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Les partis politiques divisés sur le sort du bureau québécois à Tel-Aviv

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Le sort du bureau québécois à Tel-Aviv, en Israël, s’est invité dans un débat électoral à saveur internationale où des consensus ont toutefois émergé quant aux priorités du Parti québécois (PQ), du Parti libéral du Québec (PLQ), de la Coalition avenir Québec (CAQ) et de Québec solidaire (QS) en ce qui concerne les nouvelles réalités à l’échelle mondiale.

Le ministre sortant des Relations internationales et de la Francophonie, et candidat pour la CAQ, Christopher Skeete, le candidat péquiste Stéphane Paquet, la candidate libérale Madeleine Féquière, et la candidate solidaire Roxane Milot ont débattu lundi dans le cadre de l’initiative Le monde dans l’urne du Conseil des relations internationales de Montréal (CORIM), en partenariat avec Le Devoir. Le Parti conservateur du Québec a pour sa part refusé l’invitation au débat.

Les représentants des quatre partis politiques ont ainsi tous affirmé vouloir diversifier davantage les relations commerciales du Québec tout en ouvrant plus la porte au commerce avec le reste du Canada, en raison du conflit commercial avec les États-Unis.

Augmenter le réseau de représentation du Québec à l’étranger a aussi fait l’unanimité, mais il est impossible d’en dire autant quant à la survie de la mission québécoise à Tel-Aviv, dans le contexte du conflit à Gaza.

D’un côté, QS souhaite sa fermeture, car « un gouvernement [solidaire] n’investirait pas de ressources dans un pays qui brime des droits humains, a affirmé Roxane Milot. Nous pensons qu’une mission peut être située dans un pays proche, mais pas nécessairement dans un pays impliqué dans un génocide. »

De l’autre côté, la CAQ et le PLQ veulent garder le bureau ouvert afin de ne pas fermer de portes. « C’est plus important que jamais dans [le] monde dans lequel on vit, de garder les canaux de communication ouverts, a dit Christopher Skeete. Et lorsqu’on ferme un bureau, c’est un geste politique qui aura un signal de fermeture et de rupture. »

« Comme on dit souvent, si on n’est pas [à la table], on est sur le menu », a renchéri Madeleine Féquière.

Stéphane Paquet a pour sa part rappelé la position péquiste : le bureau doit continuer d’exister, mais ses activités seraient suspendues tant que le conflit à Gaza n’est pas réglé. Une position qui a rapidement été critiquée par M. Skeete, ce dernier la décrivant comme une « fermeture, parce qu’il y a toujours eu des conflits dans cette région-là ».

En entrevue après le débat, M. Paquet s’est mal expliqué cette pique : « [Il] a parlé de l’ensemble du Moyen-Orient ; moi, je parlais de la situation spécifiquement en Israël. »

Augmenter les investissements en défense ?

En toile de fond de la discussion, animée par le directeur du Devoir, Brian Myles, se trouvait un sondage réalisé par la firme Léger avec l’agence de communication TACT. Ce dernier révélait notamment que 37 % des répondants souhaitent que le Québec maintienne ses investissements dans l’industrie de la défense, tandis que 27 % d’entre eux préfèrent une augmentation et 11 %, une réduction. À noter que 22 % des électeurs sondés ont répondu « je ne sais pas » et que 4 % ont répondu vouloir la fin de ces investissements.

Sur ce point, Christopher Skeete, Stéphane Paquet et Madeleine Féquière prévoient tous prioriser l’augmentation des investissements en défense si leur parti respectif est porté au pouvoir.

À contre-courant, Roxane Milot a soutenu que, pour QS, « les investissements qui étaient déjà en place par le ministère de la Défense canadienne étaient suffisants » et que du réinvestissement « vers d’autres choses […] qui seraient plus appropriées à la défense du Canada » est possible.

« À travers l’histoire, on a vu que ça ne nous a jamais vraiment bien servis dans les moments d’incertitude de se retourner vers les armes. »

Consensus sur la découvrabilité

Sur la question de la place de la culture québécoise à l’ère du numérique, les quatre représentants ont tous confirmé vouloir miser sur une meilleure découvrabilité des contenus d’ici, position rejoignant celle des répondants au sondage Léger.

Mais, à l’inverse de la CAQ, les candidats du PQ, de QS et du PLQ ont aussi tous indiqué vouloir taxer davantage les grandes entreprises technologiques (GAFAM) pour protéger la culture québécoise.

Un gouvernement caquiste miserait plutôt sur des alliances avec d’autres acteurs, comme l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) pour « résister à la puissance des GAFAM », a expliqué M. Skeete.

Le PLQ désapprouve pour sa part la récente décision d’Ottawa de renoncer à taxer davantage les grandes plateformes numériques, a soutenu Mme Féquière. « Je suis surprise d’être d’accord avec le Parti libéral là-dessus », a ensuite lancé Mme Milot.

Si accroître la découvrabilité est la priorité du PQ dans ce dossier, M. Paquet a noté que les autres avenues, dont l’augmentation de la promotion et la taxation accrue des GAFAM, figurent dans le plan péquiste. « La culture, c’est sur les plateformes. Ce n’est pas, par contre, que sur les plateformes. »

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