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Des boules lumineuses oranges, rouges ou blanches surgissent dans la nuit, volent à proximité des avions sans les attaquer, puis disparaissent sans bruit... Observés en Europe et dans le Pacifique entre 1940 et 1945 par des équipages de chasseurs et de bombardiers, les « foo fighters » (les « chasseurs fantômes » en français) comptent parmi les plus grandes énigmes de l'histoire aéronautique.
À l'époque, les témoins supposèrent que ces sphères pouvaient être des engins secrets testés par l'ennemi, des phénomènes électriques rarissimes, ou encore des technologies extraterrestres.
Le chimiste de l'atmosphère John Birks, de l'université du Colorado à Boulder, propose, dans l'étude UAP Orbs: Magnetically Confined Dusty Plasmoids Produced by Meteors, une piste plus prosaïque pour expliquer leur existence. Les « foo fighters » seraient des nuages de poussière météoritique faiblement ionisés, capables de former des sphères lumineuses.
Des orbes associés aux météores
L'hypothèse repose sur l'analyse de 508 signalements transmis au National UFO Reporting Center. Les objets sont décrits comme des sphères silencieuses, souvent blanches, mais parfois jaunes, orange, rouges, bleues ou vertes. Certaines scintillent, changent de forme ou sont entourées d'une couronne lumineuse. Leur taille apparente varierait de quelques dizaines de centimètres à plusieurs mètres, et leur durée de vie pourrait atteindre une heure.
Selon l'étude, leurs apparitions présentent une corrélation statistique d'environ 3 sigma avec celles des bolides, qui sont des météores très brillants. Birks suppose que la désintégration d'un météore produit un nuage de nanoparticules, notamment riches en fer. Leurs propriétés magnétiques et électriques permettraient au nuage de rester cohérent et de former un plasma poussiéreux lumineux.
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Plusieurs témoignages vont dans cette direction. En novembre 1944, au-dessus du Rhin, des pilotes américains signalent huit à dix lumières orange vif se déplaçant près de leur avion avant de s'éloigner. Dans le Pacifique, d'autres équipages décrivent des boules rouge orangé surgissant soudainement, pour éclater en plusieurs fragments.
Pour autant, d'autres cas résistent à l'explication proposée par John Birks, car certains objets sont décrits comme solides, capables d'opérer des changements brusques de trajectoire, ou d'accélérer de façon extrêmement rapide, comme pour la plupart des phénomènes aérospatiaux non identifiés (PAN).
Une énigme qui reste entière
Le problème majeur tient à la formation de la sphère. Comment une longue traînée de poussière, rapidement dispersée, pourrait-elle se condenser en un objet compact de quelques mètres ? Confronté à cette objection, Birks a reconnu que cette étape avait été insuffisamment étudiée. Il envisage désormais une formation plus haute dans l'atmosphère, où une fragmentation explosive concentrerait la matière sur une courte distance, avant que le nuage ne descende.
Quoi qu'il en soit, les autres explications proposées depuis la fin de la fin de la Seconde Guerre mondiale - foudre en boule, feu de Saint-Elme, reflets sur des cristaux de glace, fatigue visuelle des pilotes, fusées V-2 ou armes secrètes - ne sont guère plus convaincantes.
En réalité, le phénomène des foo fighters reste pour l'instant une énigme complète.


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