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Les entreprises d’Edmonton pourraient devoir trier leurs déchets

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La Ville d’Edmonton envisage d'obliger les entreprises à trier leurs matières résiduelles, comme le fait depuis longtemps la population. L’objectif est de détourner encore plus de déchets des sites d’enfouissement municipaux.

Contrairement aux particuliers, qui trient leurs matières résiduelles en trois catégories – soit les déchets organiques, les matières recyclables et les ordures ménagères –, les entreprises ne sont pas soumises à cette exigence.

Cela pourrait bientôt changer, car l’administration municipale compte uniformiser les règles pour que les établissements commerciaux soient également tenus de recycler ou composter leurs déchets.

Une telle mesure contribuerait à réduire considérablement les flux destinés aux centres d’enfouissement technique, car, comme l’explique la Ville, le secteur non résidentiel d’Edmonton génère 70 % des matières résiduelles, dont la moitié sont des déchets organiques.

Les entreprises peuvent remplir un questionnaire en ligne pour faire part de leur opinion avant que la proposition ne soit soumise à un comité municipal cet été.

Un seau vert destiné à collecter des déchets ménagers compostables.

Les entreprises pourraient bientôt devoir trier leurs matières résiduelles en trois catégories: déchets organiques, matières recyclables et ordures ménagères. (Photo d'archives)

Photo : Fournie par la Ville d'Edmonton

Des mesures incitatives

Pour encourager les entreprises, la Ville envisage d’accorder des subventions à celles qui seraient parmi les premières à mettre en œuvre la nouvelle mesure concernant le tri.

Propriétaire du restaurant de ramens Menya Mori, Allen Gao accueille favorablement l’idée d’accorder des mesures incitatives financières aux entreprises. Il affirme que son personnel réutilise déjà les restes alimentaires pour faire des bouillons et des huiles aromatisées.

Allen Gao estime cependant que le tri des déchets organiques sera difficile pour de nombreuses entreprises, notamment parce que les poubelles, par exemple, sont très chères, dit-il. Une poubelle grise classique coûte environ 55 $.

Il serait très utile que la Ville aide les entrepreneurs en leur accordant une aide financière.

La Ville compte aussi fournir aux entreprises une trousse pédagogique pour les aider à s’y retrouver.

Par ailleurs, la Municipalité s'intéresse également au secteur de la construction et de la démolition. Elle envisage de mettre en place des programmes qui incitent à renforcer les normes en matière de détournement des résidus de construction et qui encouragent la réutilisation des matériaux.

Une excavatrice remplit un semi-remorque d'ordures.

L'objectif de la Ville est notamment de réduire les déchets destinés aux sites d’enfouissement. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Des questionnements en amont

Gloria Bednarz, propriétaire de la pâtisserie The Art of Cake, appuie ces mesures incitatives, mais elle souhaite surtout que la Ville encourage l'adhésion du public à la nouvelle politique qu’elle compte adopter.

Et cela passe aussi par une grande transparence quant à ce qui est réellement détourné, dit-elle, ajoutant que les entreprises veulent voir que leurs efforts ont une réelle incidence.

Elle voudrait, par exemple, que la Ville informe mieux les citoyens sur le sort réservé aux déchets : Je me demande toujours ce qu'il advient de ces poubelles une fois qu'elles ont été ramassées.

Je pense que, si les gens étaient mieux informés, ils auraient davantage confiance dans le système, ajoute-t-elle.

Dans le même sens, Allen Gao veut savoir si les installations de compostage d'Edmonton sont équipées pour faire face à ce changement. Si elles ne sont pas à la hauteur, il faudra investir davantage dans les infrastructures afin d'augmenter leur capacité.

À Calgary et dans d'autres municipalités au pays, les entreprises trient déjà leurs matières résiduelles. (Photo d'archives)

Un camion déverse son contenu de matières résiduelles au centre de tri d'Edmonton. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Héloïse Rodriguez

Calgary, parmi les pionnières en la matière

Alison Abbink, responsable de la planification des politiques en matière de déchets à la Ville d'Edmonton, indique que, en imposant aux entreprises de trier leurs matières résiduelles, la capitale albertaine emboîterait ainsi le pas à d'autres municipalités canadiennes.

La pratique du tri à la source a déjà été introduite dans les entreprises d'autres grandes municipalités canadiennes, telles que Calgary, Vancouver, Regina et Halifax, affirme-t-elle.

Jennifer Koole, du Conseil du recyclage de l'Alberta, note que le règlement municipal de Calgary sur le tri date d'une dizaine d'années. Elle se réjouit qu'Edmonton envisage enfin de suivre son exemple.

Elle rappelle que, à Calgary, c'est le secteur commercial qui avait demandé ce changement.

Avec les informations d'Emily Williams

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