Les femmes anarchistes fascinent. On comprend pourquoi. Il en a fallu du courage à Mathilde, Colette, Lison, Germaine, Valentine et les autres pour quitter Saint-Imier en 1873, embarquer avec leurs enfants sur La Virginie, navire de guerre de la marine française et se retrouver, après quatre mois de maladie et de danger, à Punta Arenas, morceau de la Patagonie battu par les vents où il a fallu tout recréer.
L’idée de ces téméraires? Fonder une colonie égalitaire suivant les principes anarchistes délivrés par Bakounine lors de sa venue à Saint-Imier, au Congrès anti-autoritaire de 1872. Pour ces ouvrières horlogères, pas question d’embarquer leurs hommes, souvent alcooliques ou violents. Le slogan de cette double émancipation, des conjoints et des patrons, est clair: «Ni Dieu, ni maître, ni mari!»


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