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Alors que la campagne électorale bat son plein sur la Côte-Nord, les candidats des partis traditionnels occupent une grande partie de l’espace médiatique. Pourtant, sur le terrain, d’autres formations politiques tentent de se tailler une place dans les débats.
Dans la circonscription de Duplessis, le candidat du Parti marxiste-léniniste du Québec, Alexandre Deschênes, et dans René-Lévesque, Kevin Grenier est le candidat du Parti Démocratie directe Québec.
Les trois priorités de Kevin Grenier :
la construction d’un pont sur le Saguenay;
la transparence et l’imputabilité des élus;
rendre le député accessible à la population en tout temps.
Les trois priorités d’Alexandre Deschênes :
redonner le pouvoir au peuple;
le droit à l’autodétermination de la nation québécoise et des Premières Nations;
remettre l’être humain au centre de toute décision.
L'humain au cœur des décisions
Je suis un politicien travailleur , lance Alexandre Deschênes, qui est aussi intervenant pour l’organisme communautaire Le Rond-Point à Sept-Îles. Pour lui, sa candidature constitue la suite logique d’un engagement constant pour la défense des droits de la personne, qu’il exprime tant dans son travail que dans sa pratique d’artiste professionnel.
Bien qu’Alexandre Deschênes soit conscient que ses chances d’être élu face aux partis établis restent minces, sa démarche vise avant tout à occuper l’espace public et à imposer des sujets souvent ignorés. Il s’agit de sa quatrième campagne électorale au niveau provincial; il en a également disputé trois au fédéral.
On ne se laissera pas invisibiliser. Être dans le débat, c’est forcer les autres candidats à se positionner sur des questions qu’ils préféreraient éviter.

Alexandre Deschênes est le candidat du Parti marxiste-léniniste du Québec dans Duplessis
Photo : Radio-Canada / Nicolas Bougeard
Le candidat pointe du doigt les paradoxes économiques de la région. Selon lui, il est inconcevable que la Côte-Nord génère plus de 9 milliards de dollars de PIB, tout en voyant la précarité et l’itinérance augmenter.
Comment se fait-il que, dans une région aussi riche, le droit au logement ne soit pas respecté, que les loyers explosent et que les services publics s’effritent ?, demande-t-il, dénonçant un système économique qui profite à une minorité au détriment de la sécurité sociale des citoyens.
Transparence et démocratie participative
De son côté, dans la circonscription de René-Lévesque, Kevin Grenier porte les couleurs du parti Démocratie directe Québec. Travaillant dans le domaine de la construction, le candidat dresse un constat sans appel. Selon lui, le système politique actuel souffre d’un manque de transparence et d’imputabilité.
Il souhaite que le Québec bascule vers une démocratie participative, une approche qui permettrait selon lui de redonner un pouvoir d’action réel aux citoyens. Toujours dans cette optique de transparence, Kevin Grenier propose une publication automatique de l’ensemble des dépenses publiques.
Actuellement, on est dans un système de démocratie représentative, c’est-à-dire qu’on élit quelqu’un pendant quatre ans, et s’il décide de ne plus nous écouter ou de trahir son mandat. On n’a aucun moyen pour le mettre dehors.

Kevin Grenier est candidat pour le parti Démocratie directe Québec dans René-Lévesque.
Photo : Facebook Kevin Grenier
Sur le terrain régional, la priorité de Kevin Grenier est la construction d’un pont sur la rivière Saguenay pour désenclaver la région. Il dénonce également les faiblesses du réseau routier et de la couverture cellulaire, ainsi que les lacunes dans les services de santé et les services sociaux de la Côte-Nord.
Un mode de scrutin à revoir?
Pour l’enseignante en sciences politiques au Cégep de Baie-Comeau, Lysandre St-Pierre, la présence de candidatures issues de petites formations, ou de partis qui ne siègent pas à l'Assemblée nationale, montre que la démocratie est en bonne santé.
Ça démontre qu’il y a des intérêts de la part des citoyens à s’impliquer en politique et proposer des idées qui sortent du cadre des partis traditionnels. Ça apporte une pluralité de vision.
Même si leurs chances d’élection restent réduites, Lysandre St-Pierre souligne que ces partis réussissent à faire émerger des préoccupations dans les débats, forçant ainsi les formations traditionnelles à intégrer ces thématiques dans leurs discours.
Les petits partis disposent aussi de ressources financières réduites, car le financement public est calculé en fonction des résultats électoraux passés. Toutefois, selon Lysandre St-Pierre, le véritable obstacle démocratique pour les partis marginaux n’est pas le système de financement, mais plutôt le mode de scrutin majoritaire uninominal à un tour.
Ce système permet l’élection d’un député avec une majorité relative, ce qui rend invisibles les votes accordés aux autres candidats dans la circonscription. L’enseignante donne l’exemple d’un parti qui peut récolter des centaines de milliers de votes à l’échelle de la province, mais s’il ne termine premier dans aucune circonscription, il n’obtient aucun siège.


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