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Les petits villages de Charlevoix veulent se faire entendre dans la campagne

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À l’approche des élections du 5 octobre, les maires de quatre petites municipalités de Charlevoix veulent faire entendre leurs préoccupations, allant du traitement des eaux usées à la lourdeur administrative du gouvernement.

À l’extrémité est de la circonscription de Charlevoix–Côte-de-Beaupré, Baie-Sainte-Catherine compose avec une réalité bien différente de celle des municipalités situées plus près de Québec.

Le centre du village de Baie-Sainte-Catherine.

Le village de Baie-Sainte-Catherine compte moins de 200 citoyens.

Photo : Gracieuseté / Municipalité de Baie-Sainte-Catherine

Le maire Donald Kenny affirme que, jusqu’à maintenant dans la campagne, les deux dernières députées lui ont rendu visite, soit Kariane Bourassa et Caroline Simard. Il ne s'attend toutefois pas à voir les autres candidats.

Boischatel a beaucoup plus de chances de voir un candidat que Baie-Sainte-Catherine.

Comme plusieurs municipalités au Québec, il souhaite l’implantation d’une station de traitement des eaux usées. Le projet est maintenant évalué à 16 millions de dollars. Même si Québec doit assumer 95 % de la facture, le maire estime que la portion restante serait trop lourde à supporter pour les quelque 140 utilisateurs du réseau d'aqueduc.

Le maire est debout devant la première chapelle du village.

Le maire de Baie-Sainte-Catherine, Donald Kenny, ajoute qu’un candidat n’aurait qu’à venir passer deux heures à la Coop alimentaire pour rencontrer pratiquement tout le village. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Benoit Jobin

Pour le moment, les eaux usées sont rejetées directement dans le fleuve Saint-Laurent, tout près du parc marin du Saguenay–Saint-Laurent, une situation qui a assez duré selon le maire Kenny.

Il souhaite également que le projet de parc national de la Côte-de-Charlevoix, piloté par la Sépaq, voit finalement le jour pour dynamiser davantage le tourisme dans son secteur.

À propos des délais avec le gouvernement du Québec, Donald Kenny affirme que la lenteur, ça nous tue, les petites régions éloignées.

Baie-Sainte-Catherine avait par ailleurs étudié la possibilité de fusionner avec Saint-Siméon avant de mettre fin à la démarche en 2025.

Derrière la carte postale, des défis à Saint-Irénée

Comme Baie-Sainte-Catherine, Saint-Irénée profite d’un emplacement privilégié en bordure du Saint-Laurent, mais son décor touristique ne l'empêche pas de connaître certains défis.

Les montagnes de Saint-Irénée devant le fleuve.

La municipalité est aux prises avec un défi important concernant le traitement de ses eaux usées.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Audet

Pour le maire Michel Gauthier, ce n’est pas tant la construction de la nouvelle installation de traitement des eaux usées qui l’inquiète, alors que Québec doit financer 95 % du projet évalué à environ 11 millions de dollars. Ce sont plutôt les coûts d’exploitation qui le préoccupent.

Le maire les évalue à environ 250 000 $ par année, une facture récurrente pour une municipalité où 240 contribuables seraient raccordés au réseau. Là aussi, une grande partie des eaux usées sont rejetées dans le fleuve.

Saint-Irénée est en quelque sorte victime de ses magnifiques montagnes et de son relief qui complique la couverture cellulaire. Elle demeure déficiente dans plusieurs secteurs de la municipalité. Michel Gauthier se souvient pourtant d’un service nettement meilleur il y a quelques années.

Le maire devant le fleuve Saint-Laurent.

La Municipalité de Saint-Irénée a envoyé une résolution du conseil adressée aux entreprises qui possèdent les infrastructures cellulaires.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Audet

Avec les investissements lors du sommet du G7 à La Malbaie en 2018, on avait du cellulaire partout mais, là, on dirait qu'ils ont diminué l'intensité. Chez moi, je ne peux pas me servir de mon téléphone en plein centre du village, affirme le maire Gauthier.

Les Éboulements en pleine croissance

Quelques kilomètres plus loin, sur la route 362, Les Éboulements font face à des problèmes similaires malgré une réalité démographique bien différente.

Selon le maire Emmanuel Deschênes, la municipalité est en croissance. Sa population, qui comptait 1330 habitants au recensement de 2016, dépasse aujourd'hui les 1600 habitants.

L’école accueille maintenant plus d’une centaine d'élèves et les transactions immobilières se sont multipliées. Cette vitalité vient toutefois avec ses défis. Elle doit notamment composer, elle aussi, avec un important projet de mise aux normes de ses installations de traitement des eaux usées.

Le centre du village des Éboulements.

La croissance de la population des Éboulements apporte plusieurs défis pour la municipalité.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Audet

À Saint-Joseph-de-la-Rive, qui fait partie des Éboulements, le projet ne concerne que 138 contribuables raccordés au réseau. La Municipalité privilégie une solution plus coûteuse et le maire souhaite que Québec accepte de la financer à 95 % plutôt que de baser son aide sur le projet moins coûteux, qui soulève de l’opposition dans le secteur.

Le réseau cellulaire demeure également un irritant aux Éboulements, particulièrement l’été, alors que l’afflux de touristes sur la route 362 vient engorger le réseau mobile déjà fragile. Il faudrait quasiment téléphoner la nuit, ironise le maire.

Petite-Rivière freinée par la bureaucratie

À Petite-Rivière-Saint-François, qui a reçu la visite de deux candidates, c’est plutôt la lourdeur administrative gouvernementale qui exaspère le maire Serge Bilodeau, notamment pour obtenir de l'aide financière. C’est d’une lourdeur d’enfer, déplore-t-il.

La Municipalité attend depuis près d’un an une réponse à sa demande de subvention pour moderniser son bureau municipal. Le maire dénonce également la multiplication des démarches dans son projet de logement abordable, qui contribue, selon lui, à faire grimper la facture.

Le maire devant l'hôtel de ville.

Le maire a rencontré la candidate caquiste Kariane Bourassa et la candidate solidaire Dulce Vivar.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Audet

Son autre priorité est la diversification économique. Malgré l’importance du tourisme, il souhaite attirer de nouvelles entreprises, notamment industrielles. La Municipalité a déjà repéré des terrains et entend miser sur sa proximité avec Québec pour attirer des investisseurs.

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