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Les conservateurs entendent adopter «une approche de collaboration», assure Duhaime

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Les troupes conservatrices débarqueront à l’Assemblée nationale « avec une approche de collaboration », a assuré mercredi leur chef, Éric Duhaime, dans l’enceinte du Parlement. Le mouvement de droite, d’abord issu d’une « contestation dans la rue », veut désormais offrir une opposition « constructive » afin de faire « avancer les idées conservatrices » au Québec.

Les dernières élections ont ouvert la porte du Salon bleu au Parti conservateur, et le chef l’admet d’emblée : « c’est une autre paire de manches » que d’entrer à l’intérieur des murs de l’Assemblée nationale. « On peut continuer à contester — et on va le faire sur les idées avec lesquelles on n’est pas d’accord —, mais on va aussi être autour de la table où les décisions se prennent à partir de maintenant », a indiqué Éric Duhaime. « Il va falloir que nos positions soient constructives. »

Le chef conservateur assure qu’il jouera selon les règles de l’institution et qu’il cherchera à trouver des compromis avec le gouvernement minoritaire de Paul St-Pierre Plamondon. Déjà mercredi, deux jours après les élections, Éric Duhaime se montrait moins inflexible qu’en campagne électorale sur certaines questions, notamment sur l’exploitation du gaz de schiste, dont il faisait une condition nécessaire à sa collaboration il y a quelques semaines.

« D’habitude, quand tu arrives à une table de négociations et que tu es dur comme le métal, ça ne fait pas de bonnes négociations », a indiqué le nouveau député de Bellechasse. « Je pense que tout le monde, nous autres les premiers, mais aussi le gouvernement, on va devoir mettre de l’eau dans notre vin pour essayer de trouver des compromis. »

Plaidoyer pour une voix unie

La députation conservatrice devra aussi elle-même accepter de réprimer la liberté de parole individuelle à l’intérieur de ses propres rangs, ajoute leur chef. « Si l’équipe manque de cohésion, l’équipe va se faire marquer des buts inutilement », a souligné Éric Duhaime. « Ça va être très important qu’on comprenne bien que dans un match de hockey, quand tout le monde joue pour lui-même, habituellement, ça ne finit pas avec des victoires. »

Il y aura des échanges « parfois musclés » au sein du caucus, mais une fois que les 19 parlementaires conservateurs auront établi une direction à prendre, il faudra la suivre, maintient le chef. Le système parlementaire québécois actuel, d’inspiration britannique, impose que les partis soient « un peu plus disciplinés » qu’aux États-Unis, où « tu te fais élire avec un parti et après ça, tu l’oublies pendant quatre ans », a-t-il évoqué mercredi.

C’est Maïté Blanchette Vézina, ancienne ministre caquiste maintenant députée conservatrice désignée de La Peltrie, qui aura la tâche de diriger le groupe parlementaire.

La nouvelle troisième voie ?

Si Éric Duhaime adoucit le ton aux lendemains des élections, il fait aussi les yeux doux aux caquistes à la recherche d’un emploi après la dégelée qu’ils ont subie lundi soir. « Il y a des gens là-dedans qui sont des bonnes personnes, avec des bonnes idées, qui ont des bons projets », a maintenu le chef conservateur. « Il y a des éléments là-dedans qui sont déjà parmi nous, et il pourrait y en avoir d’autres au cours des prochains mois. »

Éric Duhaime précise qu’il ne passe pas ses journées « sur le téléphone en train de recruter des gens », mais que les portes de sa formation demeurent ouvertes pour tout le monde qui est « d’accord avec où on veut amener le Québec dans les prochaines années ».

« Moi, ce qui m’intéresse, ce n’est pas le passé des gens, c’est l’avenir », a indiqué le chef conservateur. « J’ai voté pour la CAQ : je n’ai pas de leçons à donner à personne pour avoir fait des erreurs politiques dans le passé. »

Devant l’effondrement de la Coalition avenir Québec, Éric Duhaime revendique désormais la « troisième voie ». « Dans le fonctionnement de la démocratie québécoise pour les prochaines années, le parti qui va représenter l’autonomisme, c’est le Parti conservateur du Québec, ça c’est très clair », a martelé le leader conservateur. « À l’Assemblée nationale, à tous les jours, le parti qui va se lever pour renforcer le pouvoir québécois à l’intérieur de la confédération canadienne, c’est le Parti conservateur du Québec. C’est “plate” pour d’autres, mais c’est comme ça que ça va s’opérer. »

Il se dit aussi ouvert à trouver un aménagement pour que la CAQ, blanchie même si elle a récolté 13 % des votes, ait une place à l’intérieur du Parlement — une fleur que l’ancienne législature avait refusé d’accorder aux troupes conservatrices en 2022. « Avant d’être un conservateur, je suis un démocrate. Je ne trouve pas ça normal qu’un Québécois sur huit ne vaille rien une fois à l’intérieur des murs ici », a indiqué Éric Duhaime.

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