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Stéphane Bern très présent à l'écran : "Après, je laisserai tout le monde en paix pendant quelque temps"

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À la fin de l'été, on l'entendait encore commenter les derniers soubresauts du feuilleton Harry et Meghan. Quelques jours plus tard, le voilà de retour avec plusieurs rendez-vous de la rentrée : un passage par La Carte aux trésors, une soirée dans les grandes eaux de Versailles en fête, sans oublier les incontournables Journées européennes du patrimoine.

Une présence particulièrement visible en ce mois de septembre. À l'écouter, il n'y a pourtant là aucune volonté de coloniser le petit écran. "Ce n'est pas tellement une omniprésence, c'est circonstanciel", tempère-t-il d'emblée. "Il se trouve que la programmation concentre tout autour des Journées du patrimoine. Et donc, qui dit patrimoine dit Stéphane Bern." Une question d'agenda plus que de gourmandise médiatique : "Après, je laisserai tout le monde en paix pendant quelque temps, à part quelques Secrets d'Histoire disséminés ici ou là", sourit-il.

Le hasard des rois et des reines

L'animateur revendique surtout une forme de sobriété choisie. "Je n'ai jamais voulu en faire beaucoup, mais je voulais faire de la qualité. Et puis je ne suis pas tous les jours à la télévision comme d'autres. C'est mieux d'ailleurs !"

Dans Versailles en fête, il s'emploie à jeter une passerelle entre les siècles : "Faire dialoguer 1682 et 2026 en faisant intervenir des artistes contemporains, mais aussi les fontainiers, les doreurs, les restaurateurs ou les marbriers. Tous ces artisans qui perpétuent les savoir-faire d'autrefois."

Un courtisan tombé dans la lucarne

Rien ne destinait pourtant ce Luxembourgeois passionné de monarchies à devenir l'une des figures les plus identifiables du paysage audiovisuel français. Arrivé un peu par hasard, il a bâti sa notoriété sur un créneau que beaucoup jugeaient désuet : les têtes couronnées. "Rien n'a été prémédité ni orchestré", jure-t-il aujourd'hui. "J'écrivais sur les rois et les reines, un sujet qui m'intéressait en tant que Luxembourgeois. On m'a demandé d'en parler à la radio, puis aux Grosses Têtes avec Philippe Bouvard, et enfin à la télévision. Et voilà comment tout a été lancé."

Mais le chroniqueur des altesses avait trop d'appétit pour rester enfermé dans le papier glacé. Au fil des décennies, Bern s'est autorisé toutes les pirouettes : des grands divertissements de plateau à Danse avec les stars, en passant par douze éditions de l'Eurovision ou encore la comédie dramatique. "Il y a eu plusieurs strates : les rois et les reines, les grands divertissements, puis l'histoire et le patrimoine depuis vingt ans. Mais je suis heureux d'avoir tout exploré sans perdre mon âme. Je n'ai rien fait de déshonorant." Son fil conducteur ? "Comprendre ceux qui essaient de se hisser à la hauteur de leur mission sacrée et donner la parole à ceux qui ont du talent."

Un surnom devenu une mission

Au fil des ans, le surnom s'est imposé : Monsieur Patrimoine. Une étiquette que d'autres trouveraient étouffante mais que Bern porte volontiers. "Je ne suis prisonnier de rien. Quand vous êtes dans le cœur des gens, il faut l'accepter. Et j'aime quand on me dit merci dans la rue pour le patrimoine."

D'autant que le costume s'est incarné sur le terrain via la Mission Patrimoine confiée par l'Élysée en 2017. Le bilan du Loto du patrimoine parle de lui-même : "En neuf ans, près de 1.100 sites restaurés et 380 millions d'euros récoltés. Franchement, j'aurais mauvaise grâce à râler parce qu'on m'appelle Monsieur Patrimoine !" Un engagement qu'il met également en pratique dans son propre projet de restauration du collège royal et militaire de Tiron-Gardais. "Je ne peux pas demander aux gens de défendre leur patrimoine et ne pas le faire moi-même quand l'occasion se présente."

Raconter plutôt qu'enseigner

Avec Secrets d'Histoire, qui célébrera ses vingt ans en 2027, Stéphane Bern est devenu l'un des vulgarisateurs les plus populaires du paysage audiovisuel français. Une approche qui n'a pas toujours fait l'unanimité dans certains milieux universitaires, où on lui reproche parfois une histoire trop centrée sur les grandes figures.

Une réserve qu'il assume pleinement. "Je ne suis pas historien, je suis un raconteur d'histoires. L'Éducation nationale refuse la galerie des illustres. Moi, au contraire, je pense qu'on ne comprend l'histoire que si on la rend familière, à travers les passions d'hommes et de femmes."

Insaisissable, oscillant selon les jours entre conservatisme assumé et goût du contre-pied, Stéphane Bern continue de mener plusieurs vies de front. Cet été encore, entre deux tournages, il bouclait deux livres consacrés au roi Mohammed VI et à la princesse Alice de Monaco.

À bientôt 63 ans, il continue d'occuper une place à part dans le paysage médiatique français. Des têtes couronnées au patrimoine, des plateaux de divertissement aux livres d'histoire, il poursuit inlassablement le même métier : celui de passeur de mémoires.

Versailles en fête Inédit

Samedi 5, France 2, 21h10 HH

La Carte aux trésors Inédit

Vendredi 11, France 3, 21h10 HH

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