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L’économie mondiale commence à peser sur l’industrie minière. Sous pression, Minerai de fer Québec (MFQ) a aboli 45 postes à sa mine du lac Bloom, alors que la compagnie tente de contenir ses coûts d’exploitation.
Les prix du carburant, des explosifs et du transport maritime sont à la hausse, et ils exercent une pression considérable sur Minerai de fer Québec, reconnaît dans un courriel Noémie Prégent-Charlebois, la directrice des communications de l’entreprise.
La taille de l’équipe de direction de la minière a aussi été réduite, mais la compagnie ne précise pas combien de postes ont été éliminés.
Miser sur des actifs
Mme Prégent-Charlebois, tout en détaillant un contexte difficile, se veut rassurante par rapport à la situation financière de MFQ. Malgré le contexte actuel, nous pouvons compter sur des actifs de grande qualité, une bonne performance opérationnelle et un bilan solide, écrit-elle.

L'entreprise Minerai de fer Québec (MFQ) est propriétaire de la mine du lac Bloom, près de Fermont.
Photo : Radio-Canada / Charles-Étienne Drouin
La situation de Minerai de fer Québec n’est pas sans rappeler celle de Rio Tinto IOC, une autre minière de la région à avoir aboli des postes.
Emmanuelle Toussaint, la directrice générale de l’Association minière du Québec, explique que les temps sont durs pour l’industrie dans son ensemble. Le carburant pour le transport, pour la chaîne logistique, c'est une dépense qui est considérable, explique-t-elle.

Emmanuelle Toussaint, présidente-directrice générale de l'Association minière du Québec. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Martin Guindon
Le prix du carburant a explosé à la suite de la guerre en Iran et du blocage du détroit d’Ormuz. Le secteur minier québécois est donc plombé par les politiques extérieures des États-Unis.
Épargnée par les tarifs, ou presque
À ce contexte s’ajoute l'imposition de droits de douane additionnels de 50 % sur un vaste éventail d'exportations canadiennes par le gouvernement américain.
Par chance pour l’industrie minière, ces tarifs ne ciblent pas les minéraux extraits en sol québécois. Cependant, elle subit plusieurs effets indirects liés à cette décision économique unilatérale.

Si plusieurs matières premières échappent aux tarifs douaniers directs, l'évolution du marché américain demeure une source d'incertitude pour les producteurs. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau
Pour certains produits, comme le fer, si les clients des sociétés minières qui fabriquent des produits dérivés sont ciblés par des tarifs, cela pourrait réduire la demande à moyen et long terme, illustre Emmanuelle Toussaint.
L’une des raisons derrière cette absence de tarifs sur les matériaux critiques et stratégiques pourrait être la dépendance des États-Unis sur ces matières premières, croit la directrice générale.
En ce moment, les États-Unis ne sont pas dans une position où ils peuvent être autonomes eux-mêmes avec ces minéraux-là, précise-t-elle. Je pense que c’est justement en pesant bien la balance des inconvénients lorsque de nouveaux tarifs sont imposés que la majorité des produits du secteur minier n’ont pas été touchés directement pour l’instant.
Malgré tout, Emmanuelle Toussaint est bien consciente que les choses peuvent rapidement changer. L’Association minière du Québec garde un œil attentif sur la politique commerciale américaine.
Avec la collaboration de Nazdar Roy


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