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Jacques Thorin, Philippe Lemoine et moi-même dans les studios de la radio RCF, pour l’émission « Rue des Arts » de Marie-Andrée Balbastre.J’ai retrouvé plus de 360 photos de l’événement poétique que j’avais organisé en France le 14 octobre 2006. Je croyais que ces photos avaient été perdues au fil des années, mais elles étaient enfouies dans l’un de mes anciens sites internet oubliés. J’ai aussi retrouvé des dizaines d’articles de presse liés aux auteurs des éditions Mille-Poètes, une maison d’édition que j’avais fondée en 2005. J’ai donc téléversé ces articles de presse dans Google Photos pour bien les mettre à l’abri.
Il y a très exactement 20 ans, j’avais organisé une rencontre avec une vingtaine de poètes et d’auteurs dans la cité médiévale de Carcassonne pour « une journée mémorable de poésie, de déclamation et de convivialité ». Ce jour-là, les poètes s’étaient déplacés des quatre horizons de la France pour se réunir en ce lieu emblématique : Adjel Hamida, Brigitte Willigens, Andréa et Elisa Noël, Pascale Bataille, Léo Vernay, Cathy Raynal, Christiane Kuhk, Claudéa Vossbeck L’Hoëst, Jacques Thorin, Sébastien Lhéritier, Pierre et Jessica Pellegrini, Jenny Marty, Philippe Lemoine, Marie-Pierre Demon, Michel Larroche, Nathalie Racine, Daniel Lenoir et Liza Lo Bartolo Bardin. Amel Hamdi Smaoui avait même fait le déplacement de la Tunisie pour lire ses Haïkus.
Pour ma part, j’avais rassemblé tous ces gens à partir de Montréal. Je pris l’avion le 9 octobre pour atterrir à Toulouse, la Ville Rose, capitale des comtes protecteurs des libertés méditerranéennes. Nous nous étions tous rassemblés à l’Auberge de Jeunesse de Carcassonne pour réciter notre poésie.
Je suis absolument certain que les artistes et les auteurs qui ont participé à cette rencontre en ont conservé un merveilleux souvenir. Peu de temps après, nous avions publié un ouvrage de 76 pages intitulé « Les Mille Poètes à Carcassonne », qui inclut les textes de plusieurs des participants, ainsi que des photos en couleur de cet événement poétique. Cet ouvrage toujours disponible chez Amazon.
Malheureusement, par maque de loyauté et par malhonnêteté intellectuelle, Philippe Lemoine m’avait volé le nom « Mille-Poètes » et avait créé l’association « Mille-Poètes en Méditerranée » dès l’année suivante, alors que j’avais moi-même signé les statuts de l’Association Mille Poètes avec Sébastien Lhéritier lors de notre événement. Lemoine était allé jusqu’à usurper le nom « éditions Mille Poètes ». Or, au lieu de me battre contre ce genre d’idiots, ce retournement me décida à fermer les Éditions Mille Poètes et à repartir de zéro en fondant plus tard les Éditions Dédicaces.
Je partage ci-dessous le récit de cet événement poétique mémorable, tel que je l’avais raconté dans l’album souvenir « Les Mille Poètes à Carcassonne ». Je vous souhaite une bonne lecture.◾
➽ Souvenirs en guise d’introduction
➦ Un récit de Guy Boulianne publié en 2006
Lundi 9 octobre 2006
Lundi 9 octobre, vers 20h00, je passe les douanes afin d’accéder à l’avion qui me transportera vers le pays de mes ancêtres. Tel du bétail amené vers l’abattoir, la matrone hurle vers nous — les touristes — pour que nous avancions plus rapidement dans le corridor étroit. Sommes-nous toujours sur une terre de liberté ou bien sur une terre occupée ? Je me le demande toujours …
« Avancez, avancez ! » crie la matrone. « Avancez ! » … Arrivé vers les douaniers on me demande de retirer mes souliers comme un vulgaire criminel. Nous vivons dans un état assiégé, sous le dictat des Américains, nos voisins. Prenons garde … le danger est à nos portes !
Passé ce cordon de sécurité je commence à nouveau à respirer. Je sais que dans quelques instants je me retrouverai entre ciel et terre. La traversée en avion se déroule très bien. Le service du personnel de bord est impeccable. Après 6.5 heures de vol — délai prévu — J’atterris enfin à Toulouse, la Ville Rose, capitale des comtes protecteurs des libertés méditerranéennes. Le symbole reprend vie. Comment les Mille Poètes auraient-ils pu choisir un meilleur endroit pour se réunir ? Cette région où — il y a 800 ans — les peuples se côtoyaient dans la plus grande tolérance et où le commerce florissant entre l’Orient et l’Occident faisait des jaloux dans le royaume de France.
Arrivé à Toulouse, je n’attends que dix minutes avant de voir poindre le chevalier sur son destrier, j’ai bien nommé notre ami Philippe Lemoine ! Nous nous reconnaissons sur le champ. Comment en aurait-il été autrement ?! Nous prenons donc la route ensemble vers la Cité de Carcassonne. Après nous être assurés que tout était correct à l’Auberge de Jeunesse nous prenons notre déjeuner un peu plus loin sur une terrasse. Nous sortons de table vers 16h00.
Nous reprenons la route vers Fleury d’Aude mais non sans avoir fait un détour vers la frontière espagnole afin d’acheter des cigarettes pour Philippe. Nous faisons une nouvelle pause à Narbonne pour prendre un autre repas léger et encore discuter de poésie et de projets artistiques.
Arrivés à Fleury d’Aude nous sommes gentiment accueillis par l’épouse de Philippe, Christine. J’ai découvert une femme pleine de talent. J’ai visité son petit atelier où on y retrouve broderies, dessins, peintures et autres objets d’art de son propre cru. Je ne peux m’empêcher de l’encourager dans cette voie créatrice qui pourra certainement la conduire vers l’épanouissement de son fort potentiel.
Nous avons discuté de choses et d’autres jusqu’au début de la nuit. Après quoi nous décidons d’aller dormir afin d’entreprendre notre seconde journée vers le pays de Liza Bardin. Cela fait au moins 18 heures que je n’ai pas fermé l’oeil. Je suis épuisé !

Mercredi 11 octobre 2006
Le lendemain nous nous trouvons encore une fois sur la route pour un long trajet qui nous conduit vers notre chère amie Liza Bardin. Nous traversons la région de mes ancêtres, la Drôme, en passant tout près de Bollène qu’on nommait autrefois Bollanicis. Arrivés dans les Hautes Alpes nous sommes accueillis par le mari de Liza, Raymond.
Un journaliste du Dauphiné Libéré, Jean Pierre Petit, nous y attend. Nous discutons durant au moins une heure. Cette entrevue est plutôt improvisée puisque le journaliste nous précise en début de rencontre qu’il n’a rien de particulier à nous dire. Cette rencontre s’avère des plus amicales. Des photos sont prises et une relation durable est entamée puisque ce journaliste est lui-même auteur de polars.
Quelle joie pour Philippe et moi de rencontrer notre amie Liza ! J’ai bien reconnu la femme que nous connaissons tous : une femme joyeuse portant en elle le souffle de vie. Toujours souriante et généreuse. Gentille, amicale et avenante. Ne pouvant se déplacer à Carcassonne pour notre événement poétique, elle me remet un enregistrement sur CD que nous ferons entendre au public en introduction de notre rencontre dans la Cité des Trencavel.
Nous passons à table afin de déguster une bonne raclette du pays. La discussion est des plus passionnantes. Nous parlons bien sûr de poésie et des Mille Poètes. Mais un autre sujet de discussion nous enflamme : le Saint Graal, le trésor caché qui sera peut-être redécouvert un jour. Nous avons aussi parlé d’un personnage oublié mais qui exista réellement au IXe siècle : Ursus. Vicomte de Nîmes et seigneur de Bollène [vicomte de Nîmes], celui-ci participa à une période charnière mais oubliée de l’histoire de France.
Bien plus tard, dans la nuit, Philippe reprend la route pour aller dormir dans un petit hôtel sur Embrun tandis que je reste dormir chez Liza. Nous nous donnons rendez-vous chez nos hôtes le lendemain matin pour le petit déjeuner. Après quoi nous reprenons la route vers la terre des Cathares.
Guy Boulianne en compagnie de Liza Lo Bartolo Bardin et de son époux Raymond lors d’un copieux repas.Jeudi 12 octobre 2006
Que dire de la gentillesse de Philippe Lemoine qui m’emmène en voiture chez mes amis, dans le petit village perdu de Granès, à 50 Km au sud de Carcassonne ?! Nous arrivons en début de soirée, à la tombée de la nuit ! Nous sommes jeudi soir.
Philippe Lemoine m’amène directement au domicile d’un autre Philippe et de son épouse Chantal… Je parle ici de Philippe Bâcle, le co-fondateur du Conseil Franco-Québécois de la Culture, association que j’avais créée en France il y a quelques années.
Je suis encore une fois très bien accueilli. Je passe la nuit chez cet ami Philippe et le lendemain j’en profite pour aller l’aider à faire des fagots de bois dans la forêt, tout près de Campagne-sur-Aude. Evidemment j’ai la chance de revoir quelques amis dont le propriétaire du Café l’Occitan, Alain, et Bernard, archéologue et historien.
Après avoir passé une seconde nuit chez Philippe ce dernier me ramène en voiture à Carcassonne et m’accompagne jusque dans la Cité.



Samedi 14 octobre 2006
C’est alors que j’aperçois mes amis poètes ! Daniel Lenoir, Jacques Thorin et leurs épouses. Le contact est des plus faciles ! Les autres auteurs suivent : Carole Lilin, Marie-Pierre Demon, Pierre Pellegrini, Sébastien Lhéritier …. Il était 9h30 du matin la magie prend place.
Après nous être installés dans la « salle de récital » et avoir apposé nos livres sur la table de présentation, nous décidons d’aller déjeuner sur la Place Centrale de la Cité. Nous nous sentons comme des rois et des reines. Nous prenons toute la place. Comme l’écrit si bien notre ami Pierre Pellegrini :
« J’y pense ! Nous sommes quand même les seuls à avoir réussi à prendre cette cité contre les murs de laquelle des armées entières se sont cassé les dents ! »
Après nous être repus de bon vin et de bonne chaire, nous partons en direction de notre rendez-vous ultime : notre récital de poésie. Ici les photos parlent d’elles-mêmes !
Nous vivons tous ensemble une journée extraordinaire. Chacun et chacune déclame sa poésie avec son cœur et ses sentiments propres. Tout le monde semble heureux. Je crois personnellement que nous assistons là à une journée historique, d’autant que nous en profitons pour signer les statuts de la prochaine Association Mille Poètes qui nous aidera à promouvoir les auteurs et leurs œuvres, et à donner de l’expansion « exponentielle » à la mission des Mille Poètes.
Après le récital nous nous réunissons dans la salle de banquet où nous goûtons au repas « hum comment dire ? Très moyenâgeux avec des tranches de pain en guise d’assiettes » (dixit Poète Noir). Le père de Sébastien nous offre trois ou quatre bouteilles de vin. Les poètes continuent à déclamer leurs vers tandis que je prends la parole à quelques reprises… entre autres pour souhaiter un joyeux anniversaire à notre ami Sébastien.
Oh mais ce n’est pas terminé. Ce serait peu connaître les poètes que de penser le contraire. La soirée se poursuit dans une superbe cour, au sein même de la Cité Médiévale : Le Bar à Vins.
Entre deux tournées de bière et de boissons diverses, les poètes continuent à déclamer. Et c’est ici que prend tout le sens du mot « poète ». Nous vivons à fond notre rôle de trouvères. Nous assistons à la renaissance des troubadours en ce lieu symbolique par excellence. Les comtes de Toulouse et de Carcassonne peuvent être fiers de nous ! Les artistes montent sur les chaises et même montent sur les tables. Nous provoquons de nouvelles vocations. Nous provoquons des pleurs. Nous provoquons l’amour. En ce monde de violence et de paranoïa généralisée nous prouvons que la magie existe toujours et qu’elle a toujours sa place parmi nous !
MAGIE MAGIE QUAND TU NOUS TIENS !
Après cette soirée mémorable l’amour continue à faire son chemin au sein des murailles de Carcassonne. La princesse de son baiser a réveillé le prince endormi. C’est ainsi que débutent les contes de fées …

Dimanche 15 octobre 2006
Le lendemain rendez-vous pour le petit-déjeuner. Presque tout le monde quitte Carcassonne. Je reste sur place avec Christiane Kuhk, Jacques Thorin et son épouse. Nous visitons la Cité et le château comtal. Nous buvons quelques bières. Nous parlons et discutons.
Après avoir mangé très rapidement un bon repas, nous accompagnons Christiane à la gare où elle reprend la route vers son Alsace. De mon côté je passe la nuit dans une belle chambre d’hôte qui ressemble plutôt à une suite royale !
Lundi 16 octobre 2006
Le lendemain nouveau rendez-vous au restaurant Le Trouvère. Jacques, son épouse et moi retrouvons Philippe Lemoine à la station de radio RCF où Marie-Andrée Balbastre nous attend pour une entrevue. Cette entrevue sera diffusée en quel- ques émissions au cours du mois de novembre.
Philippe Lemoine a de nouveau la gentillesse de me ramener à Fleury d’Aude où sa femme nous attend pour un bon repas familial avec son frère et son épouse espagnole. Nous mangeons du lapin arrosé de bon vin et de bière.
Par la suite, Philippe et son épouse m’emmènent voir la Méditerranée et visiter la ville de Béziers. Nous terminons la soirée au restaurant, et même au bar pour une dernière bière.
Après une nuit de repos bien méritée je reprends l’avion pour Montréal … ◾

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