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Une vingtaine de femmes ont marché vendredi dans les rues d’Amos pour la 45e Journée d’action contre la violence sexuelle faite aux femmes. Elles réclament un meilleur accès à la justice et dénoncent le plafond de trois ans du programme d’Indemnisation des victimes d’actes criminels (IVAC).
Les droits des victimes sont au cœur des revendications des personnes qui ont participé à l'Ostie d’marche, organisée pour une quatrième année par le CALACS-Abitibi et le Comité féministe d’Amos. Le départ s’est d’ailleurs fait du palais de justice d’Amos pour dénoncer les lacunes du système judiciaire envers les victimes de violence sexuelle.

Josée Bélisle, du CALACS-Abitibi, a dénoncé les obstacles à l'accès à la justice pour les victimes de violence sexuelle et qui ébranlent leur confiance envers le système judiciaire.
Photo : Radio-Canada / Martin Guindon
On considère que notre ancien gouvernement n’a pas investi ce qu'il aurait pu par rapport aux victimes. Il y a eu l'arrivée du tribunal spécialisé. On nous l'a vendu comme étant la manne, comme étant la mesure phare. C’est un comité transpartisan, rappelle Josée Bélisle, intervenante et coresponsable du volet lutte au CALACS-Abitibi.
Malheureusement, les femmes attendent toujours aussi longtemps pour avoir accès à la justice. On parle de temps d’attente qui jouent entre trois et six ans, ce qui est inadmissible.
Quatre survivantes ont témoigné de ces longs processus judiciaires et de leur impact, souvent dévastateur, sur leur vie qu’ils mettent sur pause pendant toutes ces années. Parfois, pour un résultat finalement bien décevant, des ententes négociées avec l’accusé sans qu’elles soient consultées.
Indemnisation trop courte
La limite de trois ans pour l’indemnisation aux victimes pèse aussi très lourd sur leurs épaules, alors qu’elles ont souvent besoin de plus de temps pour guérir, panser leurs plaies.

Quatre témoignages de survivantes ont été exprimés lors de la prise de parole, à la Place publique multifonctionnelle, dont celui d'Isabelle.
Photo : Radio-Canada / Martin Guindon
L’une d’elles, Isabelle, a dû retourner sur le marché du travail au terme de sa période d’indemnisation. Pourtant, elle n’a toujours reçu aucune aide psychologique après trois ans et demi d’attente. Elle souffre d’un trouble de stress post-traumatique.
J'ai fait la demande d'aide sociale, d'aide de dernier recours, pour essayer de m'aider, mais parce que j'ai une maison, parce que j'ai un véhicule, il faudrait que je perde tout pour qu'ils m'aident. Mais ça, ça ne s'appelle pas de l'aide. Ça s'appelle mettre du monde dans la marde puis dans la rue, au lieu de m'aider à garder ma maison, ce qui me coûterait moins cher qu'un loyer en plus. C'est vraiment ridicule, déplore-t-elle.
Les candidats interpellés
Avec la campagne électorale en cours, les organisatrices ont saisi l’occasion pour interpeller et inviter les candidats de tous les partis à l’événement afin qu’ils puissent prendre position sur des enjeux qui touchent directement les femmes survivantes de violences sexuelles.

La députée sortante Suzanne Blais est sortie à la rencontre des marcheuses qui se sont arrêtées devant son bureau avant de rejoindre la Place publique multifonctionnelle.
Photo : Radio-Canada / Martin Guindon
La députée sortante Suzanne Blais, candidate de la Coalition avenir Québec, a rejoint les participantes à la Place publique multifonctionnelle, où se sont faites les prises de parole.
Émue par les témoignages, elle a exprimé sa solidarité et a rappelé que son gouvernement a mis en place plusieurs initiatives, dont le bracelet antirapprochement. Elle cite aussi la loi Gabie Renaud, qui s’inspire de la loi de Clare, et qui permet aux personnes à risque de subir de la violence conjugale de consulter les antécédents judiciaires de leur partenaire.
Notre gouvernement est très sensibilisé à la violence faite aux femmes et aux féminicides. Il faut que ça cesse et on doit continuer à donner des ressources, du financement, à ces femmes qui sont victimes. Surtout dans les régions, parce que ce sont des milieux qui sont fermés, souligne-t-elle.
Un ministère des Femmes
La candidate solidaire Joanie Bolduc a fait la marche avec Line Bouchard, représentante régionale à la Commission nationale des femmes de Québec solidaire. Elle a rappelé que son parti est féministe et qu’il va créer un ministère des Femmes et de l’Égalité des genres.

La candidate Joanie Bolduc a pris la parole en compagnie de Line Bouchard, représentante régionale à la Commission nationale des femmes de Québec solidaire.
Photo : Radio-Canada / Martin Guindon
On pense que d'avoir un ministère qui va s'occuper justement de consolider tous ces efforts-là au niveau de la prévention, au niveau de l'aide, on croit que ça va être bénéfique. Il faut essayer de diminuer les délais en justice, et leur donner plus de temps pour guérir avec plus de ressources, affirme-t-elle.
Sébastien D’Astous, du Parti Québécois, n'a pu être présent, puisqu’il était à Québec avec son chef pour participer au Sommet municipal organisé par l’Union des municipalités du Québec. Dans une publication sur les réseaux sociaux, il a réitéré son appui aux femmes victimes de violence et a rappelé l’importance de financer les organismes communautaires à la mission.


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