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Près d'une centaine de diplômés du Québec, désormais installés en Alberta, se sont retrouvés jeudi soir grâce à l'antenne calgarienne du Bureau du Québec à Toronto (BQT). Considérés comme des ponts vivants entre les provinces, ils favorisent le partage de compétences, de réseaux et de visions économiques.

Selon Marianna Simeone, cheffe de poste au Bureau du Québec à Toronto, les événements donnent la chance aux Québécois de se retrouver et partager leurs expériences.
Photo : Fournie par Julie Vincent Photography
Ce sont des gens implantés ici, qui ont amené une expertise ici, qui ont amené la langue ici, leur culture, leur savoir-faire et qui, dans leur domaine, rayonnent, soutient Marianna Simeone, cheffe de poste au BQT.
On veut rassembler les Québécois qui sont à l'extérieur du Québec parce que ce sont les premiers ambassadeurs du Québec.
De nombreux diplômés du Québec venus à Calgary travaillent dans l'industrie pétrogazière, mais ils sont nombreux à faire carrière dans les énergies renouvelables, l'éducation, la petite enfance, les universités, incluant la recherche.
D'autres sont avocats, médecins, experts en finances ou en économie. La liste est longue.
Charles St-Arnaud, économiste en chef à Servus Credit Union et diplômé de l'UQAM, est installé en Alberta depuis 2019.
Selon lui, connaître les deux provinces, plus précisément leur environnement culturel et professionnel, facilite le partage des expériences et des connaissances.

Charles St-Arnaud est un économiste québécois installé à Calgary.
Photo : Submitted by Charles St-Arnaud
Je peux faire un pont entre les deux régions du Canada, amener un peu la perspective de l'Alberta vers le Québec ou même en Ontario, et [amener] la perspective du Québec en Alberta, et essayer de leur montrer comment mieux comprendre les enjeux, la façon de penser et de réagir sur certains sujets, relate l'économiste en chef.
Ce travail d'intermédiaire, même immatériel, permet de renseigner plus directement les auditoires, parfois mal informés sur la réalité de la province qu'ils ne connaissent pas.
On se rend compte, surtout dans mon domaine, que, souvent, il y a des préconceptions sur ce qu'est l'économie de l'Alberta ou ce qu'est l'économie du Québec et, souvent, c'est essayer de [les] démythifier.

Julie Fafard, attachée à la francophonie au BTQ, que de nombreuses entreprises veulent mieux connaître le Québec.
Photo : Josiane Derzaph
Julie Fafard, attachée à la francophonie pour l'antenne de Calgary du BTQ, ajoute pour sa part que la démythification est très importante, car il existe un vif intérêt, de part et d'autre, de se connaître.
En ayant une antenne ici, en Alberta, à Calgary, on crée des ponts tous les jours.
On veut percer le code Québec dans les entreprises, beaucoup de donneurs d'ordres [albertains] veulent entrer plus en communication, signale-t-elle.
Une mobilité plus que nécessaire aujourd'hui
Titulaire de la chaire BMO en diversité et gouvernance, Tania Saba, encourage la mobilité des diplômés dans le pays, car on a souvent négligé la mobilité interprovinciale [au profit] d'une mobilité plus internationale.
Selon elle, dans le contexte national et international actuel, le Canada a besoin de développer son capital humain et ses savoirs, surtout si les provinces veulent abattre les barrières économiques entre elles.
Vous ne pouvez pas commencer les échanges commerciaux demain matin si vous n'avez pas une bonne connaissance de comment ça se passe.
Le Québec et l'Alberta, deux provinces très différentes, peuvent, dans cet horizon, tirer un avantage important de la mobilité de leurs diplômés respectifs et apprendre l'une de l'autre, croit Mme Saba, qui est aussi professeure titulaire à l'École des relations industrielles.

Tania Saba, experte dans plusieurs domaines des relations industrielles, concernant notamment les différences de valeurs intergénérationnelles et les transformations de l’organisation du travail, a aussi fondé la Chaire de recherches BMO en diversité et gouvernance.
Photo : Gaelle Vuillaume
Le Québec a su [...] se créer des capacités indéniables du côté de l'intelligence artificielle, qui contribuent pleinement à son développement au Canada. L’Alberta est forte en énergie et dans les chaînes de services qui l’entourent. Elle a aussi un socle solide en agriculture et agroalimentaire. Enfin, elle se démarque par le tourisme nature et par des partenariats économiques structurés dans certains projets, y compris avec des communautés autochtones, donne-t-elle en exemple.
La mobilité des diplômés aiderait ainsi à faire face aux enjeux de l'industrie énergétique, des échanges commerciaux et de l'innovation, soutient-elle.
Charles St-Arnaud constate de son côté qu'il y a beaucoup de barrières à la reconnaissance des diplômes. J'essaie d'amener qu'il faut avoir un peu plus de flexibilité, il faut avoir plus de mouvement entre les différentes régions.
Le gouvernement du Canada a d'ailleurs reconnu que la mobilité de la main-d'œuvre est nécessaire à la création d'une seule économie canadienne.
Grâce aux modifications de la législation en 2025, la loi prévoit désormais la reconnaissance des autorisations provinciales ou territoriales d’exercer des professions ou des métiers et la délivrance, aux titulaires de ces autorisations provinciales ou territoriales, d’autorisations fédérales comparables.
Le Québec quant à lui continuera de souligner la contribution de ses diplômés installés dans d'autres provinces.


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