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L’ancienne gouverneure générale du Canada, Mary Simon, a laissé en héritage une importante facture de plus de 700 000 $ pour un voyage qui l’a menée au Groenland le temps de la cérémonie d’ouverture d’un consulat.
« Elle s’est payé la traite avant son départ », a lâché le député bloquiste Xavier Barsalou-Duval après avoir consulté la compilation des factures de différents ministères, obtenue par une question au feuilleton au Parlement.
Entre le 1er et le 7 février 2026, à quatre mois de la fin de son mandat, Mme Simon a voyagé en Norvège et au Danemark, y compris un saut au Groenland. En accumulant tous les frais de transport, d’hébergement, de repas et de sécurité pour elle et son entourage d’une dizaine de personnes, le coût de l’aventure s’élève à au moins 711 294 $.
Cela revient à 100 000 $ pour chacun des sept jours de cette tournée d’adieu, dont le point culminant a été une cérémonie à Nuuk, au Groenland, le 6 février. On peut apercevoir Mme Simon, les deux pieds sur un banc de neige, à côté de la ministre des Affaires étrangères, Anita Anand, sur la photo officielle de l’inauguration d’un tout nouveau consulat canadien sur le territoire autonome arctique.
Mary Simon a régulièrement défrayé la manchette pour ses fastes dépenses de voyage tout au fil de son mandat comme représentante royale. Dès 2022, elle a dû défendre une facture de 1,3 million de dollars pour un voyage de 8 jours au Moyen-Orient. Le plus récent document parlementaire à ce sujet, déposé la semaine dernière, rapporte également un voyage de trois jours au Mexique en janvier 2026, au coût de 154 229 $.
Le passage de la gouverneure générale au Groenland survenait au beau milieu d’importantes tensions internationales, alors que le président des États-Unis, Donald Trump, souhaitait acquérir ce territoire autonome rattaché au Danemark.
Depuis, le président Trump a signé un accord en septembre lui permettant d’implanter des bases militaires au Groenland. Il avait aussi publié, peu avant, une œuvre générée par IA représentant la carte rêvée du continent nord-américain entièrement sous contrôle des États-Unis, tel un clin d’œil à son autre projet, l’annexion du Canada pour en faire un « 51e État ».
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Rien n’indique que la présence de la gouverneure générale du Canada au Groenland n’ait eu quelque effet que ce soit sur le grand échiquier des relations internationales ou n’ait même été remarquée par le président Donald Trump, critique le député Xavier Barsalou-Duval.
« Je ne pense pas que la présence de la gouverneure générale ne fasse peur à qui que ce soit. Personne ne sait qui est la gouverneure générale ! Même au Québec, au Canada, la plupart du monde ne pourraient pas la reconnaître dans la rue. Imaginez les pays étrangers », peste le porte-parole du Bloc québécois en matière de monarchie.
L’élu pouvait mal s’expliquer pourquoi 10 autres personnes ont pris part à l’expédition groenlandaise de Mary Simon aux frais des contribuables. Le secrétaire du gouverneur général, deux directeurs exécutifs de son bureau, un conseiller en communications, son coordinateur des visites, un agent des visites, un aide de camp, son médecin, un technicien médical et un photographe officiel ont tous pu admirer les paysages enneigés de Nuuk.
S’il n’est arrivé aucun malheur à ces grands voyageurs, c’est sans doute grâce à la protection de la Gendarmerie royale du Canada. Ce corps de police a claqué pas moins de 275 697 $ pour lutter contre les menaces inhérentes à une semaine passée en Norvège et au Danemark.
Au nom du roi
Mary Simon a été remplacée par Louise Arbour comme nouvelle gouverneure générale du Canada en juin 2026. Hostile à sa fonction, le Bloc québécois lui demande de renoncer à tout voyage.
Dans le communiqué de presse sur son voyage arctique de février, le bureau de la gouverneure générale précisait que l’objectif de Mme Simon était de visiter différentes figures royales ou politiques, ainsi que d’encourager les liens entre peuples autochtones.
« La gouverneure générale représente le chef de l’État du Canada et exerce, au nom des Canadiens et des Canadiennes, des fonctions constitutionnelles, cérémonielles et diplomatiques essentielles », précise au Devoir la porte-parole Marilyne Guèvremont.
Elle assure que tous ses déplacements sont conformes aux politiques gouvernementales, « dans une gestion rigoureuse des fonds publics ». Les voyages sont une partie intégrante des fonctions de la gouverneure générale, « des fonctions qui contribuent directement à l’unité et à la stabilité du Canada ainsi qu’à son rayonnement sur la scène internationale », précise-t-on.
La gouverneure générale du Canada est la représentante du roi d’Angleterre, dont le titre exact est « Charles Trois, par la grâce de Dieu, Roi du Canada et de ses autres royaumes et territoires, Chef du Commonwealth ». Son travail consiste essentiellement à participer à des événements protocolaires et à officialiser par sa signature les lois adoptées par le Parlement.


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