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Le conflit au Moyen-Orient, qui empêche la plupart des alumineries de la région d’exporter leur métal outre-mer, pourrait mener à une pénurie si la situation persiste.
Les choses ont changé du tout au tout depuis un an. Après la guerre tarifaire déclenchée par les Américains, qui était accueillie comme une grave menace pour les débouchés pour des alumineries québécoises, on craint maintenant de manquer de métal.
Quatre complexes de production d'aluminium sur cinq situés dans la zone du golfe Persique se retrouvent coincés et ne peuvent plus expédier leurs produits par le détroit d'Ormuz. Il devient également impossible de recevoir la matière première. Une des alumineries là-bas vient d'ailleurs d'interrompre sa production.
Or, les inventaires mondiaux d’aluminium avaient déjà commencé à se rétrécir comme une peau de chagrin, passant de six semaines de réserve à seulement deux, selon le président-directeur général de l’Association de l'aluminium du Canada, Jean Simard.
Les approvisionnements sont fragilisés, ce qui veut dire qu'il faut aller dans les inventaires, et donc, on approche le moment où il y a des dangers de rupture d'approvisionnement, parce que ce n'est plus une question de prix. C'est une question d'avoir accès à du métal, explique-t-il.
C’est 20 % de l'aluminium du Moyen-Orient qui prend normalement la route des États-Unis. La situation pourrait amener des alumineries du Québec, qui s'étaient détournées du marché américain, à revoir leur stratégie d'exportation.

Les alumineries du Québec produisent à plein régime, mais peinent à renflouer les réserves mondiales. (Photo d'archives)
Photo : Avec l'autorisation de l'aluminerie de Bécancour
Le seul levier de volume de métal, c'est effectivement de prendre ce qu'on expédie sur l'Europe et de commencer les prochaines expéditions, le plus rapidement possible, vers le marché américain, indique M. Simard.
L'Aluminerie de Bécancour affirme par courriel suivre l’évolution de la situation de près et nous demeurons en communication constante avec nos clients et fournisseurs. À ce jour, nous n'avons constaté aucun impact sur nos ventes ou sur nos expéditions.

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Le reportage de Louis Cloutier
Photo : Radio-Canada / Yoann Dénécé
Le président d'Alcoa a récemment indiqué que l'entièreté des tarifs imposés par les États-Unis était maintenant absorbée par les clients. Aussi, cinq des usines du groupe ont battu des records de production en 2025. L'Aluminerie de Deschambault a augmenté la sienne pour une 16e année consécutive.
On produit déjà à plein rendement dans toutes nos usines, ajoute M. Simard
Chose certaine, les alumineries du Québec ne pourront rien faire de plus pour compenser le manque à gagner. Elles sont déjà le pied au plancher.
Un sous-traitant attend la fin du conflit
La guerre en Iran a, par contre, un impact plus dérangeant pour un sous-traitant de Bécancour qui développe des équipements d'entretien des cuves pour les alumineries de Dubaï et d'Abou Dhabi.
Le président de Groupe MBI, Luc Blanchette, indique qu’il faut encore qu’il s’adapte aux changements liés à la guerre.
Présentement c'est assez nouveau. On est un peu encore en discussion avec eux autres. Le développement qu'on fait continue, explique-t-il.
Pour l’entreprise, impossible, pour l'instant, de retourner là-bas, il faut travailler à distance.


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