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Elisabeth Lévy est revenue dans sa chronique radio sur le chaos samedi dans plusieurs grandes villes de France et les pillages. Nous vous proposons de l’écouter.
Quelques jours avant Mai 68, Le Monde titrait « La France s’ennuie ». À quelques mois d’une élection cruciale, la France a peur. Et elle a quelques raisons d’avoir peur. Au moment où Emmanuel Macron déclarait que le pouvoir serait « intraitable » avec les fauteurs de violence, des groupes de pillards cagoulés et gantés narguaient déjà les policiers rue de Rivoli.
Après l’émotion, la sidération, l’indignation, il faut essayer de comprendre. La nouveauté de ce qui nous arrive tient à la convergence de trois populations. Par ordre d’entrée en scène, on a d’abord les manifestations des gentils lycéens chauffés à blanc par les Insoumis et des gentils syndicats qui, paraît-il, n’ont que des revendications légitimes. Il peut arriver que certains, emportés par leur enthousiasme incendient quelques poubelles ou un lycée presque neuf. On peut par ailleurs trouver les condamnations des pillages et cassages par les organisations lycéennes ou étudiantes un peu mollassonnes – et toujours assorties de condamnations bien plus bruyantes des violences policières. Mais admettons, comme le répètent, comme pour s’en convaincre, les éditorialistes progressistes, un peu déboussolés par la sauvagerie qui a déferlé sur Boboland. Viennent ensuite les black bloc et assimilés, des groupes mobiles et entraînés qui s’attaquent aux bâtiments publics et aux forces de l’ordre avec une violence de plus en plus déchaînée. La cohabitation de ces deux premiers groupes appartient déjà au folklore de la contestation. Arrivent enfin, pour profiter de la fête, des racailles de banlieue qui déboulent pour se livrer à des rapines et jouer à la guéguerre avec la police, un sport d’autant plus amusant qu’ils ne risquent rien sinon quelques heures de garde à vue qu’ils raconteront comme un haut fait d’arme devant quelque dame-patronnesse insoumise au regard larmoyant. Ça aussi, c’est une classique. La nouveauté, c’est le nombre, l’arrogance, la présence des filles et le tout-filmé. Aussi voit-on des vidéos de jeunes hilares au milieu de leurs propres dévastations. Certes, ce sont des jeunes de leur époque qui veulent tout, tout de suite – la génération J’ai le droit comme dit Barbara Lefebvre. L’éléphant dans la pièce, c’est que ces pillards sont à une écrasante majorité des enfants de l’immigration qui, inconsciemment sans doute, reproduisent les razzias de leurs ancêtres.
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Je vous vois venir : Vous ne pouvez pas dire que tous les immigrés sont des pillards ! D’ailleurs je ne l’ai pas dit. Les fouteurs de merde (pardon) sont cette fraction des descendants d’immigrés qui, quoique souvent nés ici, n’éprouvent aucun sentiment d’appartenance à leur pays. Napoléon demandait aux juifs s’ils considéraient les autres Français comme leurs frères. Les petites brutes qui terrorisent leurs concitoyens en riant ne les considèrent probablement pas comme leurs frères. Ils répètent ce qu’ils entendent toute la journée des profs mélenchonistes, des journalistes mélenchonistes, des sportifs mélenchonistes: qu’on est un pays de racistes, capitalistes et colonialistes (pour les plus éduqués), et surtout, qu’eux sont d’innocentes victimes. Vous n’allez pas leur reprocher de rétablir la balance en piquant quelques trucs…
Toutes les causes de ce désastre mènent à une seule : la faillite de l’État. Emmanuel Macron aurait dû tonner au premier flic caillassé, à la première poubelle brûlée. La première réaction d’Emmanuel Macron est de demander aux policiers d’avoir de l’empathie. Peu importe qu’il y en ait des dizaines au tapis avant même le 17 octobre. Ils doivent prendre des coups sans jamais les rendre. Au soir du désastre, il nous annonce solennellement qu’il y a des « factieux », ce qui, selon Gemini, désigne une personne ou un groupe qui exerce « une opposition violente, séditieuse et armée contre le pouvoir et les institutions ». On se dit que face à une telle menace, il va brandir les foudres de l’État. Ah oui, la République nous dit-il sera intraitable. La Justice sanctionnera – il reste juste à convaincre les juges. Pour le reste, il promet des concertations et des discussions et nous exhorte à avoir des débats apaisés pour une belle présidentielle. Pourquoi n’y avait-on pas pensé avant ?
L’histoire de la République, ce ne sont pas des câlins, des temps de démocratie, des « tu as raison d’avoir tort mon petit ». Il faudrait faire savoir à tous qu’affronter les forces de l’ordre, saccager des immeubles ou piller des commerces peut être dangereux. Personne ne demande que la police défouraille à tort et à travers, d’ailleurs cela n’est nullement nécessaire. Si MM. Macron et Nuñez — puisqu’il reste en fonction — lui ordonnaient de reprendre le contrôle de la rue coûte que coûte, ça calmerait tous les minables qui ne sont forts que face à la faiblesse. Et ça rassurerait tous les Français, y compris immigrés, qui voient leur État-nounou se transformer en État-carpette.
Retrouvez Elisabeth Lévy au micro de Sud Radio du lundi au jeudi dans la matinale.
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Elisabeth Lévy © Pierre Olivier



























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