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Les océans pourraient capter bien plus de CO₂… s’il ne manquait pas cet élément crucial

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Il y a environ 20 000 ans, le dernier âge glaciaire a été marqué par une hausse soudaine de la salinité dans les océans, et cela pendant environ 4 000 ans. Cette haute teneur en sel a directement influencé la circulation du dioxyde de carbone (CO2), et par conséquent les températures. Le CO2 est un gaz à effet de serre à fort pouvoir réchauffant, toute variation de ce gaz influence donc le climat.

« Les chercheurs supposent depuis longtemps que les niveaux de salinité des grands fonds océaniques ont un effet sur la concentration de dioxyde de carbone atmosphérique au cours des cycles glaciaires. Notre article le prouve », explique Elisabeth Sikes au site Phys, l'un des auteurs de l'étude publiée dans Nature Geoscience.

Pour comprendre ce processus, les chercheurs ont étudié la composition de fossiles marins et ils ont reconstitué la température et la salinité de ces eaux durant la dernière déglaciation.

Le sel de l'océan a un impact direct sur le climat. © Anastasia, Adobe Stock

Le sel empêche le carbone de ressortir de l'océan

La majorité du carbone capturé par les océans est absorbée par les organismes marins à la surface de l'océan pendant leur photosynthèse : les algues et le plancton principalement. Lorsque ces êtres vivants meurent, ils tombent au fond de l'océan et relâchent le carbone dans les eaux profondes.

C'est là qu'intervient le sel, et son rôle est primordial : le sel forme des « barrières » entre chaque couche de l'océan. Ces couches sont principalement liées aux différentes températures présentes, mais rien n'empêche les eaux, les gaz et les éléments organiques de se mélanger, si ce n'est le sel. Ces barrières de sel empêchent le carbone de remonter à la surface, et ensuite dans l'atmosphère, il est donc piégé. 

Les chercheurs ont découvert qu'à la fin du dernier âge de glace, le carbone était bien mieux séquestré que de nos jours. C'est une grande masse de sel, que l'on pourrait appeler « blob de sel », qui a permis au carbone de rester au fond des océans. Ce blob était localisé dans l'océan Austral et il est resté en place pendant plusieurs milliers d'années au moment où le dernier âge de glace a atteint son pic d'intensité. Pourquoi l'océan Austral ? Car ses eaux sont très profondes, lui permettant d'avoir de nombreuses couches successives.

Le sel empêche le carbone séquestré de remonter à la surface. © Dudarev Mikhail, Fotolia

De nos jours, le blob de sel changerait notre climat 

De nos jours, ce blob de sel n'est plus présent. Qu'est-il devenu après la fin de l'âge glaciaire ? C'est encore un mystère. Si ce sel était encore en place, il nous permettrait de séquestrer bien plus de carbone que ce que l'océan réalise actuellement : cela atténuerait davantage le réchauffement climatique, et notre climat actuel serait donc bien différent.

Actuellement, la fonte des glaces rend les océans moins salés : en fondant, les glaciers des pôles rejettent d'importantes quantités d'eau douce dans l'océan. Une nouvelle preuve que l'océan a toujours été le principal régulateur du climat mondial, et que le moindre changement dans sa composition influence fortement le climat.

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