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Il ne veut pas pleurer Clément Atangana. Dans un texte publié après le décès de l’ancien président du Conseil constitutionnel, Benjamin Zébazé annonce la couleur : aucune critique de son post ne sera recevable. L’homme assume tout, y compris de contredire l’éducation chrétienne et la tradition. Il préfère penser aux victimes des élections contestées qu’à la famille du défunt. Le ton est dur, personnel, sans appel. Et il pose une question qui dérange.
Les faits : une charge sans filtre
Le texte de Benjamin Zébazé n’épargne rien. Il affirme que toutes les élections controversées depuis le retour du multipartisme portent la signature de Clément Atangana. En 1992, John Fru Ndi est donné vainqueur par plusieurs chancelleries occidentales, avant de perdre. Zébazé rappelle que le Conseil constitutionnel n’existait pas. Le dossier était alors entre les mains de la Cour suprême d’Alexis Dipanda Mouelle. La chambre administrative, présidée par Atangana, aurait préparé le terrain.
100 % des voix pour Biya face à Kamto, selon l’auteur. Puis la défaite d’Issa Tchiroma, annoncée après des tripatouillages. Zébazé cite aussi un conflit familial, où Atangana aurait provoqué un revirement de jurisprudence. « Toute critique émise contre ce post serait, à mes yeux, jugée irrecevable », écrit-il. Deux faits d’armes, résume-t-il, pour trois décennies d’action. Il évoque aussi les soins coûteux à l’étranger, payés selon lui par l’argent public, alors que des Camerounais meurent faute d’hôpitaux.
Un écho aux fractures camerounaises
Cette sortie ne tombe pas dans un vide. Elle ravive les débats sur les institutions, la fraude électorale et les clans au pouvoir. Zébazé parle d’un « clan tribal » du Centre-Sud, une accusation qu’il assume depuis des années. Ses adversaires le traitent de tribaliste. Lui répond qu’il ne fait que décrire un système. Franchement, le ton est celui d’un règlement de comptes posthume. Difficile de ne pas y voir une volonté de refuser jusqu’au deuil officiel. La mort d’Atangana aurait pu apaiser les tensions. Elle les expose plutôt. Que faut-il attendre de ce type de texte ? La réponse dépendra de la réaction des familles politiques, du RDPC et de l’opposition. Ce n’est pas une nécrologie, c’est un réquisitoire. Le reste appartient à l’histoire. Mais le ton, lui, est déjà donné.
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Christiane Tamoura Engo
Journaliste spécialisée dans les questions politiques, Christiane Tamoura Engo suit de près l'actualité des institutions camerounaises, des partis politiques et des grandes décisions qui façonnent le Cameroun et l'Afrique centrale.Rédactrice pour 237online.com, elle s'attache à décrypter les enjeux politiques pour les rendre accessibles à tous les Camerounais, qu'ils soient au pays ou dans la diaspora.


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