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Un matin d'avril 1934, deux couples de ratons laveurs auraient été relâchés sur la rive du lac Edersee, au centre de l'Allemagne. La rumeur affirme que l'espèce a été introduite par le commandant nazi Hermann Göring, souligne la BBC. Depuis, on attribue à l'Allemagne nazie la responsabilité de l'essor de ce mammifère malin, qui sème le trouble là où il passe.
Originaire d'Amérique du Nord, le raton laveur possède des tâches noires autour des yeux qui font penser à un masque de bandit. Ce carnivore prolifère en Allemagne: aujourd'hui, plus de deux millions de spécimens ont élu domicile sur le territoire.
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«Ils sont vraiment intelligents et sont capables de grimper partout», explique Berit Michler, écologiste spécialisée dans la faune sauvage à l'Institut Thünen, en Allemagne. Dans le pays, il n'est pas rare que ces mammifères fassent la une des journaux pour s'être introduits dans de grands hôpitaux, des zoos et des centrales électriques.
Ce seraient donc les nazis qui auraient introduit les ratons laveurs en Allemagne? La rumeur date de l'époque du IIIᵉ Reich. «Il était courant d’entendre, chez les guides touristiques, les élus locaux et une grande partie de la population, que Hermann Göring lui-même avait ordonné la libération des ratons laveurs dans la nature», explique Eberhard Leicht, ancien directeur de l'Office forestier de Vöhl, dans le centre de l'Allemagne.
Une rumeur qui interroge
À l'époque, une demande avait bien été formulée pour relâcher deux couples de ratons laveurs d'Amérique du Nord dans le but d'enrichir la faune. Il s'agissait toutefois d'une simple formalité administrative. «Rien n'indique que des hommes politiques –tels que Göring, en tant que membre du gouvernement nazi du Reich– aient eu une quelconque influence sur cette décision», souligne Eberhard Leicht.
Les recherches d'archives ont également montré que les ratons laveurs avaient été relâchés avant la signature qui devait valider la demande. Les bestioles ont été libérées à environ 50 kilomètres de la ville de Cassel, au nord de Francfort. Celle-ci est désormais surnommée la «capitale européenne du raton laveur». Près de 30.000 spécimens vivraient dans cette zone urbaine aux 200.000 habitants.
Les ratons laveurs allemands ont depuis largement franchi les frontières. L'analyse ADN a montré qu'ils vivent désormais dans les pays voisins, notamment aux Pays-Bas et en Suisse. Certains se sont déplacés jusqu'en Suède, en Espagne ou en Grèce. En Europe, l'espèce a augmenté de 300% entre 1990 et 2018. Alain Frantz, conservateur en zoologie au Musée d'histoire naturelle du Luxembourg, a voulu prouver que l'effectif actuel ne venait pas uniquement des deux couples relâchés en 1934.
Le chercheur a analysé l'ADN de plus de 400 ratons laveurs germaniques. Ceux-ci présentaient des gènes distincts, ce qui signifie qu'ils ne proviennent pas du même couple. Plusieurs explications sont avancées, comme la fuite de plusieurs spécimens d'un zoo italien dans les années 2000. «D'une manière générale, ils sont plutôt doués pour s'échapper», reconnaît Alain Frantz. Le mystère n'est néanmoins pas encore entièrement élucidé.





























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