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Une belle façade ne dit pas tout d'une existence. Nicolas De Clerck le constate au fil des visites, des estimations et des états des lieux. Fondateur de De Clerck Expertises, il publie Derrière chaque porte, un livre dans lequel la valeur des biens laisse place à la vie de ceux qui les habitent. "On peut entrer dans une magnifique maison et y trouver une ambiance complètement morose, des tensions, des disputes, parfois des tentatives de suicide. À l'inverse, on peut arriver dans une maison qui semble très précaire et y découvrir une joie de vivre incroyable. On vous accueille comme un roi", nous raconte-t-il.
De ces contrastes, il a voulu faire un récit sans distribuer les bons et les mauvais points. "Je ne voulais pas tomber dans quelque chose qui consisterait à massacrer les locataires ou les propriétaires, ni dans un registre qui ferait vendre sur la misère des gens." Sa ligne de conduite tient en quelques mots : "Je suis quelqu'un qui observe, pas quelqu'un qui juge. C'est un peu la clé du livre."
Construire à Waterloo et à Lasne : entre terrains devenus rares et grandes parcelles, les projets neufs sont étroitement encadrésLa brique avant les livres
L'écriture n'était pourtant pas son premier horizon. Ses humanités, raconte-t-il, ont ressemblé à "un chemin de croix". L'histoire, la géographie et le français retenaient son attention, beaucoup moins le reste. "J'ai toujours aimé les mots et les lettres, sans être pour autant un grand passionné de lecture. J'ai raté ma cinquième, mais, pour le reste, je m'en suis plus ou moins bien sorti."
La construction, elle, l'attirait déjà, sans tradition familiale dans le bâtiment. "J'ai toujours été quelqu'un de passionné : lorsqu'une chose m'intéressait, j'y allais à 200 %. Lorsqu'elle ne m'intéressait pas, je ne la regardais même pas. J'ai toujours eu envie de m'arrêter devant un chantier pour regarder comment les choses se construisaient."
Intelligence artificielle et défi climatique : comment les universités réinventent la formation des futurs architectes ?Il choisit des études de marketing, avec l'envie de devenir indépendant. "Je ne voulais pas me limiter à un diplôme d'agent immobilier. Je préférais une formation plus générale, au cas où cela ne fonctionnerait pas. Et, surtout, je voulais devenir expert immobilier, pas agent immobilier."
À sa formation s'ajoutent deux années consacrées à l'expertise et un apprentissage auprès de professionnels. Pendant près d'un an, il accompagne un maître de stage, et, en parallèle, il fait du courtage. "C'était bien beau d'accompagner quelqu'un pour apprendre, mais il fallait aussi remplir le frigo", sourit-il.
La couverture du livre. ©D.R.Apprendre à choisir ses clients
Son bureau, spécialisé dans la valorisation de biens résidentiels et les états des lieux locatifs, a aujourd'hui onze ans. Pour le développer, Nicolas De Clerck a longtemps accepté de multiplier les heures. "Je ne refusais pas de travail. Il m'arrivait de recevoir un appel à 23 heures, alors que je rentrais chez moi, parce que l'expert prévu à 20 heures avait fait faux bond. Je repartais pour dépanner les gens."
Au fil du temps, une collaboratrice l'a rejoint et une troisième personne est en formation. Mais la croissance n'est plus recherchée à tout prix. "Nous pourrions grandir beaucoup plus vite, mais ma collaboratrice et moi avons une volonté commune : nous ne voulons pas travailler avec des clients qui cherchent, en tant que bailleurs, à s'enrichir sur le dos des autres. Nous voulons collaborer avec des gens réglo."
De "Legend" aux nuits d'écriture
Le déclic littéraire est venu après son passage sur le média français Legend, fondé par Guillaume Pley. Fin 2024, il adresse un courriel à l'émission pour proposer ses anecdotes. Une "bouteille à la mer", puis une invitation à Paris. "Avec Guillaume, comme avec son équipe, j'avais l'impression qu'on se connaissait depuis dix ans."
Après la diffusion, les messages affluent. "Énormément de personnes m'ont contacté directement en me disant : 'Vous devriez écrire un livre !' Je me suis donc lancé. Au départ, je pensais mettre un an à l'écrire. Finalement, je l'ai fait la nuit, après mes journées de travail, parce que cela me faisait du bien. Je l'ai terminé en deux mois et demi", sourit-il.
Une nouvelle tête chez Redevco Belgique: "L'ambition est grande"Le récit aborde les voisins, les successions, mais aussi l'expertise du bien de ses grands-parents après leur décès. "C'est facile de parler de la vie des autres, mais il est parfois intéressant de faire aussi une introspection et de développer son propre vécu."
Et il a choisi l'autoédition pour garder la maîtrise du texte. "J'ai dix ou onze ans de carrière comme expert, pas quarante. Je voulais que ce livre me ressemble, pas que quelqu'un d'autre romance ou invente des histoires pour atteindre 250 ou 300 pages", avance-t-il.
Un autre ouvrage attendra. Il évoque pourtant l'idée. "Pour l'instant, c'est 'Derrière chaque porte'. Peut-être qu'un jour, ce sera 'Derrière ma porte', qui sait ?"
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