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LAVAL — Les Roses de Montréal croyaient s’être mises à l’abri. C’était mal connaître l’AFC Toronto.
Le premier but d’Amandine Pierre-Louis avec les Roses, à la 79e minute, aurait dû plier le match compte tenu de l’ouverture de la marque par Hailey Whitaker en première mi-temps. Lauren Rowe a cependant enchaîné avec une sublime frappe de loin, puis la capitaine Nikki Small a inscrit un grand but à deux minutes des arrêts de jeu.
Elles ont appuyé sur l’accélérateur pendant toute la deuxième mi-temps, et même quand nous avons accordé le deuxième but, nous avons continué de pousser, et nous avons eu notre récompense, a soutenu l’entraîneur-chef torontois Marko Milanovic, et ce sera difficile de le contredire.
Le résultat nul de 2-2 maintient les Roses en tête de la Super Ligue du Nord, mais Toronto pointe désormais au 2e rang, à égalité avec un CF Rapide d’Ottawa qui est en train de se liquéfier.
Avec les retours prochains d’Olivia Chisholm et, surtout, de Kaylee Hunter (neuf buts), parties à la Coupe du monde des moins de 20 ans avec le Canada, attention aux Torontoises, qui continuent de bien s’en tirer avec un effectif réduit. La remarquable attaquante Esther Okoronkwo manque encore à l’appel, tout comme la milieu de terrain Kaila Novak.
On peut mettre n’importe qui sur le terrain, et elle va prouver qu’elle mérite d’être là, a assuré la buteuse Small.
Dans le camp des Roses, on s’efforçait de garder le sourire, même si l’entraîneuse-cheffe par intérim Maryse Bard-Martel semblait contrariée par la manière dont son équipe avait cédé l’avance de deux buts. Elles avaient peut-être gagné, dimanche, à Ottawa, mais là encore, elles avaient gaspillé une double priorité.
Certains moments semblent anodins, mais peuvent mener à une perte de maîtrise, a rappelé Bard-Martel. Un dégagement raté par ci, une passe mal appuyée par là. Autant d’écarts évitables qui font croire à l’entraîneuse qu’on ne doit pas jeter le bébé avec l’eau du bain pour un nul de 2-2 contre une des équipes finalistes de la saison inaugurale.
Ce n’est pas une inquiétude, au contraire, a affirmé Bard-Martel. Justement, c’est positif qu’on soit capable de se creuser ces avances-là. Je ne veux pas dire que c’est nouveau pour nous, mais ce n’est pas quelque chose qu’on a fait tant que ça, dans le passé, se creuser des avances de 2-0. Il s’agit d’apprendre et d’avoir cette maturité dans ces moments-là, autant sur le plan émotionnel que sur le plan technico-tactique.
Le positif, c’est que c’est une expérience qui sera cruciale dans la fin de saison et dans les séries. Ça va arriver, d’autres moments où on aura l’avance 2-0, et il faudra mieux la gérer.
Pour toutes les simulations qu’on puisse tenter, gérer ces avances, ça ne se travaille pas à l’entraînement, a rappelé la gardienne Anna Karpenko. Cependant, s’il y a un aspect de ce match qui a fait sourire toutes les Roses, c’est bien le brio de l’équipe sur phase arrêtée.
Elles ont ouvert la marque à la 17e minute avec un but qu’on avait presque déjà vu : Charlotte Bilbault, au drapeau de coin, a poussé le ballon vers Mimi Alidou, qui l’a balancé avec sa première touche vers le deuxième poteau. Où Anne-Valérie Seto s’était élevée au-dessus de tout le monde à la 75e minute dans Hochelaga, le front d’Elyse Bennett est allé faire connaissance avec le ballon, qui a touché la tête de Hailey Whitaker avant de traverser la ligne.
On a bien construit le jeu pour aller chercher ces phases arrêtées là, a d’abord dit Maryse Bard-Martel, et on a bien compris ce qu’elle voulait dire. Avant le premier but, les Roses y sont allées d’un coup de pied de but qu’elles avaient répété à l’entraînement. Lucy Cappadona a mis le ballon en jeu d’une légère touche vers Karpenko, question de déclencher la pression torontoise. Un long ballon dans le rond central et une touche à la volée d’Elyse Bennett plus tard, et voilà que Noémi Paquin surgissait dans le dos de la défense.
On voulait utiliser nos forces. Elyse est capable de garder le ballon devant, de réussir des déviations, a analysé Paquin. Je savais qu’elle allait le faire. On a une bonne chimie. Je voulais juste utiliser ma vitesse. Ç’a fonctionné, on a réussi à aller chercher le coup de pied de coin.
Bard-Martel, qui s’occupait déjà des phases arrêtées lorsqu’elle était l’adjointe de Rositoiu, s’est réjouie de la qualité du service et du dévouement de ses joueuses au rôle qu’elles doivent occuper dans ces situations, que ce soit en bloquant ou en faisant la tête. Elle connaît l’importance d’un coup de pied arrêté bien réalisé dans ces matchs à fort enjeu dont la fin de saison est ponctuée.
Les phases arrêtées ont encore servi les Roses dans le dernier quart d’heure. Toronto a dégagé un autre centre d’Alidou à partir du drapeau de coin —sans Bilbault au service, cette fois —, mais la deuxième vague est venue, et Amandine Pierre-Louis a profité d’un ballon perdu pour doubler l’avance des siennes. Mais Lauren Rowe a marqué le plus beau but de cette rencontre trois minutes plus tard, et l’équipe locale n’a pas tenu le coup.
Cinq points séparent encore Montréal et Toronto, qui ont joué un match de plus que les quatre autres équipes. Halifax est désormais à neuf longueurs du podium, et la menace pour les Tides viendra peut-être de derrière, avec un Rise de Vancouver peut-être revigoré après le départ de son entraîneuse.
Le destin de tout ce beau monde sera encore étroitement lié pour les prochains jours. Un déplacement à Vancouver attend les Roses le 19 septembre. Cette même journée, les Torontoises rendront visite aux Tides.


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