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L’élection de Miss Cameroun 2026 vire déjà au classique exercice de propagande gouvernementale dans les salons ministériels de Yaoundé. Douze jours après son sacre, Maëllys Ngo Mboui s’est rendue lundi dernier chez le ministre de la Jeunesse et de l’Éducation civique, Mounouna Foutsou. Ce dernier n’a pas tardé à s’attribuer les mérites de son triomphe en liant directement sa victoire à son fameux programme de « réarmement moral », transformant un concours de beauté en vitrine politicienne.
Une audience protocolaire au service de la com’ officielle
Pendant près de deux heures d’échanges, le ministre a vanté le passage de l’actuelle reine de beauté par le premier Camp d’intégration nationale des jeunes de la diaspora (Cinajedi). Selon ses déclarations, c’est l’esprit combatif acquis lors de ce stage institutionnel qui lui aurait permis de décrocher l’écharpe nationale. C’est simple. Pour le membre du gouvernement, le succès de cette étudiante inscrite à l’Université de Nanterre en France ne découle pas d’un travail individuel acharné, mais de la doctrine morale distillée par ses propres services.
Pourtant, cette posture paternaliste élude les véritables galères vécues par les jeunes de la diaspora souhaitant investir au pays.
Des projets associatifs face aux promesses sans lendemain
Devenue ambassadrice du Cinajedi, Maëllys Ngo Mboui a tenté de recadrer l’échange sur son projet « Cameroonians Girls in STEAM » destiné à former la jeunesse aux nouvelles technologies. L’initiative, qui a déjà organisé deux éditions d’ateliers pratiques à Bamenda en février puis à Yaoundé en juillet, s’appuie sur des professionnels dénichés directement sur LinkedIn. C’est quand même révélateur de voir une jeune femme bâtir ses réseaux de manière totalement autonome pendant que l’État se contente de délivrer des parchemins honorifiques.
À quoi servent ces audiences grandiloquentes si les financements publics ne suivent jamais sur le terrain ?
On attendait mieux qu’une simple séance photo pour soutenir l’entrepreneuriat des jeunes femmes dans les sciences. Rien ne confirme à ce stade qu’une ligne budgétaire concrète sera débloquée pour épauler ses masterclasses de leadership ou sa formation en ingénierie financière. Difficile de ne pas y voir une tentative habituelle de capter la popularité d’une lauréate pour masquer le manque d’opportunités réelles offertes à la jeunesse locale. Le ministère multiplie les slogans patriotiques, sans jamais régler le chômage massif qui pousse les diplômés vers l’exil.
Les couronnes passent et les discours ministériels demeurent tristement identiques. La nouvelle ambassadrice devra redoubler de vigilance pour éviter que ses projets technologiques ne soient réduits à un simple faire-valoir politique.
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Alain-Claude Ndom
Journaliste pour 237online.com, spécialisé dans les questions de société et la vie quotidienne des Camerounais.


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