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Jonathan, déjà accusé par une ancienne candidate pour «violence psychologique», s’est joint à deux autres participants pour attaquer la production de la télé-réalité de Netflix animée par Teddy Riner et Luthna Plocus.
Le principe de «Love is Blind» était pourtant clair. Rencontrer des personnes et peut-être l’amour, à l’aveugle. Chaque participant est installé dans une cabine pour converser à travers une cloison, sans aucun moyen de se croiser. À de nombreuses reprises, les abonnés Netflix découvrent ensuite leurs confidences respectives dans un salon commun. Les hommes d’un côté, les femmes de l’autre. Pourtant trois candidats assurent avoir «subi lors du tournage de l’émission un isolement total imposé par la production», selon nos confrères du Monde .
Jonathan D., Benjamin J. et David O. estiment que durant la première partie du tournage, celle des capsules, ils ont «été contraints dans leur liberté de mouvement et d’expression étant empêchés de sortir de l’hôtel et accompagnés en permanence d’un chaperon.»
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Un dispositif qui n’a pourtant pas empêché Gallien, entrepreneur événementiel de 37 ans, d’avoir été exclu du tournage pour avoir passé la nuit à l’hôtel avec une femme totalement étrangère à la production. «Gallien ne fait plus partie de l’expérience. Dans ce parcours d’amour à l’aveugle, les célibataires s’engagent à ne pas interagir avec le monde extérieur. Gallien a enfreint cette règle», avait communiqué le programme.
Nous avons été manipulés et utilisés pour arriver aux fins de la production.
David, candidat de «Love is Blind France»Les trois hommes dénoncent également le temps réel de travail, encadré à huit heures par jour ou quarante-cinq heures sur six jours selon leurs contrats. «On nous réveillait à 5 heures à l’hôtel, pour un départ à 6 heures vers le studio et un tournage qui durait de 10 heures à 20 heures au moins. On ne se couchait pas avant 23 heures et on dormait très peu, on était tout le temps crevés. Ce qui nous empêchait d’être nous-mêmes pendant les enregistrements », témoigne Jonathan. David, quant à lui, estime que ce rythme effréné a «ruiné sa santé» durant le tournage : «Nous avons été manipulés et utilisés pour arriver aux fins de la production : créer du contenu au détriment de notre santé physique, psychologique et humaine».
David se focalise sur une séquence en particulier, non gardée au montage. Sa rencontre avec sa fiancée. Car dans «Love is Blind», si les conversations à l’aveugle créent l’étincelle, les candidats se fiancent avant de se rencontrer physiquement et de partir en lune de miel, en groupe cette fois-ci avec les autres participants dans le même cas. Mais pour le conseiller financier de 34 ans, la jeune femme était «aux antipodes de ses préférences physiques», malgré le fait qu’elle «correspondait à tous les critères moraux et psychologiques qu’il avait avancés pendant le casting». «Une trahison» de la production à ses yeux.
L’amour n’est donc pas aveugle pour David qui a fait constater par une psychologue quelques jours après la fin du tournage un «état d’anxiété généralisé avec logorrhée, tachypsychie et exaltation de l’humeur». À cela s’ajoute le contre-rendu d’un entretien psychologique de post-diffusion prévu par la production : « David apparaît profondément marqué par une expérience vécue comme traumatique, ayant laissé une trace durable dans sa capacité à faire confiance.»
Les 30 candidats de « Pour le meilleur et à l’aveugle »
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Jonathan accusé de «violences psychologiques»
Des trois plaignants, seul Jonathan est connu des abonnés Netflix. Les deux autres ont été coupés au montage. Le chef cuisinier s’est illustré par sa relation tumultueuse avec Cynthia. Si leurs disputes répétées ont eu raison de leur couple, il évoque une expérience «hyperinfantilisante».
«Dès que les caméras s’arrêtaient, ils se précipitaient sur nous et nous interdisaient de nous parler, entre candidats, d’autre chose que de la pluie et du beau temps. Parce que l’on devait garder nos émotions pour l’émission», regrette Jonathan avant de dénoncer la « caricature » que le programme a dépeint de sa personnalité. Jonathan a par la suite été accusé de «violences psychologiques» par Alice, une autre candidate de sa saison, avec qui il a formé un couple hors caméra.
Un précédent pour la version US
Jonathan, Benjamin et David ont saisi le conseil de prud’hommes des Hauts-de-Seine pour «traitements inhumains ou dégradants». Ils demandent en réparation 200 000 euros de dommages et intérêts. Les plaignants revendiquent la requalification de leurs CDD en CDI, ainsi qu’une indemnisation, de 74 400 euros chacun, de licenciement sans cause réelle et sérieuse qui découlerait de cette décision. Ils réclament également l’annulation de la clause de leur contrat prévoyant la cession des droits de leur personnalité.
Des audiences de conciliation doivent avoir lieu le 9 février et le 28 mai. S’ils gagnent, la plateforme Netflix serait contrainte de retirer toutes les images où ils apparaissent. Interrogé par l’AFP, Netflix France a indiqué prendre connaissance des éléments du dossier. «Nous demandons à nos partenaires de production de respecter des standards éthiques rigoureux», a souligné une porte-parole de la plateforme. De son côté, ITV Studios France n’a pas réagi dans l’immédiat.
Par le passé, un certain Jeremy Hartwell, apparu dans la saison 2 de la version américaine, a obtenu avec un collectif de 150 autres anciens candidats un versement équivalent à 1,2 million d’euros de la part de Netflix pour «conditions de travail inhumaines».


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