Au Mexique, la décision de Sony d’arrêter la production de jeux vidéo en physique dès 2028 passe peut-être plus mal qu’ailleurs. En effet, un sénateur et une députée ont déposé plainte devant la Commission nationale de la concurrence du Mexique (COFECE). Une question se pose désormais : ce recours pourrait-il changer la donne ?
Quels sont les arguments en faveur de la plainte ?
Le 1er juillet 2026, la firme Sony a annoncé officiellement la fin de la production des jeux au format physique à partir du mois de janvier 2028. Après cette date, les nouveaux titres seront uniquement disponibles de manière dématérialisée, soit via le PlayStation Store, soit en magasin sous forme de boîtes contenant un simple code de téléchargement. Les autres géants du secteur – Xbox et Nintendo – n’ont pas réagit à cette annonce mais selon les observateurs, le premier accélère vers le numérique tandis que le second devrait continuer la production de jeu au format physique.
Evidemment, l’annonce de Sony a fait l’effet d’une bombe chez des millions de joueurs aux quatre coins du monde. Cependant, la réaction semble particulièrement virulente au Mexique, comme le révélait le média LevelUp dans un article du 12 juillet 2026. Membres du parti Movimiento Ciudadano (centre-gauche), la députée fédérale Iraís Reyes et le sénateur Luis Donaldo Colosio ont déposé une plainte contre la firme nippone auprès de la Commission nationale de la concurrence du Mexique (COFECE).
Mais quels sont les arguments motivant ce recours ? Selon les plaignants, en supprimant les disques (Blu-ray), Sony devient l’unique vendeur de ses jeux via le PlayStation Store, mettant ainsi sur la touche des enseignes locales telles que GamePlanet et Sanborns. De plus, la décision pourrait tout simplement détruire le marché de l’occasion, très populaire au Mexique. Enfin, les plaignants ont affirmé que l’accès à l’Internet haut débit reste encore aujourd’hui très inégalitaire dans le pays, rendant impossible le tout numérique pour une partie de la population.
Crédit : IQRemix / FlickrEt si Sony faisait machine arrière ?
Désormais, de nombreuses personnes se demandent si un pays est capable ou non de faire plier Sony. Dans les faits, il serait très étonnant que la plainte au Mexique puisse faire changer d’avis la firme nippone. En revanche, il est possible que cette dernière devienne le point de départ d’une cascade de recours à l’échelle internationale. Si tel est le cas, il se pourrait bien que Sony fasse machine arrière.
Si l’Union Européenne a déjà reconnu son impuissance sur le sujet, une association néerlandaise réclame 457 millions de dollars de dédommagement à Sony. En France, Jean-Luc Mélenchon a promis d’ouvrir le dossier s’il était élu président de la république en 2027. Dans tous les cas, il est encore bien trop tôt pour se prononcer sur la suite, même si quelques réactions fortes semblent se préciser ci et là.
En ce qui concerne la plainte devant la COFECE au Mexique, il est déjà pratiquement certain qu’une issue positive ne puisse pas forcer Sony à ré-ouvrir des usines de pressage de disques. En revanche, il pourrait s’agir de contraindre la firme à accepter des compromis. Citons par exemple la possibilité d’ouvrir le PlayStation Store à la concurrence, c’est à dire autoriser des boutiques tierces à vendre des codes de téléchargement moins chers. D’autres leviers d’action seraient relatifs à la possibilité d’assouplir les garanties de remboursement et d’assurer la non suppression des jeux au sein de ludothèque des joueurs, entre autres.


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