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Depuis l'invasion de l'Ukraine en 2022 et l'adoption de sanctions internationales contre la Russie, la «flotte fantôme» russe, constituée de vieux pétroliers visant à poursuivre l'exportation de barils sous de faux pavillons, n'a cessé d'augmenter, à tel point qu'elle est estimée à ce jour à 1.468 navires par le groupe de surveillance TankerTrackers.
Mais depuis que ses navires sont victimes d'attaques attribuées à l'Ukraine, la Russie envisage d'envoyer des patrouilles navales pour les protéger et, selon Nikolaï Patrouchev, directeur du Conseil maritime russe, elle pourrait bien installer à bord des pétroliers des «moyens de défense spéciaux», c'est-à-dire les doter d'un équipement armé.
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Si l'Ukraine a intensifié ses attaques contre ces pétroliers battant pavillon de complaisance depuis l'année dernière, elle n'a revendiqué aucune frappe depuis décembre 2025, moment où le service de sécurité d'Ukraine (SBU) déclarait avoir bombardé le Qendil, un pétrolier vieux de dix-neuf ans, mesurant 250 mètres de long, d'une capacité de 115.000 tonnes, enregistré par un armateur omanais, qui se dirigeait vers le détroit de Gibraltar.
Mais le 3 mars 2026, le Kremlin a accusé Kiev d'avoir incendié à l'aide d'un drone naval son méthanier Arctic Metagaz qui voguait à destination de Port-Saïd en Égypte, et se trouve actuellement à la dérive, encore chargé de 60.000 tonnes de gaz naturel liquéfié et de 900 tonnes de diesel, qui présentent un risque majeur de pollution en mer Méditerranée.
Des menaces et des profits
Nikolaï Patrouchev estime que la flotte russe fait l'objet d'une «campagne [d'attaques] sans précédent» de la part des «puissances maritimes de troisième ordre», qui appelle une riposte. En plus d'un contrôle renforcé de la cargaison des navires arrivant en Russie depuis l'étranger, cette réponse reste ouverte en matière de moyens militaires à déployer à l'avenir:
«Nous constatons de plus en plus souvent que les mesures politiques, diplomatiques et juridiques ne parviennent généralement pas à enrayer la campagne occidentale contre la marine marchande russe. Si de nouvelles menaces en mer émanent de pays européens, nous mettrons en place de nouvelles mesures», a-t-il affirmé auprès du quotidien russe Kommersant.
Dernièrement, l'économie pétrolière mondiale est toutefois plutôt favorable à la Russie. Depuis que les États-Unis et Israël ont bombardé l'Iran et que ce dernier a riposté en bloquant le détroit d'Ormuz, la Russie a pu relancer ses exportations d'énergie fossile et engrange les milliards.
Alors que les États-Unis ont de surcroît décidé d'autoriser temporairement le transport de cargaisons de pétrole russe initialement sous sanction pour limiter le contrecoup économique lié au blocus, Nikolaï Patrouchev a laissé entendre que la Russie pourrait cesser d'employer des pavillons de complaisance pour poursuivre ouvertement son commerce sous pavillon russe et ainsi «continuer de participer à l'économie maritime mondiale et de collaborer avec les partenaires intéressés, mais uniquement dans des conditions mutuellement avantageuses».





























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