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Le vétérinaire pathologiste Stephen Raverty espère que les résultats des nécropsies des trois baleines mortes récemment seront publiés au début de l'année prochaine.
Le Dr Raverty, qui travaille pour le ministère de l'Agriculture et des Terres de la Colombie-Britannique, a récemment participé à l'enquête sur la mort d'une baleine à bosse, vraisemblablement heurtée par un bateau en octobre dans la baie de Howe, près de Vancouver.
Lorsqu'un animal heurte un navire, nous cherchons à savoir s'il était déjà mort avant la collision. Nous examinons donc le lieu de l'impact pour vérifier s'il y a des saignements.
L'entreprise d'observation des baleines Prince of Whales a annoncé qu'un de ses navires avait heurté une baleine à bosse peu avant la découverte de la baleine morte le 25 octobre.
Le pathologiste vétérinaire a affirmé que les lésions trouvées sur l'animal, que le ministère des Pêches a identifié comme étant une baleine de quatre ans connue sous le nom de BCY1464 ou Wisp, étaient compatibles avec une collision, mais il a précisé que l'enquête était toujours en attente des résultats des analyses pour détecter la présence d'algues nuisibles.
Ce décès s'inscrit dans une série d'autres, dont celui d'une baleine à bosse retrouvée morte le 18 septembre après qu'un navire de BC Ferries a signalé avoir heurté une baleine au large de la côte nord de la Colombie-Britannique, et celui d'une autre retrouvée morte le 8 novembre au large de l'île Lasqueti.
Caitlin Birdsall, directrice générale de la Marine Education and Research Society, a indiqué qu'il était difficile de déterminer si le nombre de décès de baleines liés aux collisions avec des navires était en augmentation.
Ce que nous savons, c'est que le nombre de signalements a augmenté, et c'est tout ce que nous pouvons savoir, détaille-t-elle. La plupart du temps, les baleines mortes ne sont jamais découvertes.
2500 nécropsies en 25 ans
Le pathologiste vétérinaire a réalisé quelque 2500 nécropsies de baleines et d'autres grands mammifères marins au cours des 25 dernières années
Elle commence par la collecte et le catalogage des preuves visuelles au sol et, si nécessaire, par voie aérienne à l'aide d'un drone.
La première chose que nous faisons est de photographier l'animal et de documenter toute anomalie, a-t-il expliqué. Nous recherchons en particulier des preuves d'interactions humaines, qu'il s'agisse d'une collision avec un navire, d'une hélice, d'un enchevêtrement ou d'autres incidents.

Le Dr Stepen Raverty exécute les premières étapes d'une nécropsie.
Photo : La Presse canadienne / Fournie par le ministère de Pêches et Océans
Viennent ensuite les mesures, étape où les choses peuvent se compliquer.
On découpe la graisse, on mesure son épaisseur et on caractérise sa couleur et sa consistance. Chez un animal sain qui s'alimente activement, on observe la graisse suinter de la surface de coupe.
La suite des opérations doit être effectuée dans un ordre précis.
On commence par examiner le thorax, car les intestins contiennent des bactéries, a indiqué le Dr Raverty. Si on incise les intestins et qu'on manipule d'autres tissus, on risque de contaminer les échantillons.
Une fois les organes internes exposés, on peut les prélever pour obtenir des indices, notamment sur les antécédents reproductifs de l'animal.
Parfois, la cause du décès est évidente, comme les traumatismes vasculaires si violents qu'ils peuvent provoquer la rupture des gros vaisseaux sanguins partant du cœur et une hémorragie massive dans les cavités thoracique et abdominale.
Dans d'autres cas, l'examen des poumons révèle la présence de virus.
Un travail en laboratoire
Toutefois, une nécropsie ne s'arrête pas au travail physique sur le rivage.
Elle se poursuit au laboratoire, où les échantillons de tissus et de fluides prélevés font l'objet d'analyses complémentaires.
Le Dr Raverty a expliqué que ce travail au microscope peut révéler des indices importants sur la santé des animaux.
Il a ajouté que son travail permet non seulement d'identifier les causes de décès chez les baleines, mais aussi d'extrapoler l'état de santé de l'espèce à l'échelle de la population.
Au fil des ans, le Dr Stephen Raverty a également constaté l'introduction de techniques médico-légales de plus en plus sophistiquées, notamment le séquençage du génome et le séquençage moléculaire.
L'imagerie satellitaire permet de suivre la prolifération de toxines nocives produites par les algues et, en 2021, lors de l'épisode de rivière atmosphérique qui a inondé la vallée du Fraser, elle a montré un panache d'eau brunâtre se déversant dans la mer des Salish.
On y trouve des microplastiques. L'utilisation intensive d'engrais dans la vallée a pour effet d'inoculer le milieu marin avec des nutriments qui pourraient permettre à certaines algues de proliférer et de produire des toxines.


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