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Des messages familiers, un séjour à Palm Beach et des excuses : Oslo peine à refermer le dossier Epstein.
Les documents publiés font apparaître de nombreux échanges entre Mette-Marit et Jeffrey Epstein, sur plusieurs années, ainsi que de multiples mentions de son nom dans le corpus. Selon les éléments rapportés par la presse britannique, leurs contacts se sont étalés de 2011 à 2014. Difficile, dans ces conditions, de présenter l’affaire comme une rencontre perdue au milieu d’un cocktail mondain.
« Tu stimules mon cerveau »
Le 1er novembre 2012, Mette-Marit écrit à Jeffrey Epstein : « You always make me smile / Because you tickle my brain », soit : « Tu me fais toujours sourire parce que tu stimules mon cerveau. » L’échange porte alors sur un article scientifique transmis par Epstein et sur la possibilité, évoquée par la princesse, de voir un jour les êtres humains « conçus en laboratoire ».
La formule aurait pu rester une curiosité de correspondance privée. Elle prend un autre relief lorsqu’elle est adressée à un homme déjà condamné en 2008 en Floride dans une affaire impliquant une mineure. Dans un autre message de 2011, Mette-Marit reconnaissait d’ailleurs avoir recherché son nom sur Internet : « Googled u after last email. Agree didn’t look too good », autrement dit : « Je t’ai cherché sur Google après le dernier e-mail. D’accord, ça n’avait pas l’air très bien. »
Les messages publiés montrent aussi des échanges personnels, des projets de rencontres et des discussions sur des séjours. Mette-Marit a notamment passé quatre jours dans la résidence de Palm Beach d’Epstein en 2013, alors que celui-ci n’y était pas, selon les informations rapportées par The Guardian.

Mette-Marit, Epstein et les humains « conçus en laboratoire »
Dans un e-mail du 1er novembre 2012, Mette-Marit évoque avec Jeffrey Epstein un futur où les êtres humains ne seraient plus « fabriqués » naturellement : « Soon people won’t be able to make new humans anymore […] We can just design them in a lab », soit : « Bientôt, les gens ne pourront plus fabriquer de nouveaux êtres humains […] Nous pourrons simplement les concevoir en laboratoire. » La phrase intervient dans une discussion autour d’un article scientifique envoyé par Epstein.
Elle ne prouve pas un projet personnel entre eux, mais elle ajoute à la gêne de cette correspondance : la future reine échangeait avec un délinquant sexuel condamné sur la possibilité de fabriquer des êtres humains à la carte. Les e-mails et leur contexte ont été rapportés par The Guardian.
Des excuses, mais pas de contact « isolé »
La reine a reconnu avoir fait preuve d’un « mauvais jugement ». Dans une déclaration relayée par People, elle a présenté ses « plus profonds regrets » pour cette amitié et assuré sa solidarité avec les victimes d’Epstein. Le palais affirme qu’elle a mis fin à leurs échanges écrits en 2014, estimant qu’Epstein cherchait à exploiter sa relation avec elle.
Ces explications n’effacent pas la chronologie. Les courriels ont été échangés après la condamnation d’Epstein. Ils ne démontrent pas que Mette-Marit ait eu connaissance de ses crimes, ni qu’elle y ait participé. Mais ils établissent une proximité durable avec un homme dont la réputation n’était déjà pas un secret d’État.
Après le prince Andrew au Royaume-Uni, l’affaire Epstein frappe donc une autre monarchie européenne. À croire que certains palais possèdent de très bonnes caves, mais de bien mauvaises alarmes incendie quand les archives commencent à fumer.


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