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Pour une 35e année, en ce 14 février, des centaines de personnes se sont rassemblées au son des chants et des tambours, dans le quartier Downtown Eastside de Vancouver, à la mémoire des femmes autochtones disparues ou assassinées.
Lilly-rose Babysky, de Vancouver, participe à cette marche annuelle depuis sept ans. Cette année, elle y a pris la parole pour la première fois. Dans un discours ponctué de larmes et d'émotions, elle a partagé des souvenirs douloureux de son enfance et de sa jeunesse.

Selon Lilly-rose Babysky, davantage de personnes ayant vécu des expériences semblables doivent libérer leur parole.
Photo : Radio-Canada / Raluca Tomulescu
Je pense que c'était important parce que mon histoire personnelle est profondément marquée par un traumatisme intergénérationnel et que j'ai réussi, d'une certaine manière, à briser ce cycle dans ma famille, confie-t-elle.
Nous ne devons pas ignorer les personnes qui souffrent, car parfois, ce sont elles qui disparaissent ou qui sont assassinées. Ou parfois, elles finissent comme moi, survivantes. Mais regardez toute la souffrance que j'ai dû endurer pour en arriver là.
Christopher Warren explique avoir lui aussi été confronté à une grande souffrance. La gorge serrée, il raconte avoir perdu sa femme d’origine autochtone, il y a cinq ans. Elle s’est enlevé la vie en raison de traumatismes intergénérationnels liés aux pensionnats pour Autochtones, dit-il.
Venu pour la journée de la côte Sunshine, il est d’avis que beaucoup de gens n’ont pas conscience de l’ampleur du phénomène.
Le colonialisme, la violence et le traumatisme qui découle de la violence, ainsi que la consommation de substances et les dépendances qui découlent du traumatisme. C'est un grand cycle qui doit être brisé.
Un événement toujours aussi pertinent
La marche annuelle pour honorer les femmes autochtones disparues ou assassinées du quartier Downtown Eastside de Vancouver a lieu chaque année, le 14 février, depuis 1992, lorsqu'une femme a été retrouvée assassinée sur la rue Powell.
Juanita Desjarlais fait partie du comité organisateur de la marche depuis plus de 20 ans. Selon elle, malgré les recommandations et les mesures mises en œuvre à la suite de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées, il reste du travail à faire en matière de lutte contre la discrimination et la violence.

Juanita Desjarlais est membre du comité organisateur depuis plus de 20 ans.
Photo : Radio-Canada / Raluca Tomulescu
La marche a commencé sur les trottoirs, car la communauté était indignée par l'absence d'enquête approfondie, ce qui est toujours le cas aujourd'hui, raconte-t-ell.
Quand on regarde d'autres communautés, des communautés non autochtones, si quelque chose comme ça [s’y] produisait, il y aurait cinquante agents [de police] [...] Pourquoi devons-nous pleurer? Pourquoi devons-nous supplier? Il n'y a toujours pas d'égalité, même aujourd'hui. C'est de la discrimination et du racisme.
Dans un communiqué envoyé samedi matin, le premier ministre de la Colombie-Britannique, David Eby, affirme que [son] gouvernement s'engage à travailler avec les communautés et les organisations autochtones afin de bâtir une province plus sûre pour les femmes et les filles autochtones.
En ce jour, et chaque jour, nous sommes aux côtés des survivantes et honorons la mémoire de celles que nous avons perdues dans cette tragédie. Nous renouvelons notre engagement à mettre fin au racisme et à la violence sexiste afin que tous les habitants de la Colombie-Britannique soient en sécurité et à l'abri de la discrimination, affirme-t-il également.


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