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Le gouvernement promet moins d’écrans à l’école, mais laisse les familles dépendre d’outils numériques pour suivre la scolarité.
Dans les faits, la mesure laisse une question très concrète aux familles : comment suivre les messages, les absences, les changements de salle ou les devoirs lorsque la vie du lycée passe souvent par Pronote et l’espace numérique de travail ? Le ministère assure que les élèves continueront de recevoir les informations importantes sans utiliser leur téléphone pendant le temps scolaire. Reste à savoir par quel canal, dans chaque établissement.
La nouvelle règle annoncée par le ministère de l’Éducation nationale concerne également les montres connectées et les autres appareils de communication électronique. Elle ne signifie pas forcément que les téléphones seront récupérés chaque matin : les modalités concrètes devront figurer dans le règlement intérieur de chaque lycée.
Les établissements pourront prévoir des dérogations limitées. Un usage pédagogique pourra être autorisé, tout comme certaines utilisations liées au CDI, à la restauration, à l’internat ou à une contrainte locale. Les élèves souffrant d’un handicap ou d’un trouble de santé invalidant restent également exemptés. Pour les voyages scolaires, l’internat ou une urgence familiale, les règles dépendront là encore du règlement intérieur.
Le vrai casse-tête est donc moins l’interdiction que son application. Un lycéen qui consulte Pronote sur son téléphone pendant une pause commet-il une faute ? Pourra-t-il recevoir une notification de changement d’emploi du temps ? Devra-t-il trouver un ordinateur disponible, passer par la vie scolaire ou attendre qu’un adulte lui transmette l’information ? La circulaire laisse volontairement de la marge aux chefs d’établissement.
En cas de non-respect, le téléphone peut être confisqué, mais pas au-delà de la fin des activités d’enseignement de la journée. Le ministère précise que la restitution aux parents pourra être privilégiée en cas de récidive. Une mesure qui risque de transformer certains bureaux de vie scolaire en consignes à smartphones.
Il serait difficile de contester l’intérêt de limiter le défilement compulsif sur les réseaux sociaux pendant les cours. Mais l’État marche sur une ligne paradoxale : il demande aux adolescents de se passer de leur écran personnel tout en numérisant toujours plus la relation entre l’école, les parents et les élèves. Le téléphone est prié de disparaître, mais le lycée connecté, lui, reste bien en place.
Les conseils de délégués pour la vie lycéenne doivent être consultés avant l’adoption des nouvelles règles. Voilà au moins une occasion de poser les bonnes questions : protéger les jeunes des écrans, très bien. Les rendre dépendants d’une plateforme scolaire contrôlée par l’institution, c’est une autre histoire.


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