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Des policiers ont tué un homme par balle en Nouvelle-Écosse, mardi matin.
La victime, dont le nom n’a pas encore été divulgué, est de la Première Nation mi’kmaw de Sipekne’katik.
Il a été tué par balles par un ou plusieurs membres de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) sur la route 236, près de l’intersection de la route 202, à Clarksville.
Des membres de la GRC des détachements de Sipekne’katik et du comté d’East Hants avaient été appelés peu après 8 h 30, mardi, sur la rue Church, à Sipekne’katik.
Des personnes dans une résidence avaient été menacées par un individu en possession d’une arme à feu, et qui avait pris la fuite dans une Honda Civic, écrit la GRC dans un communiqué, mardi.
Les policiers ont repéré le véhicule sur la route Indian. D’après la police, il circulait à grande vitesse.
Une poursuite s’est engagée. Pour ralentir la voiture, un tapis à clous a été déployé, ce qui a permis de faire dégonfler les pneus.
Des options non létales ont été tentées et de multiples coups de feu ont été tirés par les policiers, a affirmé mardi l’Équipe d’intervention en cas d’incidents graves (SiRT) de la Nouvelle-Écosse, dans un communiqué, mardi.
Des policiers ainsi que des ambulanciers paramédicaux [...] ont tenté de ranimer l’homme. Le décès de celui-ci a été constaté sur les lieux, ajoute-t-on.
Mardi, la GRC avait au départ annoncé que l’homme était en détention et recevait des soins.
Pendant la recherche de l’individu, des alertes ont été diffusées sur les téléphones cellulaires des citoyens se trouvant dans le secteur de l’intervention.
Enquête indépendante lancée
L’Équipe d’intervention en cas d’incidents graves, considérée comme la police des polices, a déclenché une enquête sur ces événements.
Sous la direction et le contrôle d’une personne civile indépendante, cette agence a pour mandat d’enquêter sur les affaires de décès, blessures graves, agression sexuelle, violence entre partenaires intimes ou autres affaires d’intérêt public pouvant découler des actes de policiers, en service ou non, en Nouvelle-Écosse et au Nouveau-Brunswick.
En entrevue mercredi au Téléjournal Acadie, Pierre-Yves Bourduas, ancien sous-commissaire de la GRC, a commenté le travail de la police dans cette affaire.
Les policiers on tenté selon, encore une fois, les règles de l'art en ce qui a trait à ce type d'intervention là, [d']utiliser une arme pour non pas pour tuer, mais immobiliser l'individu. Malheureusement, ça n'a pas fonctionné et les policiers ont été obligés de ni plus ni moins utiliser une arme, avec des résultats tragiques pour l'individu en question, a déclaré M. Borduas.

Pierre-Yves Borduas en entrevue, mercredi
Photo : Radio-Canada
Évidemment, les policiers sont formés en fonction non de la nationalité ou de la race de l'individu qu'ils doivent gérer, mais plutôt la formation ni plus ni moins regarde les circonstances. Et dans le fait qui est présentement à l'étude par les enquêtes internes, il est certain que l'individu a proféré des menaces à l'endroit de certaines personnes sur le territoire des Premières Nations, a-t-il poursuivi.
Il est certain que les policiers, lorsqu'ils gèrent des situations dans le cadre des Premières Nations, tiennent compte, évidemment, du contexte culturel. Et dans ce contexte-là, bien, il est certain que les policiers en question lorsqu'ils interviennent veulent justement éviter que le public en général en vienne aux conclusions que, lorsqu'on gère des situations avec les Premières Nations, il y a mort de personnes, dit-il.
De 2000 à 2024, 17 % des Canadiens tués par un policier étaient des Autochtones.
Les policiers ont tué 72 personnes en 2024 au Canada. Les Autochtones représentent environ 5 % de la population canadienne, mais 26 % des personnes tuées par un policier cette année-là.
Dans ce contexte-là, on ne peut pas parler de surreprésentation [des Autochtones parmi les personnes tuées par la police] et, à mon avis à moi, il s'agit simplement d'une tragédie, et les policiers ont tout fait pour, justement, éviter que l'individu soit ni plus ni moins neutralisé de façon à ce que mort s'ensuive, a affirmé Pierre-Yves Borduas au sujet de l’incident de mardi.
Avec des renseignements de Karine Godin et Agathe Boucart


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