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Encore Spilliaert ? Oui, et c'est formidable avec l'exposition "Close to Leon Spilliaert, Dialogue with contemporay Art", jusqu'au 26 septembre dans les superbes locaux de la maison de vente Native, à la rue Américaine 26 à Ixelles en face du musée Horta.
Une exposition muséale (rien n'est à vendre) imaginée par la grande spécialiste de Spilliaert, Anne Adriaens-Pannier, avec le photographe Eddy Verloes. Une exposition qui fait regarder autrement la modernité de Spilliaert (né à Ostende en 1881, mort à Bruxelles en 1946).
Elle confronte 30 lavis, aquarelles, crayons et gouaches de Spilliaert, dont un tiers jamais montré, à une trentaine d'œuvres d'artistes contemporains qui ont choisi leur contribution qui devait être sur papier et de la même taille que les Spilliaert (60x40 cm).
Spilliaert, "Le jeu de vagues," Ostende, 1909 ©Photo : D.R.Ce sont des artistes qu'elle a contactés elle-même et qui sont tous "fans" de Spilliaert. Quelques exemples : Luc Tuymans qui avait présenté en 2016 une exposition James Ensor à la Royal Academy de Londres les avait alors convaincus de présenter ensuite Spilliaert qu'il apprécie tout spécialement et dont il se sent très proche.
Avec Spilliaert et Braeckman, voyage au bout de la nuitLe photographe Dirk Braeckman se sent aussi attiré par Spilliaert, lui qui avait bénéficié d'une formidable double exposition avec lui à La Haye en 2022, autour de la nuit.
Michaël Borremans, Stefan Van Fleteren ou Anthony Gormley lui avaient fait part de cette même admiration.
Michaël Borremans, "The Reference", 2007 ©crédit : The Artist et photo : D.R.Parfois elle découvrait elle-même des affinités. Comme celle entre Spilliaert et un artiste cubain exposé à la Galleria Continua à San Geminiano, Yoan Capote, qui représente la mer comme le fit Spilliaert mais en montrant le roulement des vagues avec des morceaux d'enregistrements d'électroencéphalogrammes !
Duo de suicides
Des correspondances tantôt formelles, tantôt de sujets, naissent entre ces œuvres.
Il est difficile d'accrocher des œuvres sur le grand mur de marbre de la galerie. Mais Anne Adriaens-Pannier joue avec les veines de la pierre qui semblent continuer une marine de Thierry De Cordier intitulée "Lumière éclaboussée ou vague écartelée" à côté d'un "Jeu de vagues" de Spilliaert (1909).
À côté L'autoportrait au gilet jaune (1911) de Spilliaert côtoie une aquarelle – autoportrait — de Luc Tuymans, peinte quand il n'avait que 18 ans.
Avec des morceaux d'enregistrements d'électroencéphalogrammes
Spilliaert était un artiste inclassable, ce qui fait tout son génie et explique la passion que lui vouent tant d'amateurs d'art. L'eau, les vagues, les courants, les nuages et la lumière, parfois quasi abstraits, évoquent les fluctuations, les incertitudes de la vie, les tourments d'un caractère indompté. Ces marines deviennent les modulations infinies de sa subjectivité. Il est l'homme des solitudes inquiétantes, des perspectives infinies, des interrogations métaphysiques qui le poussent à l'explorer l'intimité d'espaces abandonnés et vides de toute présence humaine.
L'inclassable et mystérieux SpilliaertL'exposition montre une même courbe dans une route par Koen van den Broek et dans une digue par Spilliaert. On découvre un dramatique duo de femmes pendues, l'une peinte par Berlinde De Bruyckere ("Pendue à un arbre" 1996) et l'autre par Spilliaert ("Suicide", 1902). Berlinde De Bruyckere qui expose aussi une de ses magnifiques "fleurs" ("It almost seemed a Lily", 2025).
Hans Op de Beeck, "Girl staring" , 2014 (détail) ©crédit : The Artist , photo : D.R.Mais beaucoup de peintures et dessins, bien sûr, se rapportent à la mer, à la plage ou aux dunes du côté de Bredene que Spilliaert aimait tant arpenter.Chaque Spilliaert trouve son "pendant" à son côté.
Anne Adriaens-Pannier a inclus dans son parcours quelques œuvres de Spilliaert des années d'après son mariage et la guerre 14-18, quand son style devint bien différent. On dit qu'une fois marié et devenu père, plus heureux, il abandonna la mélancolie de ses œuvres,
C'est l'occasion dans cette expo de découvrir d'autres œuvres plus colorées comme ses paysages de dunes et oyats de 1928, très post-impressionnistes.
Luc Tuymans : Un oficier de marine, 1978 ©crédit : The Artist Photo : D.R.Avec aussi trois dessins de Michaël Borremans, un très beau dessin d'Hans Op De Beeck, une gouache de Gormley, les photos d'Eddy Verloes, Dirk Braeckman et Stefan Van Fleteren, des œuvres de David Claerbout, Bert De Beul, et bien d'autres. Et même, surprise dans une expo sur Spilliaert, un dessin préparatoire de Christo ! Anne Adriaens-Pannier l'associe à un Spilliaert de 1922, "L'escalier vers la plage" ayant les mêmes lignes que le Christo.
→ "Close to Leon Spilliaert, Dialogue with contemporay Art", Native, rue Américaine 26, jusqu'au 26 septembre, du mercredi au samedi, de 11h à 18h. Toutes les œuvres exposées sont visibles sur le site www.native-auctions.com
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