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En 2026, le gouvernement de Susan Holt entamera sa deuxième année de mandat. Bien en selle, les libéraux ne peuvent plus miser sur leur nouveauté pour expliquer leurs faux pas, alors que d’importants dossiers politiques sont à suivre.
L’arrivée de l’austérité?
Depuis mars dernier, le gouvernement Holt signale que des choix déchirants devront être effectués, puisque les finances publiques sont engagées dans une série de déficits budgétaires. L’arrivée imminente de décisions difficilesfut réitérée en octobre, lors du discours du Trône et à nouveau juste avant les fêtes.
La première ministre, Susan Holt, dit d'ailleurs avoir demandé à ses sous-ministres d’identifier entre 10 et 15 % d’économie par ministère. Des fonctionnaires pourraient perdre leur emploi.

Susan Holt évaluer des compressions budgétaires importantes dans l'appareil public.
Photo : Radio-Canada
Une telle vague serait trop importante pour être encaissée sans conséquences sur les services, ont signalé des associations, syndicats et districts scolaires.
Cependant, certains doutent que les compressions atteignent vraiment cette ampleur.
Je pense que c’est juste une stratégie de communication, s’est même avancé le chef du Parti vert, David Coon, disant y voir un ballon d’essai afin de mesurer les attentes.
Ce printemps, des compressions imposées aux districts scolaires ont provoqué un tollé qui s’est terminé avec un recul partiel et un rapport accablant du Défenseur des enfants. Tout cela pour économiser initialement 43 millions de dollars, alors que le déficit prévu s’élève à 835 millions.
Le gouvernement Holt doit présenter son deuxième budget le 17 mars.
Une course qui prépare la prochaine élection
Le Parti progressiste-conservateur se cherche un nouveau chef.
Seul candidat déclaré, l’ancien ministre Daniel Allain a commencé sa campagne, mais d’autres candidats pourraient faire le saut.

L'ancien ministre Daniel Allain est le seul officiellement dans la course à la direction du PCNB. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Myriam Breau
L’arrivée d’un chef permanent pour donner la réplique au gouvernement Holt changera la dynamique et donnera le coup d’envoi de la préparation pour les élections de 2028, fait remarquer le politologue Roger Ouellette.
Mais surtout, il note qu’un choix important sur l’orientation du parti attend les membres progressistes-conservateurs.
C’est sûr que c’est dans l’intérêt du parti de renouer avec l’unité, renouer avec la base progressiste red-tory et renouer surtout avec l’électorat francophone s’ils espèrent faire des gains et remporter les prochaines élections, croit-il.
Quelques jours avant Noël, l'un des candidats pressentis, l'ancien ministre de la Sécurité publique de Blaine Higgs, Kris Austin, a fait savoir qu'il ne se lancera pas dans la course à la chefferie.
L’élection du prochain chef est prévue le 17 octobre, tous les candidats doivent avoir soumis leur dossier de candidature avant le 19 juin.
Le test de la Loi sur les langues officielles
La première ministre a mandaté un comité parlementaire de réviser la Loi sur les langues officielles (LLO) en suivant les recommandations du rapport Finn-McLaughlin de 2021, qui prescrit, entre autres, de créer un ministère des langues et d'assujettir les foyers de soins à la LLO.

Une consultation publique aura lieu pour moderniser la Loi sur les langues officielles du N.-B. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Alix Villeneuve
Dans la plateforme électorale francophone, les libéraux de Susan Holt promettent de mettre en œuvre les recommandations du rapport McLaughlin / Finn. Le langage est spécifique indiquant que toutes les recommandations seront suivies.
Cependant, le président du Comité permanent des langues officielles de l'Assemblée législative, Benoît Bourque, n’a pas voulu dire si toutes les recommandations de 2021 seraient suivies.
Il y a une volonté, du moins d’explorer d'implanter un maximum de recommandations.
Si on veut parler de l’ensemble, ça, c’est la question sur laquelle on va se pencher.
Pour la présidente de la Société de l'Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB) Nicole Arseneau-Sluyter, la révision de la LLO est une forme de test pour la province avec ce qu’elle considère être le gouvernement le plus acadien depuis longtemps.
C’est leur chance de faire valoir le français. Déjà, je pense qu’ils sont ouverts à ça, lance-t-elle. On va attendre de voir ce qui va se passer.
La consultation débutera en hiver, des réunions publiques sont prévues plus tard au printemps. Le comité doit soumettre ses recommandations d’ici le 31 décembre 2026.
L’heure est aux élections… municipales!
La prochaine année sera aussi une année électorale pour les 77 municipalités du Nouveau-Brunswick.
Il s’agit des premières élections dans l’ensemble des municipalités depuis la vaste réforme municipale de 2021, une période éprouvante qui a mené à la démission de certains élus municipaux.

Deux des maires du Restigouche, dans le nord du Nouveau-Brunswick, ont quitté récemment leur poste. L'un d'entre eux, le maire de Campbellton, Jean-Guy Levesque, a démissionné après près de trois années de travail « exigeantes» avec les fusions municipales. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Charles-Étienne Drouin
Il y a beaucoup de personnes qui ne se représenteront pas, fait remarquer, inquiet, le président de l’Association francophone des municipalités du Nouveau-Brunswick, Yvon Godin, lui-même encore incertain de se représenter comme conseiller municipal à Rivière-du-Nord.
Ces élections ont peut-être une importance peut-être plus importante que toutes les autres suite à une réforme qui a été difficile, épuisante pour les conseillers et nos maires.
Les candidats peuvent s’enregistrer auprès d’Élections NB jusqu'au 23 mars alors que le jour du scrutin aura lieu le lundi 11 mai.
Le coup de jus d’Énergie NB
Avec les pannes à la centrale de Point Lepreau, la réfection du barrage de Mactaquac,une lourde dette et l'approvisionnement en énergie incertain après 2028, Énergie NB doit composer avec de nombreux défis structurels qui se répercutent jusque dans le portefeuille des Néo-Brunswickois.

La province prépare le terrain pour des décisions importantes concernant l'avenir d'Énergie NB. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Alix Villeneuve
Que faire? Fredericton attend un important examen indépendant produit au terme d’une consultation publique. Toutefois, tout est sur la table a répété la province, y compris la vente d’Énergie NB. La société d'État a déjà prévenu qu’il n’y aura probablement pas de solution miracle au bout du processus.
Les consultations publiques sont terminées. Les trois experts mandatés pour cette étude doivent soumettre leur rapport d’ici le 31 mars.
Un Nouveau-Brunswick avec moins de 30 % de francophones?
L'année 2026 est également l’année du recensement canadien, le dernier remonte à 2021.
Depuis, le portrait démographique s’est profondément modifié au Nouveau-Brunswick. En avril 2024, la province dépassait le seuil 850 000 habitant, après une hausse de 10 % de la population en à peine trois ans. Les conséquences de ce phénomène sont encore incertaines sur la proportion de francophones au Nouveau-Brunswick, en déclin constant.

La proportion de francophones au Nouveau-Brunswick a diminué lors des derniers recensements. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Alix Villeneuve
En 2021, 30,4 % de la population du Nouveau-Brunswick indiquait avoir le français comme première langue officielle parlée. C’était à l’époque, une baisse de 1,6 point de pourcentage par rapport à 2016, selon les statistiques, publiées un an après la collecte des données.
Ottawa et Fredericton ont répété vouloir renverser la tendance avec davantage d’immigrants francophones. Ces efforts ont-ils fonctionné? La réponse sera mesurée par Statistiques Canada à partir du mois de mai.


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