Je me suis rendu deux fois à Chicago en l’espace de quelques mois. Entre mes visites, plusieurs gratte-ciel étaient sortis de terre. En Suisse, ce délai suffit à peine à prendre connaissance des oppositions. Quand on voyage, on s’étonne de constater qu’en matière de logement, un autre monde est possible.
On se pose alors la question suivante: pour que la situation s’améliore, faut-il plus ou moins de marché dans l’immobilier? En Suisse, le débat revient à chaque votation sur le logement. De plus en plus de partis et de villes rêvent de sortir le logement du marché. Ils veulent davantage contrôler les loyers, imposer des quotas de logements à loyer modéré, offrir des droits de préemption, soumettre certaines rénovations à autorisation. Certains souhaitent même durcir la «lex Koller» pour tenir à distance les investisseurs étrangers. A chaque crise, sa nouvelle couche de règles, peu importe que les précédentes aient surtout aggravé le problème. Au final, l’offre ne suit pas. Notre territoire est petit, c’est un fait qui engendre naturellement des tensions sur l’usage du sol. Pourquoi y ajouter des oppositions à la pelle et des réglementations qui découragent ceux qui veulent encore construire des logements? Ce sont les mêmes qui contractent volontairement l’offre, puis s’étonnent que les prix s’envolent face à une demande que nourrissent le vieillissement de la population, l’individualisation des parcours de vie et l’immigration.


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