FEUILLETON. Dans la jungle, une vaste zone de tourbières piège un important stock de gaz à effet de serre depuis des milliers d’années. Encore intacts, ces marécages forestiers sont de plus en plus menacés
Publié le 03 octobre 2026 à 18:09. / Modifié le 03 octobre 2026 à 18:10.
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Depuis 2023, l’écrivain Guillaume Jan et le photographe Gwenn Dubourthoumieu réalisent un travail documentaire à travers la forêt de la République démocratique du Congo (RDC). Familiers de cette région d’Afrique centrale, ils ont traversé le pays depuis l’embouchure du fleuve jusqu’à sa source. Pour le magazine T, le duo a sélectionné neuf histoires qui racontent la vie quotidienne sous cette canopée.
Végétation démesurée, sol spongieux, eaux noires barrées de troncs à moitié immergés sur lesquels nous marchons en équilibre, margouillis jusqu’aux hanches quand nous glissons – et nous ne pouvons même pas nous raccrocher aux fatras de lianes qui courent au-dessus de nos têtes, tant elles sont lardées d’épines. Le chant inquiet des oiseaux et le grelot permanent des insectes forment comme un carillon mystique au milieu de cette moiteur tiède, nous crapahutons depuis deux heures derrière trois pygmées Batwa. Nous sommes partis du village de Lokolama, 50 km au sud de la ville de Mbandaka, curieux de mieux connaître la vaste zone de tourbières de la cuvette centrale de la République démocratique du Congo – qui intrigue la communauté scientifique depuis quelques années.
En toute transparence
Cette série de reportages a été réalisée avant que l’épidémie de fièvre Ebola ne soit déclarée officiellement par l’Etat congolais, le 15 mai dernier. Mais elle pointe les lacunes qui expliquent pourquoi la maladie progresse si rapidement.