du Québec (CMQ) d’évaluer les différentes options d’intervention.

Toutefois, considérant les poursuites judiciaires en développement, les tribunaux seront appelés à trancher les mêmes motifs qui auraient pu faire l’objet d’une potentielle intervention de la CMQ. Malgré ce constat, et tout en respectant les procédures en cours, la ministre Guilbault a tout de même demandé au ministère des Affaires municipales de contacter la Ville de Lévis afin d’offrir un accompagnement ou toute autre forme de soutien qui pourrait être utile, a souligné son cabinet.

Le maire ne s’avance pas

Questionné en marge du conseil municipal sur les plus récentes poursuites judiciaires de promoteurs en raison du moratoire sur la construction, Steven Blaney n’a pas voulu commenter ni se prononcer sur le moment où il a pris connaissance de l’avis juridique rendu public.

Le maire Steven Blaney assis derrière un micro en compagnie du directeur général et du directeur des finances de la Ville de Lévis.

Le maire de Lévis, Steven Blaney, a refusé de commenter le dossier et a souligné qu'il a toujours confiance en son administration municipale. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Eugénie Emond

Il n'y a rien de nouveau sous le soleil, d'une certaine manière, puisqu’on sait que des actions ont été posées, a-t-il simplement indiqué.

Quant à l’option d’une enquête externe, il n’en voit pas la nécessité.

Ça ne me semble pas du tout une avenue plausible. […] J'ai entièrement confiance en l'administration municipale pour mener et prendre les mesures qui sont nécessaires, si elles sont nécessaires, a-t-il argué.

Lévis Force 10 n’était pas au courant

De leur côté, Karine Lavertu et Benoit Forget-Chiasson, les deux élus de Lévis Force 10, l’autre parti de l’opposition et formation de l’ex-maire Gilles Lehouillier, n’étaient pas au courant de l’étude sur la capacité de la station de traitement des eaux usées de Saint-Nicolas livrée à la Ville en 2021.

Un homme et une femme debout derrière un micro.

Benoit Forget-Chiasson et Karine Lavertu souhaitent «regarder en avant» et se mettre en «mode solution» dans le dossier du moratoire. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Eugénie Emond

Karine Lavertu, élue depuis 2017 siégeait sur le bureau de projet ainsi que sur le comité des finances à la Ville de Lévis. Elle dit ne pas avoir été informée de la situation avant juillet 2024.

J'ai été sur le bureau de projet de 2021 jusqu'au moratoire. Jusqu'au mois de juin [2024], je n'ai pas entendu parler de cette étude-là. À partir du mois de juin, on a cessé les rencontres du bureau de projet, a-t-elle affirmé.

Est-ce qu'on aurait dû l'avoir? Écoutez, sûrement.

Lehouillier défend son bilan

L’ex-maire de Lévis, Gilles Lehouillier, a réitéré que la Ville a agi dès que le gouvernement provincial a permis l’imposition du moratoire sur les nouvelles constructions pour remettre à jour les infrastructures.

À partir du moment où on a été informé de la situation, on a procédé. Et je suis confiant qu’on va l’emporter [devant les tribunaux] pour la simple et bonne raison que c’est une loi adoptée par l’Assemblée nationale et c’est l’intérêt collectif qui doit primer, a-t-il martelé en entrevue avec Radio-Canada.

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