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Le volet parasportif des Jeux de l’Acadie change la vie de jeunes athlètes

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Olivier Thériault a franchi, en premier, la ligne d'arrivée du 100 mètres ambulatoire para des Jeux de l'Acadie. C'est une belle performance, mais aussi un symbole fort.

Ça veut dire que, même si tu es paralysé, tu peux tout faire, si tu y mets du cœur et ton esprit, lance le jeune de 13 ans, de Memramcook, qui est atteint de paralysie partielle.

Olivier Thériault, manifestement ému, avec son entraîneur.

Olivier Thériault, de Memramcook, était ému après sa course de 100m.

Photo : Radio-Canada / Patrick Lacelle

C'est l'esprit des Jeux de l'Acadie. Depuis 2015, un volet parasportif a été ajouté à la programmation, lors des compétitions d'athlétisme. Plusieurs dizaines d'athlètes parasportifs sont maintenant inclus dans le plus grand événement jeunesse des provinces de l'Atlantique.

Étienne Gallant, de Cap-Pelé, représente la délégation de Kent. Les occasions de faire du sport, participatif ou élite, sont rares pour des athlètes comme lui.

Étienne montre ses médailles.

Étienne Gallant a remporté deux médailles d'or aux lancers du poids et du disque, et une médaille d'argent au 100 mètres. Il a terminé en 2e place derrière son ami Olivier Thériault.

Photo : Radio-Canada / François Le Blanc

Les Jeux donnent aux athlètes para une chance d'être comme les [autres] athlètes et d'avoir des chances égales comme eux, ajoute l'adolescent de 14 ans, qui est atteint d'une maladie musculaire.

Les spectateurs ont d'ailleurs donné le même genre d'encouragement à ce groupe parasportif qu'aux autres participants. C'est ce qui a ému Olivier Thériault. Des larmes de joie coulaient sur ses joues après qu'il a franchi la ligne d'arrivée au 100 mètres samedi.

C'est parce que toutes les personnes m'ont encouragé. Ça me fait vraiment chaud au cœur, dit le coureur. Toute ma famille et mes amis sont ici.

Plus que du sport

Kamie Babineau a remporté trois médailles d'or. L'adolescente de Grande-Digue, âgée de 14 ans, participe aux Jeux pour la deuxième année.

Une adolescente souriante tenant ses médailles.

Kamie Babineau montre fièrement ses médailles remportées en course, au lancer du poids et du disque.

Photo : Radio-Canada / François Le Blanc

Elle témoigne que son expérience aux Jeux de l'Acadie lui a apporté beaucoup de bonheur et l'a rendue courageuse.

J'aime être avec les autres délégations et vivre des expériences, estime l'athlète, qui est atteinte d'une maladie génétique rare. Elle doit suivre des traitements toutes les semaines.

Une adolescente de courte taille, avec un poids sur l'épaule, devant un grande piste de lancer du poids.

Participer à un événement sportif peut paraître comme un énorme défi pour des personnes en situation de handicap. Mais, il faut relever le défi, dit Kamie Babineau.

Photo : Radio-Canada / François Le Blanc

[Aux Jeux], tu peux avoir plus de confiance, ajoute-t-elle. Cet événement d'envergure lui a permis de s'épanouir par le sport.

Toujours plus haut, toujours plus loin

Étienne Gallant a beaucoup changé en quelques années. Avant les Jeux, il s'intéressait peu aux sports.

En un an, il a perdu près de 30 kg. Et comme cadeau de Noël, il a demandé et reçu un disque et un poids pour pratiquer ses lancers.

Étienne, en position pour lancer.

Au fil des entraînements, Étienne Gallant a développé une belle technique pour les lancers.

Photo : Radio-Canada / François Le Blanc

Les trois médailles à son cou représentent le fruit de beaucoup d'efforts.

J'ai comment j'ai grandi et comment j'ai pu gagner. J'ai travaillé dur, j'ai pratiqué et tout ce travail-là m'a rendu jusqu'à ce point-ci, affirme Étienne.

Il y a les médailles, certes, mais Étienne a aussi gagné une bonne source de motivation en plus d'un sentiment d'appartenance.

L'ascension d'une boule d'énergie

Le volet de vie active à Edmundston est consacré à l'escalade. Parmi les curieux, il y a Olivier Bellavance, du secteur de Gauvreau, à Tracadie.

Olivier sourit, accroché au mur.

Toujours plus haut, toujours plus loin : Olivier Bellavance, de la Péninsule acadienne, a essayé l'escalade pour la première fois de sa vie aux Jeux de l'Acadie.

Photo : Radio-Canada / Marie-Ève Lamarche

L'adolescent de 15 ans est un athlète trisomique. Habitué de courir et de lancer les poids en athlétisme, le voilà devant un mur d'escalade.

Ce n'est pas facile [au début], commence-t-il par dire. Il faut que tu grimpes, que tu te tiennes.

Olivier est monté plusieurs fois sur le grand mur avec les harnais, et sur le petit mur, sans aide.

Olivier Bellavance gravit un mur d'escalade.

Olivier Bellavance grimpe sous la surveillance de son accompagnatrice, Jocelyne Savoie.

Photo : Radio-Canada / François Le Blanc

L'escalade, c'est pas facile. Il faut que tu mettes tes deux mains et tes deux pieds. Et je force.

Rendu en haut, il dit qu'il se sentait bien.

Non, je n'avais pas peur. Je n'ai peur de rien, clame-t-il avec un grand sourire.

Une des accompagnatrices, Jocelyne Savoie, souligne que c'est important que ces jeunes puissent avoir leur place aux Jeux de l'Acadie.

Des gens de dos qui regardent une dame donnant des instructions.

Olivier Bellavance, de la Péninsule acadienne, écoute les directives pour entreprendre son cours d'escalade avec d'autres athlètes de la Péninsule.

Photo : Radio-Canada / François

C'est spécial. On lui donne une chance. Il va prendre cette chance-là et il va faire tout ce qui est possible de faire pour réussir, explique-t-elle.

Ce n'est pas parce qu'ils ont un obstacle dans leur vie que, nous autres, on doit leur mettre des obstacles partout.

Son collègue, Zachary Savoie, fait remarquer que le fait d'être dans un environnement inclusif développe autre chose : la socialisation, de part et d'autre.

On s'est assuré qu'Olivier soit capable d'avoir plein d'amis, mentionne l'accompagnateur de la Péninsule.

Je lui ai demandé s'il voulait aller dormir à l'hôtel, avec sa mère. Il a dit: "non je veux être avec la gang". Je veux être avec mes amis. Il était vraiment fier de faire partie du groupe.

D'ailleurs, la délégation lui a organisé une course sur la piste d'athlétisme, avec d'autres athlètes et entraîneurs. Il a gagné haut la main, devant une foule qui scandait son nom.

Des gains à faire

Encore cette année, peu d'athlètes s'inscrivent au volet parasportif. Les participants de cette année ont un message à transmettre.

Les deux jeunes prennent la même pose que les athlètes olympiques. Ils mordent une de leurs médailles.

Étienne Gallant et Kamie Babineau, de Kent, ont remporté chacun trois médailles aux Jeux de l'Acadie à Edmundston. Le sport leur permet de mordre à pleines dents dans la vie.

Photo : Radio-Canada / François Le Blanc

Kamie Babineau souligne qu'il faut passer par-dessus les obstacles.

T'as du nouveau monde à rencontrer. Et t'as beaucoup de fun icitte. Donc, tu ne peux pas avoir peur de venir [aux Jeux], dit-elle.

Étienne Gallant renchérit.

Juste parce que je suis para, ça ne veut pas dire que je ne suis pas comme eux. Oui, on a nos différences, mais on est humain. Tout le monde est humain, conclut Étienne.

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