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De nombreux dossiers qui touchent les droits des Autochtones sont présents dans l’actualité britanno-colombienne depuis quelques mois, notamment en ce qui a trait à la Loi sur la déclaration sur les droits des peuples autochtones (DRIPA) ou à l'éventuel projet de pipeline entre l’Alberta et la côte ouest.
Les voix officielles des Premières Nations sont régulièrement entendues, mais certains chefs ne s’y retrouvent pas.
Les voix sollicitées par le gouvernement et les médias sont majoritairement celles du Conseil des leaders des Premières Nations de la Colombie-Britannique, qui inclut le représentant britanno-colombien de l’Assemblée des Premières Nations (BCAFN), le Sommet des Premières Nations (FNS) et l’Union des chefs de la Colombie-Britannique (UBCIC).

Le chef des Chawathil Aaron Pete n'a pas peur de partager ses opinions, même si elles peuvent varier de celles des porte-parole officiels des Premières Nations dans la province.
Photo : photo fournie par Aaron Pete
Lors de la récente conférence à Vancouver du Canada Strong and Free Network, qui réunissait le mouvement conservateur de la province, Aaron Pete, le chef des Chawathil dans la région de Hope, a exprimé le fait que toutes les voix ne sont pas représentées par les porte-parole officiels.
À mon avis, les communautés des Premières Nations doivent également commencer à communiquer directement avec le grand public, a-t-il indiqué. Je ne suis pas à l'aise avec le fait que l'UBCIC et le FNS s'expriment au nom de nous tous.
Ce jeune chef de 30 ans, diplômé de la faculté de droit Peter A. Allard de l'UBC, attire de plus en plus d’attention puisqu’il anime Nuanced, une baladoémission d'entrevues avec, entre autres, de nombreux politiciens de toute allégeance politique, dont le premier ministre David Eby, l’invité de l'épisode du 27 avril.
Il milite notamment en faveur de discussions franches, même si elles sont difficiles, où toutes les opinions peuvent être exprimées.
En entrevue avec Radio-Canada, il critique le fait que les voix plus officielles misent sur les luttes pour les droits et les titres ancestraux, alors que, selon lui, elles devraient mettre tous leurs efforts à aider les communautés qui sont les plus appauvries.
Il ajoute toutefois que les Premières Nations doivent également être tenues responsables de tous les fonds publics investis en ce sens. Est-ce qu’on cherche vraiment à s’attaquer à ces injustices, ou sommes-nous simplement en train de dépenser de l'argent de manière frivole? C’est une question valide, soutient le chef Pete, qui rappelle que les Premières Nations ne sont pas un groupe homogène.
Je n'ai pas l'impression que les personnes qui s'expriment le plus fort sur certains enjeux sont nécessairement toujours celles qui ont déjà fait leurs preuves sur le terrain, ou qui sont sincères dans leur démarche.
Ce dernier dénonce, par exemple, que les médias n’ont pratiquement pas parlé du fait qu’une vingtaine de Premières Nations, dont la sienne, ont signé une entente liée au projet d’expansion du pipeline de gaz naturel Sunrise, d'Enbridge.
Cela n'intéressait pas grand monde, car nous ne nous opposions pas au projet, affirme le chef. Il se dit, par ailleurs, en faveur des projets de développement économique, tant que les communautés directement affectées sont consultées sérieusement, qu'elles soient des Premières Nations ou non.
Lors de la conférence de Canada Strong and Free Network, le consultant en projets énergétiques, David Goldie, a aussi dénoncé le fait que les voix entendues sont majoritairement celles qui s’opposent aux projets. Il constate l’inverse dans ses consultations avec les Premières Nations.
Inévitablement, vous entendrez les voix de ceux qui s'y opposent et de ceux que les risques inquiètent. Et, bien sûr, ces voix existent, mais je peux vous dire qu'elles sont désormais surpassées en nombre par les Premières Nations qui souhaitent que ces projets aillent de l'avant, a-t-il indiqué.
Le défi de consulter 204 Premières Nations
Le porte-parole de l’opposition officielle en matière de Relations avec les Autochtones et de Réconciliation, Scott McInnis, admet que le travail de consultation est compliqué et ardu.

Le porte-parole de l'opposition officielle en matière de Relations avec les Autochtones et de Réconciliation, Scott McInnis, est fier de la relation qu'il a développée avec de nombreuses Premières Nations dans la province.
Photo : MIKE MCARTHUR/CBC
Et il est convaincu, grâce aux relations qu’il a développées avec les Premières Nations, que le Conseil des leaders des Premières Nations ne parle pas au nom des 204 communautés, notamment en ce qui a trait aux projets de développement des ressources naturelles.
J'aimerais voir une approche plus directe avec les détenteurs de droits individuels à travers la province. Cela permet d'obtenir cette perspective de terrain si importante, centrée sur les communautés et l'implication directe, par opposition à un gouvernement centralisé qui ne représente pas tout le monde.
Il voudrait aussi que les Britanno-Colombiens ne sous-estiment pas l’esprit entrepreneurial de nombreuses Premières Nations qui ont le désir de prospérité.
Il y a là une occasion immense, car, en fin de compte, il s'agit d'améliorer la qualité de vie afin de protéger la culture, le patrimoine et la langue auxquels les Premières Nations sont profondément attachées. Mais il s'agit aussi de bâtir une province meilleure pour tous les Britanno-Colombiens grâce à ces projets de développement des ressources.
Développer, mais pas à tout prix
Malcolm MacPherson est un avocat qui travaille avec des groupes autochtones à travers le Canada. Lui-même d'origine mi’kmac, il dit vouloir représenter le bien-être du client, des clients qui ont des positions variées, notamment par rapport aux projets de ressources naturelles.
Il constate que les Premières Nations se portent à la défense de l’environnement, même celles qui pourraient être en faveur du développement industriel.

L'avocat Malcolm MacPherson, qui travaille avec des groupes de Premières Nations, croit que, dans l'avenir, les Premières Nations vont avoir plus de contrôle sur les espaces commerciaux et des projets de développement.
Photo : Radio-Canada / Julie Landry
Ce n'est pas qu'ils disent non à toute industrie, mais il y a un gros coût. Alors, ils doivent mettre en balance l'impact de l'industrie avec les droits ancestraux, explique-t-il.
Beaucoup de nations veulent sortir de la pauvreté, mais elles ne veulent pas sortir de la pauvreté et s'engager dans l'économie à n'importe quel prix.
Le grand défi, selon lui, est de faire reconnaître le fait que les Autochtones ont des droits spéciaux, confirmés par les tribunaux, et de faire respecter ces droits, mais de faire tout ce processus dans un laps de temps qui ne fait pas fuir les investisseurs potentiels.
Il croit que la province doit partager plus de revenus avec les groupes autochtones et que les gouvernements devraient davantage laisser les entreprises s’entendre directement avec les groupes autochtones.
Pour le chef Aaron Pete, la solution passera par des discussions, même si elles doivent être difficiles. Face aux nombreux défis actuels, notre force réside dans l'unité plutôt que dans la division. Mon souhait est que nous restions concentrés sur cette volonté de dialogue.


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