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« Ça va s’aggraver» : Daphné Roulier revient sur les récents pics de chaleur en France

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ENTRETIEN - Invitée du «Buzz TV» Daphné Roulier dans le cadre de la promotion de sa nouvelle émission «Au nom du vivant» sur LCP, la journaliste a livré un message en faveur d’une meilleure prise en compte des enjeux écologiques.

Après plus de vingt ans passés sur les antennes de Canal+, où elle a incarné des émissions aussi diverses que «L’Effet papillon» ou bien «Le Cercle»Daphné Roulier a pris un nouveau virage. À la tête de la ligne éditoriale du magazine Terre Sauvage, la journaliste consacre désormais son énergie à la défense du vivant et à la sensibilisation aux enjeux environnementaux.

Un engagement qu’elle est venue porter sur le plateau du « Buzz TV ». « J’ai traité beaucoup de sujets. J’ai présenté des journaux télévisés, j’ai fait des interviews, j’ai animé une émission de politique internationale. J’ai fait “l’Effet papillon”, “Le Cercle”, “l’Hebdo cinéma”, “Extérieur jour”... J’ai fait de la culture. J’ai brassé beaucoup de champs dans ce métier. L’écologie c’était la corde qui manquait à mon arc », confie-t-elle.

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Une nouvelle émission pour faire entendre les voix du vivant

Sa nouvelle émission «Au nom du vivant» sur LCP est un partenariat avec Terres Sauvages. En effet, Daphné Roulier transpose à l’écran une série d’entretiens déjà publiés dans le titre de presse. Son ambition est d’offrir un nouvel espace d’expression à celles et ceux qui consacrent leur vie à la compréhension et à la préservation du monde vivant. « Il fallait leur donner la parole », résume-t-elle.

Pour la journaliste, cette mission est d’autant plus nécessaire que les questions environnementales ont progressivement perdu du terrain dans les médias. Un recul qu’elle juge préoccupant à l’heure où les crises écologiques se multiplient. «Je pense que le vivant aujourd’hui, c’est un enjeu existentiel dans un monde qui est traversé par des crises écologiques. Il faut absolument porter ces sujets dans les médias. D’après l’ADEME, 4 millions et demi de Français souffrent d’éco-anxiété». 

L’émission prend place dans un décor original : un ancien wagon de train. Intégrée à la collection Quai n°8, elle invite le spectateur à embarquer pour un voyage ponctué de paysages défilant derrière les fenêtres tandis que la conversation se déroule dans un compartiment.

Pour cette première saison, Daphné Roulier reçoit plusieurs figures majeures de la pensée écologique et scientifique. Parmi elles, Isabelle Autissier, première femme à avoir accompli un tour du monde en solitaire en compétition, le philosophe Dominique Bourg, spécialiste des questions de durabilité et de démocratie écologique, ou encore l’océanographe François Sarano.

Elle échange également avec le neuroscientifique Sébastien Bohler autour du rôle du striatum, cette région du cerveau impliquée dans les mécanismes de motivation et de récompense. « Il faut domestiquer cette partie du cerveau qui nous a permis pendant des millénaires de survivre, mais qui aujourd’hui, nous pousse à une surconsommation », explique Daphné Roulier avant d’ajouter : « C’est à cause de notre striatum qu’on n’est absolument pas écolo».

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Au-delà des enjeux environnementaux, l’émission entend également redonner de la visibilité à la parole scientifique dans un contexte de défiance croissante envers l’expertise. «Un quidam sur les réseaux sociaux, sa parole vaut autant que celle d’un prix Nobel ou d’une personne qui travaille sur ces sujets-là depuis 40 ans. Il faut sanctuariser cette parole, il faut leur redonner des espaces d’exposition», regrette la journaliste, avant de poursuivre : «On est rentré dans une ère de post-vérité ».

L’émission est un moyen d’informer mais aussi d’alerter sur l’urgence climatique. Daphné Roulier exprime son inquiétude quant à l’avenir et notamment aux pics de chaleur. «Je lis les rapports du GIEC et je pense qu’on n’a encore rien vu (...) ça risque de s’empirer au cours des prochaines décennies», prévient-elle. «C’est ce que tous les scientifiques disent. Ils hurlent, ils alertent, ils ne sont pas entendus. Mais bien sûr que ça va s’aggraver.» Le message est clair : «On est en train de vivre un ovni climatique» alarme Daphné Roulier.

Mais la journaliste donne aussi un message d’espoir. Son émission veut mettre en lumière des solutions. «Ce sont des témoignages qui vous disent que c’est possible, c’est une question de volonté politique. On a les outils, on peut y arriver. Il faut changer de modèle, il faut accepter de changer de modèle.»

Selon elle, la réponse aux défis environnementaux dépend désormais largement des choix collectifs et politiques. La journaliste déplore un manque de prise de conscience de la part des politiques. «On aurait envie d’une politique qui s’empare de ces sujets concrètement, honnêtement, en n’ayant pas peur de déplaire.»

Terre Sauvage mise sur l’émerveillement

L’émission était également l’occasion de revenir sur le magazine Terre sauvage qui fête ses 40 ans cette année et dont Daphné Roulier en est la directrice éditoriale. Un magazine mensuel consacré à la nature et à la vie sauvage ou la photo et le reportage y tiennent une place essentielle. Elle rappelle que «sa signature, c’est l’émerveillement. L’émerveillement, c’est une formidable porte d’entrée vers la compréhension et vers l’action. La peur sidère, elle amène au repli. Il faut surtout émerveiller et alerter sans sidérer, décrypter, nourrir le débat, interpeller, surtout pas culpabiliser» .

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Le mensuel vient d’ailleurs de faire évoluer sa formule avec l’arrivée du prochain numéro paru le 27 mai. Le magazine s’enrichit de nouveaux formats comme le grand entretien ou la lettre au vivant, ainsi que de nouvelles signatures, parmi lesquelles la journaliste Élisabeth Quin, l’humoriste Yann Marguet ou bien la dessinatrice Catherine Meurisse. Le mensuel a pour mission de fédérer une communauté de scientifiques, de photographes et d’artistes. «L’idée d’“Au nom du vivant” ou de Terre sauvage, c’est d’ouvrir des espaces de compréhension» résume-t-elle.

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