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Le collectif mené par Alain Esquerre sollicite une « audience » avec le souverain pontife et indique avoir des « propositions » à soumettre sur la question des violences sexuelles dans l’Église.
Par Maxime Dhuin avec AFP
La démarche « ne se veut ni polémique, ni revendicative », mais elle est lourde de sens. Le principal collectif des victimes de Bétharram a demandé ce vendredi 22 mai à être reçu par le pape Léon XIV lors de sa visite en France fin septembre, pour lui remettre notamment des propositions en matière d’accompagnement des prêtres.
Ce groupe de plus de 200 victimes de violences physiques et sexuelles au sein de cet établissement scolaire catholique des Pyrénées-Atlantiques, a écrit en ce sens à la Conférence des évêques de France (CEF) et au diocèse de Tarbes. Dans ce courrier consulté par l’AFP, le porte-parole du collectif, Alain Esquerre, sollicite « un temps bref d’audience dans un esprit de prière, de bénédiction et de vérité ».
Le pape Léon XIV effectuera une visite d’État en France du 25 au 28 septembre, notamment à Paris. La CEF avait également évoqué, début mai, sa venue à Lourdes (Hautes-Pyrénées), à une quinzaine de kilomètres de Bétharram. « Ce serait perçu comme une provocation s’il ne nous rencontrait pas », a déclaré Alain Esquerre, à l’origine de la révélation du scandale, au micro de la radio Ici Béarn Bigorre.
Une source proche du comité de pilotage de la visite, contactée par le média local, a indiqué que Léon XIV souhaite échanger avec des victimes de violences sexuelles. « Un temps significatif de rencontre » sera envisageable, ajoute cette même source, selon qui il aurait lieu plutôt à Lourdes qu’à Paris.
Des « propositions simples et concrètes » à proposer au pape
Le collectif de Bétharram souhaite aussi remettre au pape « un document de travail présentant cinq propositions simples et concrètes ». Outre « la reconnaissance par l’Église de sa responsabilité dans le scandale de Bétharram », avec des implications financières, il demande une « formation obligatoire » des prêtres et séminaristes incluant des rencontres régulières avec des victimes de violences, ainsi qu’un « accompagnement personnalisé de chaque prêtre agresseur par un référent victimes préalablement formé ».
« Nous avons à cœur d’œuvrer ensemble, afin de rendre justice à Saint-Michel Garricoïts [fondateur du lieu au XIXe siècle, ndlr.] et aux enfants dont il voulait prendre soin, dont les mémoires ici se trouvent profanées par l’un des plus grands crimes de masse pédocriminels de France et par ses ramifications à l’étranger », ajoute le collectif sous la plume d’Alain Esquerre.
« Car enfin, si l’Église ne se dit pas Elle-même victime, Elle aussi, de ces actes immondes, alors Elle reste perçue comme étant du côté des criminels, contre les victimes », conclut-il. Deux hommes, un laïc et un religieux, ont été mis en examen dans le cadre de l’enquête judiciaire sur les violences commises dans le passé à Notre-Dame-de-Bétharram, dont la quasi-totalité sont aujourd’hui prescrites.


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