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Comme c’est généralement le cas, la plupart des titulaires des ministères clés du nouveau gouvernement avaient été identifiés avant que Paul St-Pierre Plamondon en fasse officiellement l’annonce. Il n’y avait cependant eu aucune fuite concernant celui ou celle qui serait ministre responsable de la préparation du référendum.
Peu de gens auraient parié sur Catherine Gentilcore, qui, à titre de leader parlementaire, de ministre de l’Immigration et de vice-première ministre, devient indéniablement la numéro deux du gouvernement. Ceux qui croyaient (ou espéraient) que la marche vers l’indépendance serait mise sur pause risquent de déchanter. La députée de Terrebonne n’est pas du genre à faire les choses à moitié.
Le nouveau premier ministre en a même fait une interlocutrice privilégiée du gouvernement fédéral en lui donnant le mandat de faire en sorte que le Québec soit « à la table et non pas au menu » dans les négociations commerciales avec les États-Unis, qui constituent présentement, avec l’immigration, le principal point d’achoppement avec Ottawa.
La nouvelle ministre officiellement responsable des Relations intergouvernementales canadiennes, Marie-Claude Sarrazin, qui portera de multiples chapeaux, dont la Justice, ne sera sans doute pas mécontente de partager les sujets de récriminations avec sa collègue.
Reformuler le discours péquiste sur l’immigration pour convaincre les nouveaux arrivants des mérites du projet indépendantiste, tout en abaissant substantiellement les seuils, exigera aussi de Mme Gentilcore une certaine habileté dialectique. Peut-être la ministre chargée de bâtir une nouvelle coalition du Oui saura-t-elle aussi réduire l’écart de 10 points entre l’appui que les hommes et les femmes accordent à l’indépendance.
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Il n’y a pas eu de surprise en ce qui concerne le trio économique. Nicolas Marceau et Stéphane Paquet étaient pratiquement assurés d’hériter des Finances et de l’Économie. Dans le contexte actuel, rétablir l’équilibre budgétaire tout en soutenant une économie mise à mal par la guerre commerciale ne sera pas une mince affaire.
On ne manquera pas de rappeler au nouveau président du Conseil du trésor, Alain Therrien, qui a reçu le mandat de mettre l’État au régime, ce qu’il disait jadis de la cure minceur que lui avait imposée son prédécesseur dans le gouvernement Couillard, Martin Coiteux. « À la seconde où on coupe dans… probablement la meilleure fonction publique au Canada, on va faire en sorte d’avoir un impact [négatif] sur les services offerts à la population. C’est automatique. »
Jusqu’à ce que le ciel lui tombe sur la tête durant les négociations avec les médecins, le succès de l’ex-ministre de la Santé, Christian Dubé, durant les années qui ont suivi la pandémie a tenu moins à ses talents d’administrateur que de communicateur. Même si rien ne semblait s’améliorer dans le réseau de la santé, il donnait l’impression de savoir où il allait.
La nouvelle ministre, Marie-Karlynn Laflamme, dont la nomination en a surpris plusieurs, a consacré 20 ans de vie à la gestion des communications. Cette expérience lui sera certainement utile pour expliquer à la population pourquoi il faut encore chambarder le réseau à peine deux ans après que Santé Québec eut démarré ses activités.
Le milieu culturel pourrait difficilement trouver un meilleur porte-parole que Pascal Bérubé à la table du Conseil des ministres. Personne ne peut douter de son engagement envers le français. Dans la nouvelle réalité du monde numérique, le mandat le plus difficile qui lui a été confié sera peut-être de convaincre la jeune génération de faire sienne la « différence québécoise ».
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Un nouveau premier ministre présente toujours une liste impressionnante de priorités et de réformes à entreprendre. La tentation qui guette un gouvernement minoritaire, dont le temps est compté, est de précipiter les choses afin d’accomplir le plus possible le plus vite possible.
Chaque ministre se sent habité par un sentiment d’urgence, d’autant plus que les gouvernements sortants, c’est bien connu, ont la fâcheuse habitude de laisser derrière eux un champ de ruines. M. St-Pierre Plamondon a lui-même donné l’exemple en convoquant une réunion de son nouveau cabinet quelques heures après sa formation pour faire débloquer des fonds d’urgence pour la lutte contre l’itinérance, dont il s’est réservé la responsabilité.
En rétrospective, Pauline Marois avait dit regretter d’avoir « mis en avant trop de projets importants en même temps, sans avoir le temps de les expliquer, d’en faire la promotion ». Il en a résulté une impression de confusion qui avait indisposé la population et ne s’était jamais dissipée complètement.
Élu avec à peine 32 000 voix de plus que les libéraux en septembre 2012, son gouvernement n’avait pas eu droit à une lune de miel. L’écart a été un peu plus grand (162 000 voix) le 5 octobre dernier, mais celle de Paul St-Pierre Plamondon risque d’être à peine plus longue.
Il y a toujours un risque à courir deux lièvres. Déjà, le chef libéral, Charles Milliard, lui reproche la nomination d’une ministre qui consacrera temps et argent à la préparation du référendum. La nouvelle équipe au pouvoir a certainement les qualités requises pour offrir un « bon gouvernement », mais ce ne sera clairement pas sa seule préoccupation.


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