Il y a plus d’un demi-siècle, un ingénieur étasunien avait déjà posé les bases des technologies de transport autonome que certains acteurs comme Waymo déploient aujourd’hui. Soutenu à l’époque par le gouvernement des Etats-Unis, le projet Veyar était visiblement bien trop en avance sur son temps.
Des cabines électriques sur des rails suspendus
Aujourd’hui, les principaux acteurs dans le domaine des taxis autonomes sont Waymo et Zoox (Etats-Unis) mais également, Baidu et Pony.ai (Chine). Citons aussi Tesla et son Cybercab, ainsi que Cruise (General Motors), dont le déploiement devrait se faire dans un avenir assez proche.
Et pourtant, un premier concept théorique d’un genre similaire avait déjà vu le jour il y a plus d’un demi-siècle, comme l’expliquait longuement le média Popular Science dans un article du 9 juin 2026. Il est ici question du projet Veyar, imaginé en 1953 par l’ingénieur étasunien Donn Fichter, avant une diffusion publique en 1964. L’idée au cœur de ce projet est simple : renverser un ascenseur sur le côté afin de le faire circuler horizontalement au sein d’une ville. Si les transports en commun classiques comme le bus, et le métro sont soumis à des horaires et des arrêts fixes, le système Veyar proposait des véhicules individuels et automatiques, disponibles à la demande et sans arrêt intermédiaire.
Ce premier concept de robotaxis et de transport rapide personnalisé (PRT) prenait donc la forme de petites cabines électriques pour le transport d’une seule personne, des engins pouvant être sollicités à toute heure via un simple bouton et se rendant à destination sans arrêt sur le trajet. Par ailleurs, l’un des aspect du projet était d’éviter de surcharger le trafic routier. Ainsi, Donn Fichter imaginait faire transiter ses petites cabines électriques sur des rails ou guides suspendus ultra-légers (guideways). Or, ces rails avaient été pensés pour s’installer au niveau des routes déjà existantes afin de, selon l’ingénieur, limiter les couts de construction.
Crédit : Nano Banana 2
Poser les bases des taxis autonomes d’aujourd’hui
S’il est ici question d’une technologie se basant sur l’électrique, l’intelligence artificielle n’était évidemment pas d’actualité, il n’en demeure pas moins que le projet était très intéressant. Ce dernier a effectivement suscité un vif intérêt auprès des ingénieurs en transport, avant de recevoir un important soutien financier de la part de l’administration du président républicain Richard Nixon, dans les années 1970.
Malheureusement, le projet Veyar a finalement été enterré en raison de deux obstacles cruciaux. Le premier obstacle concernait le fait d’équiper des villes entières de rails suspendus. Tout simplement, ceci représentait un investissement colossal que les municipalités ne pouvaient pas assumer. Quand au second obstacle, celui-ci était davantage relatif à l’informatique et aux technologies d’automatisation qui à l’époque, n’en étaient qu’à leurs balbutiements. Il faut dire que le projet intégrait un système de contrôle global – que la presse de l’époque avait nommé le « super-robot régisseur » – qui était à ce moment là impossible à mettre en place à grande échelle.
Six décennies plus tard, les acteurs de l’industrie des véhicules autonomes ont finalement concrétisé la vision de Donn Fichter, mais de façon inversée. Ainsi, au lieu de construire des rails couteux partout en ville afin de guider des cabines électriques rudimentaires, ces sociétés ont développé des IA capables de conduire des voitures électriques directement sur les routes existantes et ce, de manière autonome. Toutefois, la notion de commander un véhicule rapidement pour un trajet individuel direct reste très similaire.


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