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À Winnipeg, une note interne révèle que le système de calcul des temps d’attente aux urgences publié en ligne présentait d'importantes lacunes, affichant parfois des délais bien inférieurs à la réalité.
L'Office régional de la santé de Winnipeg (ORSW) publie sur son site web les temps d’attente estimés pour les services d’urgence et les centres de soins d’urgence, mis à jour tout au long de la journée.
Les tableaux indiquent également le nombre de personnes en attente ou en cours de prise en charge dans les différents hôpitaux.
La note de février indiquait que ces tableaux — également affichés dans les salles d’attente — utilisaient des données obsolètes ne reflétant plus la réalité de 2025-2026.
L’ensemble de données pluriannuelles a récemment été mis à jour avec les chiffres de la fin 2024 afin d’accroître la précision des prévisions.
Un plafonnement inexpliqué
Le document révèle aussi que le code à l’origine d’un plafonnement inexpliqué du nombre de patients affichés a été supprimé.
Selon la note interne, ce code limitait artificiellement le nombre de patients visibles en fin de soirée et pendant la nuit, quel que soit le nombre réel de personnes présentes aux urgences.
La présidente du Syndicat des infirmières du Manitoba, Darlene Jackson, a déclaré que ces révélations n'étaient pas surprenantes.
J'entends sans cesse des patients dire [...] qu'on leur annonce un temps d'attente de quatre heures, mais qu'ils finissent parfois par attendre jusqu'à 10 ou 15 heures , a-t-elle affirmé.
Un système vieux de dix ans
Un porte-parole provincial a indiqué que le modèle prédictif pouvait afficher des temps inférieurs ou supérieurs à la réalité, sans toutefois préciser si l'outil était initialement conçu pour prévoir les temps d'attente habituels.
De son côté, Uzoma Asagwara, ministre de la Santé a reconnu que le système actuel a été mis en place il y a une dizaine d'années et que la province a réalisé ces derniers mois que les données étaient périmées. Uzoma Asagwara a précisé que ce sont les médecins et le personnel soignant qui ont été les premiers à signaler le problème.
Le Dr Fahed Razak, titulaire d'une chaire de recherche du Canada spécialisée dans l'analyse des données de santé, explique qu'il est complexe d'obtenir des prévisions exactes. Selon lui, trop de variables entrent en jeu car dit-il un seul patient atypique peut fausser l'ensemble des prévisions.
Il a toutefois ajouté que ces projections jouent un rôle important pour le public, même si elles demeurent imparfaites.
Avec les informations d'Arturo Change


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