Une année et demie après le début des travaux, la presse était invitée ce jeudi à une visite du chantier du Bâtiment d’art contemporain, dans le quartier de Plainpalais, en compagnie des conseillères administratives genevoises en charge de la Culture (Joëlle Bertossa) et des Constructions (Marjorie de Chastonay), la Direction du patrimoine bâti étant le maître d’ouvrage. Des architectes des bureaux Kuehn Malvezzi Projects GmbH et CCHE Genève SA, lauréats du concours, ont guidé les groupes. Encore dans le gros œuvre jusqu’au premier trimestre 2027, les espaces devraient être livrés comme prévu au premier trimestre 2029 à leurs derniers utilisateurs; le Musée d’art moderne et contemporain (Mamco) s’organise une vie nomade alors que le Centre d’art contemporain loue une arcade provisoire à Chantepoulet et que le Centre de la photographie est accueilli par la Bibliothèque de Genève.
Les anciens locaux industriels de la Société genevoise d’instruments de physique (SIP), construits entre 1939 et 1966, ont peu à peu été attribués à des institutions d’art dans les années 1990. Véritables passoires énergétiques peu favorables à la vie et à la circulation des personnes comme des œuvres, ils étaient de moins en moins adaptés à leur rôle. L’avancée actuelle du chantier permet de se rendre compte de la manière dont le bâtiment se restructure.
Lire aussi: Hors de ses murs, le Mamco se lance dans l’exploration de son «écosystème»L’entrée principale des trois institutions se fera rue des Vieux-Grenadiers, dans une vaste halle d’un beau volume puisque l’ancien premier étage a disparu dans cette partie. Aucune trahison pour autant puisqu’on retrouve les plans d’origine, une hauteur de huit mètres permettant alors d’accueillir les plus grandes machines. Les hautes fenêtres d’époque seront encore agrandies jusqu’au trottoir pour une transparence maximale. Il restera à faire de la rue des Vieux-Grenadiers un lieu propice pour les soirées de vernissage, comme l’était la cour intérieure.
Une forêt de fenêtres
Une cour où le légendaire magnolia, classé parmi les arbres remarquables du canton, est surveillé et soigné pendant toute la durée du chantier. A l’intérieur, pendant les travaux impactants, une forêt toute provisoire, faite de 150 troncs d’arbres destinés ensuite à fabriquer des panneaux de coffrage, a permis de soutenir les dalles avant leur consolidation. Il aurait fallu infiniment plus d’étais métalliques pour la même sécurisation.
Les fenêtres représentent par ailleurs un enjeu d’importance dans cette restauration. Il est rare d’en trouver autant (220) dans un projet muséal. Les premiers nouveaux vitrages ont déjà été installés à titre d’exemple. Ils ont été réalisés au plus proche des anciens mais avec une qualité optimale d’isolation.
Le Centre de la photographie aura plus d’espaces, mieux disposés, toujours au rez-de-chaussée, alors que les deux autres institutions garderont ascenseurs (deux au lieu des trois anciens étriqués du Mamco) et escaliers vers leurs parties respectives. Pour la circulation des œuvres, un monte-charges central permettra d’accéder tant aux salles du Mamco qu’à celles du Centre d’art.
Les architectes ont aussi prévu un pavillon sur le toit avec la possibilité d’un accueil public. Ils assurent respecter les coûts annoncés: environ 70 millions de francs au total dont 22 millions proviennent du privé (Fondation Mamco).


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