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Marcel Blanchette, l’un des meurtriers d’Isabelle Bolduc, cette Sherbrookoise qui a été enlevée, séquestrée, violée et tuée en 1996, s’est adressé à la Commission des libérations conditionnelles. Il demandait une semi-liberté et des permissions de sorties sans escorte. Après quatre heures d’audience, le détenu a finalement demandé un report de l’audience au mois de juillet, le temps de préparer un plan de sortie plus structuré.
Depuis mai 2023, l’homme aujourd'hui âgé de près de 80 ans a effectué une douzaine de sorties accompagnées par un agent correctionnel. Il se dit prêt à faire des sorties sans escorte, entre autres pour rendre visite à son frère.
Or, l'équipe de gestion de cas ne recommande pas de telles sorties. L’agente de service correctionnel qui a témoigné devant la Commission précise que, pour l’instant, aucun centre de réinsertion sociale n’a accepté sa candidature. À la suite d'une période d'incarcération avoisinant 50 ans, l'institutionnalisation s'est inévitablement installée, accentuant sa vulnérabilité dans un contexte libératoire , souligne-t-elle.
Elle évalue que le potentiel de réinsertion sociale de Marcel Blanchette est faible, et son risque de récidive, élevé. L'équipe d'intervention conclut qu'elle ne peut formuler de recommandation favorable compte tenu de l'absence d'un plan structuré, des antécédents libératoires pour le moins échevelés et des préoccupations exprimées par les victimes.
« Moi aussi, je serai en quelque sorte en prison »
Une autre victime de Marcel Blanchette, Manon St-Louis, ainsi que la tante d'Isabelle Bolduc, Josée Bolduc, ont pris la parole devant la Commission. Elles ont toutes deux exprimé leur désaccord complet face à de nouvelles permissions accordées à Marcel Blanchette.
Manon St-Louis, qui est passée tout près de subir le même sort qu’Isabelle Bolduc, neuf jours après son meurtre, a lancé : Est-ce normal qu’une personne ayant un passé criminel aussi lourd soit en liberté à ce stade-ci?
Si vous acceptez cette demande, moi aussi, je serai en quelque sorte en prison, car je vivrai constamment sur mes gardes, toujours aux aguets.
Josée Bolduc a aussi témoigné avec beaucoup d'émotion. Tout ce que Marcel Blanchette sait faire, c’est commettre des crimes crapuleux et mentir, manipuler le système judiciaire comme s’il était une victime.
Elle affirme porter encore le poids de ce drame, 29 ans plus tard. À cause des actes de Marcel Blanchette, je suis privée pour le reste de ma vie d’une vie heureuse, épanouie et remplie de projets avec Isabelle.
29 ans à me souvenir, comme si c’était hier qu’arrivait ce terrible cauchemar auquel mes nuits ont été perturbées.
Je souhaite du plus profond de mon cœur que la décision sera favorable pour nous, pour au moins apporter un peu de paix dans nos vies et nous sentir en sécurité, ajoute Josée Bolduc.
Ça me renvoie une image de moi que j’ai eu de la misère à combattre
Marcel Blanchette affirme que son état de santé s’est beaucoup détérioré et il espère pouvoir réaliser ces sorties avant de mourir. Il assure exprimer des regrets face aux gestes qu’il a commis.
Après avoir entendu le témoignage de Madame, je n’ai presque pas le goût de me défendre. Ça me touche et me renvoie une image de moi que j’ai eu de la misère à combattre, a-t-il déclaré, rappelant qu’à l’époque, sa consommation de drogue et d’alcool lui faisait perdre son empathie.
Elle était gelée. Je ne suis pas la même personne quand je consomme, toutes les blessures du passé parlent. Il assure être sobre depuis 25 ans.
Josée Bolduc et Manon St-Louis remettent en doute ses remords.
Lorsque la commissaire lui a demandé si, 30 ans plus tard, il admettait la violence et les gestes commis, Blanchette a affirmé : Bien sûr que oui, il y a eu une "certaine" violence. Des journalistes, eux, ont dit qu’elle avait été torturée, battue. Il n’y a pas eu de gestes physiques comme ils disent.
À cela, la commissaire a répliqué :
M. Blanchette, quand on enlève quelqu’un, on l’agresse sexuellement, on le tue, êtes-vous en train de dire qu’il y a eu une certaine violence? Moi, j’appelle ça une violence extrême.
Isabelle Bolduc avait 22 ans lors des événements qui avaient ébranlé le Québec.
L'audience devrait reprendre en juillet.


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