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Les clubs de combat suprémacistes blancs, un risque de « violence extrême », dit Ottawa

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Des clubs de combat, formés par des groupes suprémacistes blancs pour promouvoir supposément la bonne forme physique, peuvent mener à de la « violence extrême », prévient un rapport de Sécurité publique Canada obtenu par CBC.

Ce rapport semble indiquer, pour la première fois, que le ministère fédéral qui supervise la Gendarmerie royale du Canada (GRC) cible directement ce mouvement.

Auparavant, la GRC n'avait pas commenté précisément la montée en puissance rapide de ces clubs de combat.

Sur plus de 200 clubs du genre recensés dans le monde, un nombre disproportionné, soit plus de 30, sont actifs au Canada, selon le rapport.

Second Sons Canada – un groupe d'extrême droite – compte à lui seul plus de 15 clubs, indique le rapport.

Il faut agir, dit un expert

Ces clubs de combat fascistes ont délaissé progressivement les forums en ligne pour organiser des entraînements en présentiel et des manifestations publiques, raconte un expert.

Le nationalisme blanc est plus menaçant que jamais, dit Evan Balgord, directeur général du Réseau canadien anti-haine, qui qualifie ces groupes de principale menace extrémiste à motivation idéologique au Canada.

Ce rapport devrait inciter le gouvernement à agir, ajoute-t-il. Le gouvernement et les forces de l'ordre n'ont rien fait de concret pour enrayer ce phénomène.

En 2023, la GRC a arrêté trois Canadiens pour leurs activités liées à des groupes néonazis comme la Division Atomwaffen, impliquée dans cinq meurtres aux États-Unis ces dernières années. Ce groupe a été dissous au Canada après que Sécurité publique Canada l'ait inscrit sur sa liste des organisations terroristes en 2021.

Selon le rapport, ces trois personnes étaient également impliquées dans l'organisation, la direction ou l'élaboration de propagande pour des clubs.

Le rapport souligne également les liens entre les clubs de combat et les réseaux ayant des antécédents documentés de violence grave, notamment le tristement célèbre gang skinhead des Vinland Hammerskins. En 1993, trois Canadiens affiliés aux Hammerskins ont été reconnus coupables du meurtre d'un homme noir au Texas.

La plupart des actes de violence mentionnés dans le rapport ont été perpétrés par des clubs actifs à l'étranger. Par exemple, en novembre 2025, deux membres suédois d'un club ont été condamnés pour des agressions à caractère raciste, tandis qu'un membre australien d'un club a été condamné à sept ans de prison pour son rôle dans l'organisation de dizaines d'émeutes et d'attaques racistes.

En juillet 2025, l'unité d'enquêtes visuelles de CBC a identifié les lieux d'entraînement de clubs – comme Nationalist-13, basé dans le sud de l'Ontario, et Second Sons – dans des parcs, des centres communautaires et des salles d'arts martiaux, ce qui a entraîné l'expulsion de leurs membres de divers établissements.

Le rapport de Sécurité publique Canada cite les reportages de CBC, notamment un article, réalisé en collaboration avec le Réseau canadien anti-haine, qui a permis d'identifier des propriétaires de salles d'arts martiaux mixtes, des membres de clubs et des membres de Second Sons ayant participé à une conférence néonazie à Vancouver.

Cibles : les juifs, les personnes racisées et LGBTQ+

Le rapport indique que ces groupes sont connus pour radicaliser leurs membres – ce que les forces de l'ordre et les services de sécurité appellent l'extrémisme violent à motivation idéologique – qui justifie la violence contre les personnes juives, racisées et 2SLGBTQ+.

Cependant, ajoute le rapport, la menace que représentent ces clubs est difficile à évaluer précisément, car ils ne font pas publiquement l'apologie du terrorisme ni du recours à la force létale.

Toutefois, une analyse de CBC portant sur des centaines de transcriptions de balados et de diffusions en direct de Second Sons Canada a révélé que le groupe appelait à la violence, y compris à l'exécution de politiciens canadiens. Des experts ont déjà affirmé que, dans de nombreux cas, ce langage constitue un discours haineux.

Ce rapport signale aux services policiers, aux décideurs et aux chercheurs que ces groupes représentent une menace réelle pour la sécurité publique et nécessitent une intervention opérationnelle intégrée et une attention particulière, soutient Amarnath Amarasingam, professeur de religion à l’Université Queen’s, à Kingston, en Ontario, et expert en extrémisme.

Certains estiment qu’il ne faut pas chercher à désigner des organisations terroristes, parce qu'ils pensent que le processus de désignation est imparfait au Canada. Je crois que désigner [certains groupes comme entités terroristes] est justifié et que cela contribuerait grandement à freiner le suprémacisme blanc au Canada, affirme Evan Balgord, du Réseau canadien anti-haine.

Sécurité publique Canada précise que le rapport a été partagé avec tous les ordres gouvernementaux et les forces de l’ordre, et qu’il a été préparé par le Centre canadien d’engagement communautaire et de prévention de la violence.

D'après des renseignements fournis par Eric Szeto, de CBC

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