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L’école primaire Jean-XXIII de Sherbrooke veut donner à tous ses élèves la chance d’apprendre le vélo. L’Université de Sherbrooke lance un projet de recherche pour trois ans afin de mesurer les effets de cet apprentissage sur les habitudes de vie des jeunes.
Le programme permettra aux 285 élèves, de la maternelle 4 ans à la 6e année, de développer leurs habiletés à vélo.
C’est une occasion pour nos élèves de vivre une activité qui devrait être offerte à tous les enfants d’âge primaire, explique la directrice de l’école, Marie-Pierre Tardif.
Le projet prévoit notamment l’ajout de vélos et d’équipements de sécurité, en plus d’activités intégrées au parcours scolaire.

Le projet prévoit l’ajout de vélos et d’équipements de sécurité, en plus d’activités intégrées au parcours scolaire. (Photo d'archives)
Photo : Craig Edwards/CBC
L’égalité des chances
Selon Jérôme Leriche, professeur à la Faculté des sciences de l’activité physique de l’Université de Sherbrooke, jusqu’à un tiers des élèves d’une classe de cette école, située dans un secteur défavorisé, ne savent pas faire du vélo lors des sorties scolaires.
La plupart du temps, c’est nos parents ou un oncle qui nous ont appris à faire du vélo […] mais des fois, les parents n’ont pas les compétences ou le matériel.
Pour M. Leriche, l’apprentissage du vélo ne devrait pas dépendre des ressources des parents. L’école a donc un rôle à jouer pour rendre cette activité accessible à tous.
Si les enfants n’apprennent pas à faire du vélo en bas âge, notamment au primaire, au secondaire, ils ne vont pas l’apprendre non plus, puis ça ne fera pas des cyclistes à l’âge adulte, estime-t-il.
À ce sujet, Mme Tardif constate déjà les effets bénéfiques de cet apprentissage à son école.
On voit la confiance, la réussite, l’actualisation de soi, et bien au-delà de ça, toute la force, l’équilibre et la dextérité qui sont travaillés chez les élèves, observe-t-elle.
Le vélo pour gagner en autonomie
Pour Marc-Olivier Perron, enseignant d’éducation physique, le projet permettra de pérenniser les activités cyclistes déjà offertes à l’école. Le vélo, ça donne des ailes et, en même temps, ça donne de la liberté, souligne-t-il.

Pour Marc-Olivier Perron, enseignant d’éducation physique, le vélo « donne des ailes ». (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Charlotte Dubois
Gabriel Faucher, un élève de l’école, estime que l’initiative permettra à davantage de jeunes de découvrir cette activité. C’est une très bonne idée pour initier les élèves à un sport que très peu d’écoles primaires offrent aux élèves, affirme-t-il.
Lui-même se déplace à vélo pour venir en classe. Il pense que l’apprentissage des règles de sécurité routière pourra rassurer les autres jeunes cyclistes.
Des retombées à long terme
L’initiative mise sur un apprentissage progressif pendant tout le primaire. Elle prévoit la pratique du vélo dans la cour d’école jusqu’aux déplacements en environnement urbain.
Savoir faire du vélo, c’est une chose, mais savoir circuler à vélo, se déplacer dans la ville, ça vient avec d’autres apprentissages.
L’équipe de recherche documentera les effets du programme. Ce qu’on veut voir, c’est justement qu’est-ce qui fonctionne bien et quels sont les défis, ajoute M. Leriche.
Soutenu par trois fondations et réalisé avec la collaboration du Centre national de cyclisme de Bromont, le projet pourrait éventuellement servir de modèle à d’autres écoles au Québec.


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