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L’animateur est issu d’une famille juive et roumaine. « Ma mère ne me l’aurait pas pardonné », assure-t-il.

THOMAS COEX / AFP
Le présentateur Michel Drucker participe à l'enregistrement de l'émission télévisée Vivement Dimanche, le 7 mai 2008 sur le plateau de France 2 à Paris.
Pendant des décennies, Michel Drucker a reçu sur ses plateaux une grande partie du paysage politique français, allant d’Arlette Laguiller à Olivier Besancenot en passant par Jean-Luc Mélenchon. Des figures de gauche, de droite, des responsables aux trajectoires opposées, mais une famille a toujours été absente de ses émissions et notamment de Vivement dimanche : les Le Pen.
Invité du podcast En Raphäl le 10 mai, l’animateur est revenu sur cette ligne rouge qu’il n’a jamais franchie. « Évidemment que j’ai peur des extrêmes. (…) Les Le Pen c’était très compliqué pour moi. Ils m’en voulaient beaucoup de ne pas les recevoir », assure-t-il. Et d’ajouter : « Mais venant d’où je viens et compte tenu du passé de mes parents, prendre des gens d’extrême droite sur mon plateau, ma mère ne me l’aurait pas pardonné. »
Michel Ducker est né dans une famille juive et roumaine. Sa mère, Lola Schafler, avait été contrôlée par un officier de la Gestapo sur un quai de gare à Rennes, avant d’être sauvée par un inconnu qui s’est fait passer pour son époux. Son père, Abraham Drucker, a été arrêté et a été traumatisé par sa détention.
« Je suis resté fidèle à mes parents »
Aujourd’hui âgé de 83 ans, il ajoute que « ses parents étaient des gens de gauche ». Et d’expliquer : « Comme tous les immigrés venus de l’Europe centrale, mon père était beaucoup plus proche du Front Populaire de Léon Blum, et pas celui de Mélenchon, rien à voir. Le Front Populaire de 1937 a offert les premiers congés payés à des gens qui ne connaissaient pas la mer. 1937 c’est l’année de la naturalisation de mes parents. »
Il assure donc être « très attaché à cette époque », mais aussi être « resté fidèle à (s)es parents ». « C’est un problème de reconnaissance. S’il n’y avait pas eu la gauche de Blum en 37, je ne serais pas Français. »
Michel Drucker assure également que les Le Pen ne collaient pas à son émission « familiale ». Il explique : « On ne parlait pas politique mais on parlait de choses qui nous concernent, qui concernent nos invités, ça aurait pu s’appeler “Qu’avez-vous fait de vos 20 ans ?”. Ça ne s’est pas fait parce que je ne me voyais pas recevoir la famille Le Pen, qui était une famille en morceaux, complètement éclatée. La vie de Jean-Marie Le Pen, de son ex-femme, la relation avec ses filles, tout ça… C’était impossible. »


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